-
-
-
-
-
-
- Même avant qu'on parle de "mondialisation", c'était déjà arrivé : du temps de la sale guerre coloniale du Vietnam, plusieurs fois, à date fixe, coordonnée, un même jour, partout dans le monde, des manifestants unis dans une même conscience internationalisme, s'étaient déjà coalisés contre l'impérialisme américain. Par millions. C'était au début des années 70. On "appelait un chat un chat", et on dénonçait ajuste titre, "l'impérialisme", la CIA, la superpuissance...
- Ces termes reviennent, et même si la situation internationale est différente, alors que la bureaucratie soviétique n'est plus là pour contribuer au statu quo, l'actuel désordre mondial est entièrement attribuable à la puissance dominante, et cette fois, nul n'accusera "Moscou" et ses mouvements de la paix d'avoir téléguidé de tels mouvements de masse. La responsabilité US est totale : l'abomination des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade center n'est plus, 18 mois après, qu'un prétexte non crédible, non proportionné par l'agressivité unilatérale actuelle de Bush vis-à-vis de l'Irak. Il n'est plus question de justice mais de pétrole.
- L'état d'esprit de ceux qui ont manifesté sur toute la planète, par millions, samedi 15 février, contre Bush, c'est celui de Seattle et de Porto Alegre, c'est celui des forums sociaux de Florence et de St-Denis, c'est celui de l'intelligence progressiste, unitaire, de la force humaniste, solidaire, contre la force impériale brutale, des héritiers des génocidaires d'indiens, des lanceurs de la bombe atomique en 1945 à Hiroshima, des assassins de Salvador Allende.
- Tous les humains éclairés savent que les dirigeants de Washington ont défendu les coups d'état et dictatures de Suharto en Indonésie, de Batista à Cuba, de Marcos aux Philippines, du Shah en Iran, de Trujillo à St Domingue, des colonels en Grèce, de Banzer en Bolivie, de Pinochet au Chili, de Videla en Argentine, de Mobutu au Zaire, les attentats terroristes des "contras" au Nicaragua, bien avant de défendre l'apartheid au Koweit, de bombarder Belgrade, d'imposer un de leurs inféodés, Hamid Barzaï, salarié de l'Unocal (consortium pétrolier américain) comme "président" de l'Afghanistan, et tant d'autres crimes encore, qu'ils ne sauraient donner de leçons à personne. Ils savent que les USA ont armé leur "ami", Saddam Hussein, et l'ont manipulé conte l'Iran, contre le Koweït, ils savent que jamais les USA n'ont aidé les 25 millions de kurdes à disposer de leurs droits nationaux, et que leurs motivations guerrières n'ont rien à voir avec la défense de la démocratie, les droits des peuples, encore moins la recherche de la "paix au Moyen-Orient".
- Un ex-journaliste vedette de TF1, Régis Faucon, affirme : "Si je m'exprimais librement, je dirais que c'est la guerre d'une "maffia intégriste" qui dirige l'Amérique pour le pétrole" (Arrêt sur image, France 5, dimanche 16 février).
- Même Jack Lang en arrive à dire sur les écrans français que "Bush et ben Laden, c'est le même combat", ce qui est légèrement inexact : le milliardaire saoudien, ben Laden est un aventurier illuminé, sexiste, raciste, fou de dieu, créature fabriquée indirectement par les services américains, tandis que Bush est le produit direct du capitalisme financier, des rois du pétrole, et des puissants lobbies militaires US.
- Les peuples du monde sont plus conscients que ce que voudraient Cnn, la Fox, et les Madelin, Blair, Aznar, Berlusconi. Ils savent instinctivement que la sale guerre contre l'Irak est sans foi ni loi, sans autre cause sérieuse que le pétrole, alors ils manifestent : des millions à Rome, Londres, Madrid, des centaines de milliers à Paris, Berlin, Tokio, et surtout à New York, et San Francisco. Dustin Hoffman, mais il n'est pas le seul, de nombreux grands artistes américains et des intellectuels de renom ont osé se dresser, en même temps que des syndicalistes, des jeunes, contre l'intox des Bush, Powell, Rice, Rusmsfeld...
- Partout des initiatives fleurissent, de tous les continents, de toutes les catégories sociales, mais surtout des travailleurs, de ceux qui, victimes de l'OMC, de la mondialisation capitaliste, savent qu'ils seront les victimes de l'éventuelle toute-puissance, de la victoire de Bush : on vérifie la croissance d'une vaste opinion mondiale, progressive, résistante, tenace, à la source d'une autre mondialisation, assoiffée d'un autre ordre public social mondial.
- En exigeant le veto à la guerre, en criant "bas les pattes devant le peuple irakien", en combattant cette guerre-là, la gauche française et dans le monde, encouragée par les 20 millions de manifestants du 15 février, doit comprendre que contre tous les Bush, Berlusconi, Aznar, mais aussi contre Blair-le-laquais, il y a plus qu'une rupture de circonstance à faire, il y a un "autre monde" à construire.
-
-
- Deux jours après que 500 000 manifestants soient descendus dans la rue pour défendre les retraites, Raffarin exposait devant le Conseil Economique et Social les grandes lignes de sa réforme des régimes de retraites.
-
- Les 500 000 manifestants sous la neige avaient rendu Raffarin fort prudent. Mais, les contrevérités énoncées par le Premier ministre, les objectifs qu'il fixait et les moyens qu'il annonçait vouloir mettre en œuvre montraient qu'il n'avait pas renoncé à défendre la réforme des retraites voulue par le Medef.
-
- Un chapelet de contrevérités
-
« La réforme a trop tardé, souvent annoncé, souvent repoussée ». La réforme de Balladur de 1993 fera baisser (selon le Conseil d'Orientation des Retraites) le taux de remplacement des retraites de 78 % du salaire net en 1994 à 66 % en 2010 (5 300 F de retraite au lieu de 6 200 F pour un salaire de 8 000 F). La réforme des régimes complémentaires de 1994 et 1996 diminuera ce même taux de remplacement (toujours selon le COR) de 8 points supplémentaires en 2030 (4 600 F de retraite au lieu de 6 200 F pour un salaire de 8 000 F). Toutes ces régressions sont totalement programmées et leur mise en œuvre est déjà fort avancée. Raffarin n'en a cure, affirme que la réforme des retraites n'a pas commencé et que « C'est l'immobilisme qui tue la répartition et c'est la réforme qui la sauve » alors que c'est bien les "réformes" de 1993, 1994 et 1996 qui sont en train de tuer la répartition. « Le choc de 2006 est programmé ! » II n'y aura aucun « choc » en 2006... Ce sera simplement l'année où arriveront à la retraite les premiers salariés nés lors du « baby-boom » en 1946.
- "Aujourd'hui, il y a un peu plus de deux actifs pour financer la pension d'un retraité. En 2040, il y en aura à peine plus d'un ». Le Premier ministre omet simplement de préciser que quand il parle d'actifs, il parle de personnes en âge d'être actif et qu'il compte donc les chômeurs parmi les « actifs ». En réalité tous les actifs ne sont pas occupés. Et tous les inactifs ne sont pas retraités : il faut ajouter les chômeurs et les jeunes
de moins de 20 ans. Or, si l'on compare l'évolution de la proportion des personnes inoccupées par rapport aux actifs occupés (ayant un emploi), on s'aperçoit que la réalité s'annonce beaucoup moins dramatique que ce qu'affirmé le Premier ministre. Le rapport Charpin, lui-même, reconnaît que cette proportion n'augmentera que de 11,6 % entre 1995 et 2040 : de 129 personnes inoccupées pour 100 actifs occupés à 144 personnes inoccupées pour 100 actifs.
- « Ceux qui sont déjà à la retraite ne sont pas concernés par la réforme ». C'est bien évidemment faux. Dans 5 ou 10 ans, si les salariés actifs voient leurs futures retraites fondre comme neige au soleil, ils refuseront de continuer à cotiser pour ceux qui sont en retraite. Personne ne peut s'estimer aujourd'hui à l'abri : la solidarité entre les générations doit jouer dans les deux sens.
- La cerise sur le gâteau est, enfin, de présenter la réforme qu'il nous prépare en affirmant vouloir « faire de la nouvelle retraite un nouveau bonheur social » !
-
- Les objectifs de Raffarin
- II appelle tout d'abord au « dépassement des égoïsmes ». Mais il ne faut pas s'y tromper, il ne vise pas là les profits dont la part a augmenté de 8 points en 20 ans dans le partage des richesses. Non, il vise les fonctionnaires, ces pelés, ces galeux !
-
Son second objectif « c'est le niveau des retraites ». Mais comment faire si les cotisations sociales (en priorité patronales) n'augmentent pas comme Chirac et lui-même ne cessent de l'affirmer ? Si les cotisations retraites n'augmentent pas et que (théoriquement) le niveau des retraites ne baisse pas, il faudra (selon le COR) différer de 9 ans l'âge de départ en retraite ! Allonger la durée de cotisation, en période de chômage de masse, reviendrait à condamner des centaines de milliers déjeunes supplémentaires au chômage. Et, qui peut croire qu'allonger la durée de cotisation n'aurait pas d'impact sur le niveau des retraites ? Aujourd'hui, les 2/3 des salariés qui arrivent à l'âge de la retraite ne sont plus au travail. Ils sont en préretraites, au chômage, en invalidité ou en maladie. Si la durée de cotisation augmente, ce sont les 3/4 des salariés qui ne seront plus au travail lorsqu'ils arriveront à l'âge de la retraite. Or, lorsqu'on est au chômage, on acquiert des droits réduits pour sa retraite...
- « II faut qu'une plus grande liberté de choix puisse s'exercer ». Mais comment cette liberté pourrait-elle s'exercer quand le patronat multiplie les plans sociaux et cherche à se débarrasser de ses salariés dès qu'ils atteignent 55 ou même 50 ans ?
-
« Plus de liberté, c'est faciliter l'épargne retraite ». Mais plus de liberté pour qui ? Pour les cadres qui ne sont pas obligés de dépenser chaque mois tout ce qu'ils gagnent et qui, seuls, pourront épargner suffisamment pour alimenter des fonds
de pension. Et plus de liberté pour quoi ? Pour jouer sa retraite en Bourse. Elle est belle la « liberté » des salariés d'Enron !
- Raffarin veut également imposer « le principe de justice ». Mais, nous l'avons vu, il ne s'agit pas de faire participer les profits patronaux au financement des retraites mais de s'attaquer aux fonctionnaires. Tout le monde l'a compris, il s'agit d'aligner les fonctionnaires sur le recul scandaleux subit par les salariés du privé. Et, quand les fonctionnaires seront à 40 ans, que le verrou des 37,5 annuités aura sauté, les salariés du privé passeront à 42,5 annuités. Il y aura alors un Raffarin, un Balladur ou un Seillères pour s'indigner de l'iniquité créée entre le public et le privé... et la dégringolade continuera.
- Le Premier ministre reconnaît qu'il y a en France des petites retraites, des travaux pénibles, des salariés qui ont commencé à travailler très jeune. Mais il douche aussitôt l'enthousiasme de tous ceux qui verraient là une ouverture pour un départ à la retraite à taux plein avant 60 ans : « toute amélioration des retraites alourdira le besoin de finance-
ment à venir... il ne serait pas réaliste d'ouvrir largement les possibilités de départ avant 60 ans » C'est donc un pâté d'alouette que nous prépare Raffarin : quelques avancées pour un salarié sur
10 000 et un profond recul pour les 9 999 autres.
-
« La France joue aussi, sur ce dossier, sa crédibilité réformatrice ». Raffarin a le mérite d'annoncer la couleur. S'il arrive à faire passer sa réforme des retraites, il enchaînera, dans la foulée, les autres réformes libérales, à commencer par celles de la Sécurité sociale et des services publics.
-
- Les moyens que Raffarin veut mettre en œuvre
- Il ne s'agit même plus de « négocier » avec les syndicats. La mésaventure de Fillon à Edf-Gdf a rendu Raffarin prudent. Il s'agit uniquement de « concertation ». Et si la concertation n'aboutit pas à un consensus, c'est le Parlement qui tranchera.
- Il s'agit également de diviser les salariés en opposant les fonctionnaires aux salariés du privé puis, lorsqu'ils seront isolés, les salariés de la SNCF ou des
entreprises publiques à l'ensemble des autres salariés.
-
« Une réforme ajustable... par exemple tous les 5 ans ». Raffarin a compris la leçon de Balladur : seule la progressivité peut lui permettre d'imposer sa retraite. En 1994, l'allongement d'un trimestre de cotisation par an n'a pas mobilisé le mouvement social mais en 2010, ces mesures auront fait perdre 12 points au taux de remplacement du salaire net par les retraites nettes. Il suffit donc, après avoir fait passer les fonctionnaires à 40 ans de cotisations, de reprendre la réforme là où elle s'était arrêtée pour les salariés du privé en augmentant la durée de cotisation d'un trimestre par an pour les salariés nés en 1944, de deux trimestres pour ceux nés en 1945 et ainsi de suite ...
- Seule la mobilisation unitaire pourra faire reculer Raffarin. Les 500 000 manifestants du 1er février l'ont rendu prudent. Lorsque nous serons 2 000 000 dans la rue, il reculera comme Juppé, pourtant "si droit dans ses bottes", avait été obligé de le faire en 1995.
- JEAN-JACQUES CHAVIGNÉ
-
-
-
-
-
Sur France 2, le lundi 3 février, le Premier ministre a failli, tellement son mental pense le contraire de ce qu’il se contraint de dire, se recouper un nombre considérable de fois. Il l'a fait dans un magnifique lapsus où il affirmait que « notre régime était la capitalisation » et qu’il défendrait la « capitalisation de toutes ses forces », il a failli une fois, dire que les fonctionnaires devaient être portés à 40 annuités de cotisations, mais il s'est mordu les lèvres juste à temps.
-
- Cependant, il n'a pas manqué de dire sèchement que le retour à l'égalité, ça ne pouvait être en aucun cas le retour aux 37,5 annuités pour le privé et le public
- « infinançable !» a t il osé affirmé catégoriquement, sans discussion. Il prétend qu'il n'a « pas de projet tout fait, tout bouclé », mais là-dessus le voilà, qui se trahit :
- « Pas ça ». Or le COR a estimé que cela ne coûtait que 0,3 % du Pib (pour comparaison, la France vient de concéder 0,1 % du Pib pour l'élargissement de l'Europe). C'est donc finançable ! Et discutable ! Et forcément sur la table de toute concertation : c'était le mot d'ordre n° 1 des 500 000 manifestants que Raffarin prétend avoir entendu samedi 1 " février sous la neige. Or Raffarin en refusant sèchement le retour aux 37,5 annuités, prône l'équité des différents régimes. Donc, c'est lisible, il va faire régresser le régime le plus avantageux, avant de faire reculer ensuite les autres. Mais s'il ne veut pas le dire, c'est pour éviter le « tollé », il craint les réactions massives. Il veut nous cuire à petit feu sans qu'on s'en aperçoive, ses noirs projets sont cousus de fil blanc.
- J.P. Raffarin se refuse à parler de « négociation » avec les syndicats mais prétend animer un vaste débat national. Il parle de réforme « pas comptable mais humaine » mais refuse de parler du taux de remplacement et de la baisse de celui-ci programmé par les mesures Balladur de l'été 93. Alors que les 160 trimestres s'appliquent depuis un mois (le 1er janvier 2003) et que les 25 meilleures années vont s'appliquer progressivement d'ici à 2008, alors que les retraites perdent peu à peu 30 % de leur
pouvoir d'achat et n'ont aucun espoir d'augmentation puisqu'elles sont alignées sur les prix et non sur les salaires...
-
J.P. Raffarin semble surtout parler de retraite à la carte, tout en feignant de défendre la retraite à 60 ans ! Mais les deux s'opposent : la retraite à la carte est d'une cruauté inouïe, antisociale, comme on l'a vu en Suède, où vous avez plus ou moins de pension selon que vous faites une, deux, trois, quatre années de plus. On vous appâte par le gain, individuellement, au lieu de vous donner un droit pour tous. Et si vous cédez à cet appât du gain, vous vous usez davantage et les « tables de mortalité » sont là pour vous dire que vous mourrez plus tôt. Si la vie s'allonge, c'est aussi parce que la retraite est un DROIT à 60 ans pas une éventualité.
- J.P. Raffarin ne répond pas à ce qui a été dit samedi, ni dans la journée, ni depuis des mois, ni par le COR, ni par la majorité écrasante des syndicats, (Unsa, Cgc, Cftc, Cgt, Fo, Groupe des 10, Fsu sont tous pour le retour aux 37,5 annuités ainsi qu'une forte opposition dans la Cfdt) ni par les Verts, le Pcf, ni par une partie importante et croissante du PS, qui sont tous pour le retour aux 37,5 annuités !
- J. P. Raffarin ne dit rien sur les modalités possibles de financement et l'augmentation nécessaire des cotisations patronales pendant la période 2006-2036. Et dans ce pays, la moyenne réelle de travail est de 37 ans, pas de 40 ans... Que Raffarin ne fasse pas mine non plus de s'indigner des patrons qui licencient de façon abusive : c'est lui qui vient de suspendre la loi de modernisation sociale sur le contrôle des licenciements et des fonds publics donnés au entreprises. Ce double langage là aussi ne tiendra pas.
- Quand on sait que M. Raffarin se fait acclamer par le Medef, qu'il vient de « Démocratie libérale », que ce n'est pas un « homme du Poitou » mais un anglo-saxon idéologique avant tout, qu'il a comme projet aussi bien les fonds de pension que l'allongement des durées de cotisations et de moindres retraites pour tous, le numéro de « masque » qu'il nous fait ne tiendra pas longtemps !
- Sans doute le souvenir de novembre-décembre 95 et les manifestations de samedi 1er février lui font peur et qu'il se sent obligé déjouer cette comédie : mais ce n'est pas avec de la poudre aux yeux, ni de la démagogie qu'il évitera que le printemps des retraites ne se fasse chaudement sentir !
-
-
-
-
- Nul ne veut se contenter de "témoigner" au futur congrès de Dijon. Il s'agit bel et bien de faire bouger réellement les rapports de force au sein du Parti socialiste, et donc, de modifier la direction. Le grand enjeu est de renouveler l'équipe dirigeante, de la rendre attractive auprès de ce large public populaire qui a fait défaut le 21 avril 2002.
-
-
Il s'agit pour cela de déplacer le centre de gravité à gauche, de faire reprendre un vrai programme de transformation sociale, à commencer par la défense des retraites, de la sécurité sociale, de la démocratie sociale et politique, d'une Europe fédérale, d'une altermondialisation.
-
-
Les idées de la Gauche socialiste sont restées fortes
-
C'est le sort de la gauche qui se joue dans le congrès de Dijon, pas celui des individus. Tout l'effort historique de la Gauche socialiste fut, pendant une décennie, d'éduquer, de politiser, de diffuser des idées et propositions concrètes de programme pour influer sur la direction du principal parti de la gauche. Il n'y a pas eu que des difficultés dans cette voie, il y a eu des succès : des conventions de 1996 à la convention entreprise de 1998, de Brest à Grenoble, d'un congrès à l'autre, des 35 h sans perte de salaire, à la Charte sociale européenne (et au salaire minimum unique européen) des idées sont "passées" partiellement, certes, mais elles comptent dans les choix faits et à faire, la direction ne pouvant ignorer leur audience. La Gauche socialiste ne s'est pas seulement construite comme un courant socialiste, elle était aussi un "courant de la société", implanté dans la jeunesse, avec des réseaux syndicaux solides, et des cadres trempés dans l'action de masse depuis des décennies, avec des élus compétents, au parlement, dans les régions, dans les municipalités.
- Rappelons-nous que le 30 août dernier, dans une assemblée générale de 850 militants représentatifs, à Nantes, c'était l'aspiration à agir ensemble dans l'unité qui s'était imposée vigoureusement, à l'unanimité. Cette tradition, cette longue lignée, cette culture politique, ne sont pas disparues comme cela, d'un seul
coup, évaporées, à cause de la regrettable scission survenue les 5 et 15 septembre 2002.
- Certes, cette division a poussé les uns les autres, c'est vrai, selon les circonstances locales, derrière une contribution ou une autre, mais sans que ce soit détruits les repères, sans que soit abandonnée l'espérance de l'unité.
- Quand on voyage dans le parti, de Gap à Aubagne, de Champagnole à Ornans, de Concarneau à Rennes, de Bourges à Clermont-Ferrand, on le mesure avec force. De très nombreux militants ont conservé non seulement les acquis, mais la volonté de continuer à agir de façon convergente, là où l'évolution, les ruptures les ont placé. On les retrouve dans les sections et fédérations, animant le débat, cherchant à convaincre, tantôt sur la question des retraites, tantôt sur l'unité des courants d'opposition. Beaucoup sont insatisfaits de la situation créée, subissent les desiderata de ceux qui la leur ont imposée, mais cherchent, sans repli sur eux-mêmes, ni rancoeur, à frayer à nouveau un chemin - éclairé.
-
- Conquérir des postes oui,
mais au service
de la cause commune
- La ligne politique de fond adoptée à Nantes n'est pas dépassée : elle visait à défendre un programme solide, elle voulait rassembler un pôle de gauche, et l'ouvrir à ceux qui manifestaient leur volonté de faire bouger les lignes, dont notamment, Arnaud Montebourg. Il ne s'agissait pas de "faire feu sur le quartier général" mais de faire basculer le quartier général dans le bon sens, de séparer les sociaux-libéraux des socialistes. Nous ne voulions pas défendre un pré carré, ni nous enfermer dans une voie longue, tortueuse et isolée. Au contraire, nous savions, nous disions, nous vo-
tions explicitement que cela ne pouvait se faire que grâce à deux méthodes : celle de la bataille d'idées et celle du rapport de force, celle de l'ouverture et du rassemblement. On peut clarifier en convaincant, on peut convaincre en clarifiant : nous ne voulions pas cultiver une minorité, même forte, mais investir cette force dans un pôle à vocation majoritaire. Combien de fois l'avons-nous dit ? Cette politique de construction et d'ouverture simultanée, la Gauche socialiste pouvait la conduire, la mettre en oeuvre toute ensemble : les talents qui la dirigeaient, divers et complémentaires, permettaient d'attirer et d'ouvrir, de conforter et de rénover, de rassurer et d'innover... Bien sûr que nous voulions conquérir, participer à la direction, et non pas rompre ni démissionner d'un quelconque poste. Par contre, si nous voulions occuper ou conquérir des postes, c'était pour modifier des équilibres de direction, ce qui n'avait et n'a de sens qu'au service d'une cause, d'un programme politique permettant d'écarter les tenants du social-libéralisme.
-
- On ne peut avancer que collectivement
- On le constate : aussi bien dans Nouveau Monde que dans Nouveau parti socialiste, la revendication clef du retour aux 37, 5 annuités de cotisations pour défendre nos retraites public et privé, n'a été, hélas, que partiellement entendue. Les deux contributions défendent les 37,5 annuités dans le public mais sans la défendre dans le privé, ce qui est une faiblesse. Seules deux contributions thématiques, l'une limitée aux seuls membres de Nouveau Monde, l'autre recueillant des signatures très larges, et seule la contribution générale, individuelle, de Marie-Noëlle Lienemann défendent cet objectif que la Gauche socialiste faisait pourtant voter en janvier 2002 à une très large majorité dans plus de quarante fédérations du Parti. Divisés, on le voit, on est moins fort que rassemblés.
-
Mais il n'empêche, à la lecture des deux contributions de "NM" et de "NPS", il n'y a qu'une feuille de papier à cigarette qui les sépare : l'une comme l'autre défendent des positions très voisines, et dans l'immense majorité des cas, des positions qui étaient celles de la Gauche socialiste. Certains ont même dit qu'on retrouvait les idées de la gauche socialiste à plus de 80 % dans chacune des deux contributions. En fait, il y a eu élargissement, il y a eu des forces nouvelles qui ont réfléchi et qui ont repris des thèmes qu'ils n'auraient jamais mis en avant autrement. Les Ag de Nps ressemblent à des Ag de tout le parti et pas seulement à un regroupement des convaincus d'avance.
- Il y a eu 1000 personnes, le jeudi 16 janvier dans un grand gymnase parisien, à la présentation de la contribution de Nouveau Monde, il y a eu 2 000 personnes, à la Mutualité, le samedi 1er février à la présentation de la contribution de Nouveau parti socialiste. Pour réussir de telles mobilisations publiques, ouvertes, il faut que les deux courants aient le vent en poupe. Il est prouvé qu'à la fois la création du rapport de force et l'ouverture vont de pair. La dynamique Nps, plus récente que celle de Nouveau monde n'a pas atteint son apogée : des secteurs entiers du parti basculent, département par département. Il est possible que le total des voix potentielles des deux courants dépasse les 40 % et frôle la majorité. Donc que la majorité soit obligée de bouger.
-
Alors la responsabilité des animateurs de ces courants est historique, majeure : ils doivent mener le débat d'idées jusqu'au bout, convaincre qu'ils veulent faire de la politique autrement, et, de cette façon collectivement peser sur la future direction du parti. Si cette aspiration à l'unité, responsable, l'emporte, - et que le contenu des motions colle aux aspirations populaires, aux attentes de toute la gauche - le congrès de Dijon ne sera pas un congrès pour rien, nous n'aurons pas "témoigné" mais agi efficacement.
-
- SITES INTERNET
-
www.nouveau-monde.info
- www.nouveau-ps.net
|
-
- Appel" Unifier les initiatives pour ancrer le PS à gauche
-
- "
Un "appel pour ancrer le parti socialiste à gauche " fait son chemin depuis septembre dernier. D&S l'avait publié intégralement en octobre dans le n °98, et, depuis, par courrier électronique, il se diffuse, les signatures s'ajoutent les unes aux autres : au 15 février 2003, 416 militants de 48 départements différents l'ont signé. C'est un texte d'une très grande densité politique, car il appelle non seulement à l'unité, entre les courants "de gauche" du parti, mais il défend un contenu très fort, en dix points, comme base à cette unité. Nous avions publié les 330 premières signatures, voici les...
- 86 nouvelles signatures non parues dans D&S 100
08 :
- ...
-
- Continuons à faire signer cet appel, car d'ici au Conseil national de synthèse du 15 mars (date ultime de dépôt des motions) d'ici au vote des militants (du 28 avril au 5 mai) il peut y avoir des rebondissements, des clivages, des rassemblements, qui donnent l'occasion de faire entendre cette aspiration que nous savons puissante à la base du parti, entre supporters de Nouveau parti socialiste ou de Nouveau Monde. Même l'issue du congrès du 15 mai, et l'après-congrès ne seront pas les mêmes selon que cette volonté unitaire se fera sentir ou non.
- Lecteurs de D&S, votre journal poursuit le plus vigoureusement qu'il peut, ce combat pour un pôle de gauche, ouvert et à vocation majoritaire, le comité de rédaction de votre mensuel comporte des animateurs de Nps comme de Nm. Il y a, il y aura des initiatives à prendre, en opportunité, dans les semaines et mois qui viennent. Nous saurons saisir les occasions. Nous pourrons le faire si vous êtes plus nombreux encore à diffuser ces idées-là, à signer, à faire signer, à voir plus loin, plus fort, pour reconstruire la gauche, pour effacer véritablement la cruelle défaite du 21 avril.
- Envoyez vos signatures à D&S, 85 rue Rambuteau Paris 75 001 ou par mel à : pierre.ruscassie@wanadoo.fr
|
-
-
-
-
- La question des retraites est devenue l'une des questions centrales de notre société. Elle est au cœur de notre modèle social et des préoccupations de dizaines de millions de salariés.
-
- Après avoir obtenu un nouveau partage de la valeur ajoutée en faveur des profits et aux dépens des salaires (la part des salaires est passée de 69 % à 61 %), l'objectif du Medef est de poursuivre dans cette voie en faisant main basse sur une partie des salaires indirects, des cotisations sociales.
- Contrairement à ce que prétendent le Medef et la droite, il n'y a pas de vrai problème de financement des retraites. Il y a seulement la question habituelle, constitutive du système de répartition : devant l'évolution démographique, faisons-nous bouger le niveau des pensions reversées ou faisons-nous bouger le taux de cotisation versée ?
-
Nous répondons sans hésitation : « conformément au principe de solidarité intergénérationnelle. Nous augmentons le taux de cotisation pour maintenir exactement le niveau des pensions ».
- Quant au Medef, son objectif n'est pas d'assurer le financement des caisses de retraites. Son but est de faire baisser le taux de remplacement, égal à 78 % du salaire, au milieu des années 1990, pour l'amener à moins de 60 % et obliger les salariés à épargner auprès d'un fonds de pension pour tenter de maintenir leur pouvoir d'achat de futurs retraités.
- Pour atteindre ce but, la droite utilise tous les moyens qui concourent à réduire le financement des caisses de retraites et à diminuer les droits acquis :
- - Bloquer le taux de cotisation des retraites par répartition afin que les ressources des caisses ne puissent pas suivre l'évolution démographique,
- - Empêcher les cotisants d'atteindre le nombre d'annuités qui donne droit au taux plein, en décidant en 1993 de porter ce nombre à 40 annuités pour le privé et maintenant à 42 ou 43 annuités, ce qui nécessite que le secteur public passe d'abord à 40 annuités,
-
- Diminuer les droits des cotisants en basant le calcul sur les 25 meilleures années (et non les 10 meilleures) et en indexant les retraites sur les prix (et non sur les salaires), comme l'a fait Edouard Balladur en 1993.
- Par ailleurs, le matraquage de l'opinion sert à créer un réflexe de peur. L'annonce d'un « choc » démographique surévalue l'impact du doublement du nombre de retraités en 40 ans, en passant sous silence le fait essentiel que, dans le même temps, la richesse de notre pays doublera elle aussi. L'objectif est de détruire la confiance dans la capacité des retraites par répartition à
maintenir le montant des pensions. Le programme de la gauche doit faire le choix de la solidarité intergénérationnelle, de l'augmentation adéquate du taux de cotisation retraite (en priorité des cotisations patronales) et de l'abrogation des mesures de dégradation des retraites prises par la droite en revenant, dans le secteur privé, aux 37,5 annuités, aux calcul sur les 10 meilleures années, à l'indexation sur les salaires. En faisant, également, le choix de la réduction de la durée effective de la semaine de travail pour créer les emplois qui fondent les droits de la protection sociale.
-
- Allonger la durée de cotisation ?
- MM. Balladur et le Medef viennent d'annoncer la couleur : 40 ans pour les fonctionnaires de façon à « réduire l'écart avec le privé » qui serait porté aussitôt à 42 ou 43, puis à 45 annuités.
- Cet allongement toucherait, bien évidemment, tous les salariés qui, à 60 ans, n'auraient pas cotisé le nombre de trimestres suffisant pour bénéficier d'une retraite à taux plein et qui, dans leur grande majorité, subiraient une diminution du montant de leur retraite. La « liberté de travailler plus longtemps » dont se gargarise la droite n'a, en effet, strictement aucun sens lorsque, comme aujourd'hui, les 2/3 des salariés qui arrivent à l'âge de la retraite ne sont déjà plus au travail. Ils sont au chômage (conséquence des plans sociaux et de la politique patronale de se débarrasser au plus vite des salariés de plus de 55 ans), en invalidité, en longue maladie ou en préretraite. Si le nombre de trimestres nécessaires à une retraite à taux plein augmentait, ce serait les 3/4 des salariés arrivant à l'âge de la retraite qui ne seraient plus au travail.
- Parmi ces salariés âgés, les femmes seraient les premières touchées. Déjà, avec 40 annuités de cotisation, 23 % des femmes selon le COR (le Conseil d'orientation des retraites mis en place par Lionel Jospin) n'ont pas, aujourd'hui, à 65 ans, le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein. Tout allongement de la durée de cotisation les frapperait donc de plein fouet. Pourtant, la plupart du temps, il s'agit de femmes qui ont élevé seules un ou plusieurs enfants, subi des périodes de chômage et de temps partiel imposé. Seul, le retour aux 37,5 annuités pourrait améliorer leur situation.
-
Cet allongement toucherait, tout aussi brutalement, tous les salariés qui auraient subi des périodes de chômage, de travail précaire n'ayant pas permis de percevoir d'allocations chômage et donc de cotiser pour leur retraite ou qui, en raison de la durée de leurs études ou de l'état du marché du travail, n'auraient pu accéder à l'emploi avant 24 ou 25 ans. Et nous savons que pour les générations nées après 1980, ce cas de
figure sera de plus en plus fréquent. Cet allongement toucherait bien évidemment aussi les jeunes qui, dans la mesure où tous les salariés âgés ne seraient pas éjectés des entreprises, ne pourraient les remplacer et resteraient sans emploi.
-
- Oui, il faut l'équité entre les salariés du privé et ceux du public
- Pour la droite, la différence de situation entre les salariés du privé et ceux du public est scandaleuse. Sans doute a-t-elle oublié que c'était elle qui était à la racine de cette iniquité lorsqu'elle avait décrété en plein été 1993. La contre-réforme Balladur du régime de base du secteur privé ? Avant la loi de 1993, il fallait, en effet, 37,5 annuités dans le privé comme dans le public pour bénéficier d'une retraite à taux plein, la retraite des salariés du privé était calculée sur les 10 meilleures années (ce qui dans le privé est plus sûr que sur les 6 derniers mois car les fins de carrière sont parfois difficiles...) ; l'indexation des retraites du privé sur les prix et non plus sur les salaires n'était qu'une pratique et n'avait pas encore force de loi. Selon le COR. Lorsqu’elle aura pleinement donné ses effets, cette réforme se traduira par une baisse de 12 points du taux de remplacement des salaires par les retraites. En 1994. La retraite nette moyenne était égale à 78 % du salaire, elle ne représentera plus, en 2010, que 66 % du salaire net. Cela signifie que pour un salaire net de 8 000 F, la retraite nette qui était égale à 6 240 F ne sera plus que de 5 280 F (en Francs constants 1994) !
- Encore faut-il ajouter aux effets de cette « réforme » ceux de la « réforme » des régimes complémentaires de retraites (Arrco et Agirc) entre 1994 et 1996. Une « réforme » qui va dans le même sens que celle du régime général et qui devrait se traduire par une baisse de 6 à 8 points supplémentaires du taux de remplacement de nos retraites en 2030, toujours selon le COR. Quant au secteur public, il est étonnant que la droite qui ne veut pas remplacer les fonctionnaires qui partent à la retraite puisse trouver dans l'allongement du temps de travail des fonctionnaires une quelconque source d'économie. C'est l'inverse qui, dans ce cas-là, serait vrai. En effet, allonger de 2,5 annuités le temps de travail des fonctionnaires ne pourrait, alors, que signifier une dépense accrue pour le budget de l'Etat. En effet, qu'un fonctionnaire soit en activité ou à la retraite, son salaire ou sa pension est toujours financé par le budget de l'Etat. Or, un fonctionnaire à la retraite revient moins cher au budget de l'Etat qu'un fonctionnaire actif...
- Le coût du retour aux 37,5 annuités dans le privé serait négligeable : le COR l'a chiffré à 0,3 % du PIB annuel en 2040 !
-
La raison de l'obstination de la droite et du Medef à vouloir imposer l'allongement de la durée de cotisation des salariés du secteur public se situe donc ailleurs. Il s'agit pour eux de faire sauter le verrou qui bloque aujourd'hui la possibilité d'augmenter la durée de cotisation dans le privé. Ce n'est, en effet, que lorsque les salariés du public seront à 40 annuités qu'il sera possible à la droite de faire passer ceux du privé à 42 ou 45 annuités (tout dépendra du rapport de force, le patronat européen, l'Unice, milite pour la retraite à 65 ans...). Et demain, Balladur (ou un autre...) trouvera scandaleux que les salariés du public aient à cotiser 40 ans alors que 42 ou 45 ans seront nécessaires à ceux du privé...
- L'équité entre les salariés du public et ceux du privé est nécessaire. Mais cette équité doit se réaliser par le haut : le retour, dans le secteur privé, aux 37,5 annuités, au calcul de la retraite sur les 10 meilleures années et à l'indexation sur les salaires des retraites et des salaires pris en compte pour le calcul de la retraite.
- En 1993, notre Parti avait condamné le coup de force de Balladur. En 1995, il avait appuyé les salariés du secteur public - d'ailleurs largement soutenus par le privé - qui se mobilisaient en masse pour défendre les 37,5 annuités et leurs régimes de retraite. Le plan Juppé avait été déclaré « inacceptable » par Lionel Jospin. Nous n'avons, aujourd'hui, aucune raison de changer de position alors que la droite et le Medef préparent la plus redoutable des attaques contre notre régime de retraite par répartition.
-
-
Lever le tabou des
« prélèvements obligatoires »
- Pour la droite et le Medef, l'augmentation généralisée des cotisations sociales pour financer les retraites doit être écartée. Pourquoi ? Parce qu'elles alourdiraient les « prélèvements obligatoires ».
- Cet argument d'autorité n'est pourtant d'aucun poids. Cette notion de « prélèvements obligatoires » a été inventée de toutes pièces par les libéraux. Elle leur permet de ne pas dire crûment qu'il faut baisser les impôts des riches et les salaires indirects (les cotisations sociales). Mais les prélèvements sous forme de cotisations sociales, de salaires indirects, sont des prélèvements pour lesquels les salariés se sont battus pendant des décennies avant d'obtenir, à la Libération, qu'ils deviennent obligatoires. Afin, d'obtenir, aussi, qu'ils ne soient pas mélangés à l'impôt. Car l'impôt n'est pas « pré affecté » à une dépense précise tandis que les cotisations sociales le sont : cette séparation interdit de se servir des cotisations sociales pour autre chose que la protection sociale. Mais, si l'on veut garder le même niveau de retraite (ce que prétendent Chirac comme Raffarin) il faudra bien financer ce maintien par une hausse des « prélèvements » qu'ils soient publics ou privés. Le Medef et tous ceux qui, à droite, préconisent des fonds de pension d'entreprise le reconnaissent d'ailleurs implicitement. En effet, ces fonds de pension d'entreprise ne se financeront pas tout seuls. Pourquoi les sommes destinées à alimenter ces fonds de pension n'alimenteraient-elles pas plutôt les retraites par répartition ? La droite comme le Medef se gardent bien de répondre à cette question et même de la poser.
- Aux Etats-Unis le poids des dépenses de santé représente 14 % du PIB contre 9 %, environ, en France. La différence est qu'aux USA, la plus grande partie des dépenses de santé est privée. Les libéraux sont donc satisfaits : le montant des « prélèvements obligatoires » publics est plus bas qu'en France. Même si le montant total des « prélèvements » publics et privés destinés à financer la santé est plus élevé. Le résultat est édifiant : des inégalités criantes devant la maladie et une situation sanitaire déplorable de la population du pays le plus riche du monde : au 22e rang dans le classement de l'Oms ! C'est la même calamité qui guette nos retraites si nous ne parvenons pas à lever le tabou des « prélèvements obligatoires ».
-
Il faut d'ailleurs tirer toutes les conséquences de ce tabou des « prélèvements obligatoires » pour les salariés âgés. Si les prélèvements obligatoires liés à la retraite par répartition cessent d'augmenter : quelle sera la situation des salariés de plus de 60 ans licenciés et qui n'auront pas les 42 ou 45 années de cotisation exigées par la droite ? Pourront-ils continuer à percevoir les mêmes allocations de l'assurance-chômage jusqu'à ce qu'ils puissent bénéficier d'une retraite à taux plein ? Rien n'est moins sûr car cela ferait augmenter d'autres « prélèvements obligatoires », ceux de l'Unedic. Ils ne resteraient plus, alors, que deux solutions à ces salariés âgés : accepter l'un des « emplois vieux » sous qualifié et sous-paye dont la droite prépare activement la mise en place ou prendre sa retraite avec des droits réduits.
-
-
Il faudra de toute façon entre 18,5 et 20 pour_cent du PIB pour financer les retraites en 2040
-
II faudra, dans tous les cas, augmenter de 6 à 8 points la part du PIB destinée à financer nos retraites en 2040.
-
Une telle augmentation n'est pas disproportionnée puisque entre 2000 et 2040, le nombre de retraités doublera dans notre pays. Il est tout à fait étonnant, d'ailleurs, que la droite qui insiste beaucoup sur ce doublement du nombre de retraités n'en tire pas toutes les conséquences quant à l'augmentation de la part du PIB destinée à financer les retraites.
- Cette augmentation est tout à fait possible. Une augmentation de 8 points de la part du PIB destinée à financer les retraites a déjà eu lieu de 1960 à 2000 (de 4,5 % à 12,5 % aujourd'hui).
Pourquoi ce qui a été fait au cours des 40 années précédentes ne serait-il plus possible, au cours des 40 prochaines années ?
- D'autant que les besoins de financement des retraites par répartition connaîtront un pic en 2036-2040 lorsque toute la génération du baby-boom (née entre 1946 et 1976) sera arrivée à l'âge de la retraite. Le nombre de nouveaux retraités diminuera alors brusquement, malgré l'allongement de l'espérance de vie après 60 ans.
D'autant qu'en 40 ans, avec un taux moyen de croissance annuel de 1,75 % (taux retenu aussi bien par le rapport Charpin que par le COR et qui n'est pas vraiment optimiste) la richesse de notre pays aura doublé entre temps et que son PIB sera passé de 9 500 milliards de Francs (1450 milliards d'euros) à 19 000 milliards de Francs (constants 2001) (2 900 milliards d'euros).
- Il serait donc tout à fait possible à la fois, d'augmenter les salaires directs et indirects (les cotisations sociales et notamment les cotisations retraites), de réduire le temps de travail et de faire progresser l'investissement productif. À une condition : que les profits des actionnaires d'entreprises n'accaparent pas la plus grande partie de cette augmentation de richesse ! Or, tel est bien le but du Medef (et donc de la droite) : il veut geler la part de notre PIB destiné à financer les retraites par répartition aux environs de 12 à 13 %. Il ferait ainsi d'une pierre deux coups. Les cotisations retraites patronales n'augmenteraient pas et laisseraient les profits des entreprises accaparer une grande partie des nouvelles richesses. Le recul des retraites par répartition ferait une place de plus en plus large aux fonds de pension, permettant ainsi aux banques et aux compagnies d'assurance de mettre en valeur d'énormes capitaux.
- De toute façon, donc, en 2040, la part du PIB destiné à financer les retraites sera de l'ordre de 18,5 à 20 %. Tout le problème est de savoir si ces sommes seront destinées en totalité aux retraites par répartition ou si ces 6 à 8 points supplémentaires de PIB iront financer les fonds de pension avec leur cortège de risques et d'inégalités.
-
- Partager autrement les richesses produites chaque année
- Entre 1980 et 1997, la part des profits dans le partage de la valeur ajoutée des entreprises (la richesse créée par les entreprises) a augmenté d'environ 8 points, aux dépens des salaires, directs et indirects.
L'économie globale s'en est-elle pour autant mieux portée ? Non, au contraire. Qui, aujourd'hui, oserait affirmer, comme au début des années 1980 que « les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain » ? Rares sont ceux qui n'ont
comme dans le public !
pas observé qu'une bonne partie des profits réalisés par les entreprises n'est pas destinée à l'investissement productif mais à la spéculation boursière. Or, nous voyons aujourd'hui les résultats d'une telle situation : les cours boursiers s'effondrent régulièrement, fragilisant ainsi l'économie tout entière. Qui peut encore douter qu'un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée au profit des salaires serait bénéfique à l'économie globale en assurant une croissance régulière de la demande ?
- L'augmentation des cotisations retraites patronales serait un moyen privilégié de commencer à rétablir cet équilibre. Elle permettrait, en même temps, de combler les besoins de financement de notre système de retraite par répartition.
- Le rapport Charpin, comme le COR, estiment que l'augmentation des cotisations retraites nécessaire à l'équilibre des régimes de retraite par répartition en 2040 devrait être de l'ordre de 15 points. Il ne s'agit pas de n'importe quel équilibre puisque ces 15 points permettraient de maintenir la parité de niveau de vie entre retraités et actifs c'est-à-dire de stabiliser à 78 % le taux moyen de remplacement du salaire moyen net par la retraite moyenne nette.
- Mais le fonds de réserve devrait permettre de prendre en charge 20 % des besoins de financement (50 % des besoins de financement du régime général selon le COR) soit l'équivalent de 3 points de cotisations retraites. Il ne resterait donc plus que 12 points d'augmentation des cotisations retraite à effectuer progressivement à raison de 0,30 point par an pendant 40 ans. En augmentant les cotisations patronales de 0,20 point et les cotisations salariales de 0,10 point chaque année, un partage des richesses plus favorable aux salariés (actifs et retraités) commencerait à s'instaurer, tout en préservant l'investissement productif puisque serait ainsi uniquement ponctionnée la part des profits destinée à alimenter la spéculation boursière.
- Est-ce vraiment insupportable, comme nous l'affirme la droite ?
- Pour répondre à cette question, il faut tenir compte des calculs effectués par le COR : Selon le COR, en effet, si les cotisations sociales n'augmentent pas et que l'âge de la retraite n'est pas différé : le montant de la retraite ne sera plus que de 43 % du salaire net en 2040 (2 600 F de retraites, en francs constants 2001, pour un salaire de 6 000 F) ! Ne vaut-il pas mieux augmenter les cotisations dans les proportions proposées ?
- Toujours selon le COR, si les cotisations sociales n'augmentent pas et que le montant des retraites nettes est maintenu (78 % du salaire net) : le recul de l'âge nécessaire est de 9 ans ! Là encore ne vaut-il pas mieux augmenter les cotisations dans les proportions proposées ?
- La question des régimes spéciaux n'est pas un problème de financement, mais un problème
d'acquis, de négociation, de nouveaux progrès : il y a des métiers pénibles physiquement et mentalement où il n'est pas même concevable de travailler jusqu'à 60 ans : les métiers de la santé, par exemple, n'ont-ils pas le droit à une vraie retraite à partir de 55 ans ? N'en est-il pas de même, dans le secteur privé pour les ouvriers du bâtiment, les chauffeurs routiers, les travailleurs et les travailleuses de nuit, pour tous ceux et toutes celles qui ont commencé à travailler très jeunes ? D'autant qu'il y a des inégalités d'espérances de vie. Tout cela peut et doit s'étudier et se négocier, évoluer : mais à condition que ce soit dans le cadre d'un ordre public social commun à tous. Confirmons, protégeons d'abord le cadre collectif commun : droit à 60 ans à une retraite à taux plein pour tous, dès 37,5 annuités de cotisation.
-
- La « retraite à la carte » peut paraître séduisante mais, en vérité, elle est cruelle et inégalitaire : c'est le choix individuel entre « s'user davantage ou vivre moins bien le reste de son âge ». On vous donne un faux choix, partir tout de suite mais vivre assez misérablement, ou travailler plus longtemps pour plus d'argent, mais raccourcir votre vie (car les « tables de mortalité sont là pour vous indiquer que lorsque vous dépassez les 60 ans, chaque année de travail abrège d'autant vos jours...). Cette « retraite à la carte » a, d'ailleurs, toutes les chances de n'être qu'un leurre : les salariés de plus de 55 ans, de plus en plus nombreux à être licenciés n'auront le choix, en réalité, qu'entre le chômage et une retraite à taux réduit. Or, le patronat n'a pas du tout l'intention de changer sa politique à l'égard des salariés âgés. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer qu'au moment même où l'Unedic aggravait les conditions d'indemnisation des chômeurs âgés, le Medef écrivait à Fillon pour lui demander de baisser la « contribution Delà-lande » et donc d'assouplir les possibilités de licenciement de ces mêmes travailleurs âgés. De toute façon, ce serait malheur que de perdre un droit d'ordre public social commun à tous, repérable et défendable, pour le leurre d'un choix individuel ou modulé par métier, branche, avec des critères discutables à perte de vue.
-
-
Ne pas laisser de place aux fonds de pension
-
Le Medef et une partie de la droite (Balladur...) affichent clairement leur volonté de généraliser les fonds de pension, dans le privé comme dans le public.
-
Leur argument décisif est de nous dire qu'on ne peut pas faire autrement parce qu'ils existent partout ailleurs. C'est un argument « boomerang ». En effet, chacun connaît les « bienfaits » des fonds de pension au Royaume-uni puisque les salariés britanniques devront bientôt attendre 70 ans pour profiter de leur retraite.
- Encore faudrait-il préciser que 50 % seulement
des salariés sont titulaires d'un fonds de pension (ceux qui peuvent épargner tous les mois) et que les autres disposent uniquement d'une retraite publique égale à 32 % de leur salaire ! C'est sans doute ce qui explique le faible poids des ' prélèvements obligatoires » au Royaume-uni. C'est aussi ce qui plaide pour leur alourdissement si nous voulons préserver nos retraites.
- Les fonds de pension sont risqués. Cela n'est plus à démontrer, tout le monde a compris qu'il s'agissait de jouer sa retraite en bourse.
- Les fonds de pension sont inégalitaires. Ils sont basés sur la capacité d'épargne (qui va de 1 à 24 en moyenne) alors que les retraites par répartition sont proportionnelles aux salaires (qui, pour l'essentiel, ne connaissent un écart que de là 4).
Les fonds de pension ne sont pas des compléments mais des concurrents dangereux des régimes par répartition. Le « troisième étage » de nos retraites, vanté par le Medef serait un troisième étage en trompe-l'œil : la hauteur totale de l'immeuble des retraites ne varierait pas. Simplement, ce troisième étage, celui des fonds de pension, siphonnerait les ressources du régime de base et des régimes complémentaires au profit des seuls salariés capables d'épargner et donc aux dépens de tous les autres. Il siphonnerait les ressources futures des retraites par répartition : le Medef déclare qu'il n'y a pas d'argent pour les retraites par répartition mais il se dit prêt à mettre sur la table 8 % des salaires bruts pour financer les fonds de pension d'entreprise... Il siphonnerait les ressources actuelles des retraites par répartition en rognant l'assiette des cotisations retraites puisque les sommes épargnées sur les fonds de pension d'entreprise seraient exonérées de cotisations sociales et donc de cotisations retraites.
- Massivement, aujourd'hui, les salariés de notre pays se détournent des fonds de pension. Ils ont raison d'être échaudés par l'aventure d'Enron, de Worldcom ou de l'immobilier japonais... Un système comme la « Préfon » a échoué, depuis trente ans, à faire cotiser plus de 250 000 cotisants sur 5,5 millions de fonctionnaires et assimilés. Mais, si la retraite par répartition continuait à perdre du terrain (par l'allongement de la durée de cotisation et la baisse du niveau des pensions) les salariés qui ont les moyens d'épargner (les cadres et certains salariés stables des grandes entreprises) seraient de plus en plus nombreux à demander la mise en place de fonds de pension d'entreprise. Le Medef ayant déjà donné son accord à leur financement, II ne suffirait plus à la droite qu'à faire passer à 20 ou 30 ans la durée maximale du Ppesv (Plan partenarial d'épargne salariale volontaire), mis en place par le gouvernement de la gauche plurielle.
-
Il ne suffit donc pas d'affirmer que l'on ne cherche pas à introduire des fonds de pension
d'entreprise dans notre pays. Encore faut-il maintenir le niveau des retraites par répartition. Autrement, ils se feront inéluctablement une place, aux dépens des retraites par répartition. Le salariat sera alors divisé entre ceux qui au-çient les yeux rivés sur leur fiche de paye et ceux qui, titulaires de fonds de pension, auraient les leurs fixés sur la valeur de l'action de la société. Le rapport de forces basculerait encore plus en faveur du patronat et des marchés financiers. La généralisation des retraites par répartition avait, en moins de cinquante ans, banni la pauvreté chez la très grande majorité des personnes âgées. Le recul des retraites par répartition ferait que pour de très nombreux salariés, misère et vieillesse redeviendraient synonymes.
-
- L'emploi, la réduction du temps de travail, les retraites et la Sécu
- Toute notre orientation de réduction du temps de travail - et notamment les 35 h - serait battue en brèche par la hausse des annuités de cotisation. Faire travailler 5,5 millions de fonc-
tionnaires et assimilés 36 mois de plus, même à 151,66 h par mois, cela représente 30,5 milliards d'heures de travail que les jeunes n'auront pas... L'allongement sera supérieur sur la vie à la réduction qui s'est peu ou prou effectuée sur la semaine. Et si le privé passe à 42 ans, puis davantage, les effets emplois seront catastrophiques. Le chômage de masse, déjà croissant avec les premières mesures Fillon-Raffarin, progressera... et le montant global des cotisations retraites baissera d'autant ! C'est une spirale infernale : moins de pouvoir d'achat, moins de consommation, l'économie se portera plus mal, et notre protection sociale reculera - y compris la Sécurité sociale, l'assurance maladie, dont les « trous » réapparaîtront. Le gouvernement utilisera le même raisonnement que sur les retraites pour diminuer les prestations santé puis pour privatiser la « Sécu », encourageant les assurances privées.
-
- NOTRE PROTECTION SOCIALE COLLECTIVE EST CE QU'IL Y A DE PLUS BEAU, DE PLUS SOCIALISTE EN FRANCE. NOUS AVONS DONC, EN TANT
QUE SOCIALISTES, UN CHOIX DE SOCIÉTÉ FONDAMENTAL À FAIRE.
-
- Soit nous contre attaquons, défendons les principes de la solidarité, de la répartition, ne cédons pas au chantage initié par Balladur. Nous abrogeons ses mesures de 1993 et nous re-créons de l'égalité par le haut. En réduisant à nouveau à 37,5 annuités le nombre d'années nécessaires pour une retraite à taux plein, nous encourageons le plein emploi. Soit nous reculons : nous descendrons alors les marches une à une et laisseront les libéraux mettre à mal notre idéal, nos droits, nos conquêtes.
Les salariés de notre pays ont su massivement faire reculer les projets d'Alain Juppé en novembre-décembre 95, nous devons être avec eux pour faire reculer ceux de Jean-Pierre Raffarin en 2003.
- JEAN-JACQUES CHAVÏGNÉ (MEMBRE DU BUREAU FÉDÉRAL DE LA SOMME)
GÉRARD FlLOCHE
(MEMBRE DU BUREAU NATIONAL)
-
- Liste des 535 premiers socialistes signataires dans 63 départements
-
- 02 : Claude Brocheton, Laurent Brocheton. Paolo de Souza. 05 : Gérard Fromm. Eliane Gaillard. René Garcïn, Christian Graglia, Jacques Guérin, Nicole Guérin. Claude Rarain. Danielle Tuillière. Francine Vigneul. 08 : Claude Christian. Pierre Ledemé. 09 : Sylvain Gravaillac. 10 : Myara Jaim. 11 : Paul André, Robert Bonnet, Jean Debruère. Paul Esquieu, Paulette Esquieu. Henri Molla. Franck Quintero. Didier Reverdy, Gilbert Rivère. Marie-Antoinette Rivère. André Sanz. Raymond Soler, Robert Vachot. 12 : Gérard Orliac.Christiane Orliac. 13 : Pierre Autran. Jean-Luc Berthon. Alain Barlatier, Jean-Pierre Carlon. Claude Forgnon, Esther Fouchier, Jean Goffredo, Didier Hacquart, Patrick Lacoste, Patrick Menucci. Liliane Maurel, Jean-Paul Nail. Jeanne Nobile, Robert Pedevilla. François Touchardjhierry Scholler. Nathanaé'l Uhl. 14 : Cirino Di Bianca. Réjane Di Bianca. Jean-Charles Le Poultier. Armand Lemoine. Josette Lemoine, Denis Touraine, 16 : Brigitte Bonneau. Michel Gourinchas, Gilles Le Moine. Jacques Mesnard. Jean-Michel Nivet. Jacques Petit. 17 : Michaël Thouvemn. Thierry Le Pesant, 18 : Alain Baudon, Yann Galut, Marcel Mazenoux, Jean-Jacques Rousseau, Bernard Richardiére. Yvonne Richardiére. 19 : Jean Bachèlerie. Roland Brajoux. Louis Chastrusse. Carole Da Rocha. 22 : Pierre Crolais. 23 : David Gipoulou. 24 : Cécile Labarthe. 25 : Alain Genot. Eliane Menegain, Dominique Menegain. 26 : Alain Bellier. Nathalie Deloche. Brigitte Descormes. Michel Descormes. Jean-Michel Laveaud. Jean-Claude May, Alain Pairon, Patrick Sansano, Annick Timmermans. Patrice Vial, 30 : Michel Paillot, 31 : Marianne Araujo. Jean-Louis At. Noëlle At. Moussa Bechefrif, Christian Bélinguier, Jean-Pierre Cadiot, François Carbonnel, Thomas Chavigné, Christiane Desplats-Fonvieille, Christian Desprez, Jean-Claude Fernandez, Gilbert Garda, Jacques Girma. Jean-Luc Lacambra. Monique Lopez. Christine Pluta, Guy Pluta. Raymond Rieupeyroux. Marie Rosé Rieupeyroux, Christine Ruiz-Bauza, Marie-Claude Setau, Annick Tessier. Pierre Timsit. Nicolas Tissot, Claude Touchefeu. Joël Trottard. Miloud Zaater. 33 : Julien Baudry. Daniel Fruguier. Françoise Fruguier, Pierre Maréchal. 35 : Vincent Baudoin. Alain Boudard. Sébastien Cadieu. Marc Claudot, Anne-Laure Langlais. Patrick Leborgne. Robert Le Brett, Jean-Luc Lefeuvre. Rodolphe Llavori. Emilie Masclet. Frédéric Mathieu. Patrick Soulier. 37 : Stéphane Corbia 38 : Linda El Haddad. Amar Thioune. 39 : Pierre Bidault, Pierre Cailliez, Olivier Cavallin. Jean-Louis Duprcz. Albert Franco. Christiane Franco. Hélène Franco, Lucette Frichet, Benjamin Gaillard. Louis Gibert. Georges Marie, Annette Martel St Paul, Marie-Claire Rufenacht. M-Thérèse Vannier-Simon. Charles Vi-prey, Jean-Claude Viprey. 40 : Roland Ramis, 41 : Magali Audebert. 43 : Pierre Bouchet, Jean-Yves Derigon. Annick Faisandier, Gérard Fraquier, Julien Guérin. Luc Jouve. Franck Masclaux. Patrick Masclaux. Bernadette Pichot, Martine Pierron, Gérard Rouleau, Jacques Rouvière, Catherine Teysonnière, Michel Thibault, Raymond Vacheron, Paul Valette. 44 : Gilles Berthier, Lucien Bertin. Gérard Bourdu, Janick Fabregues. Claudine Langlois. Anne Lefèvre, Clélia Marcbesi. Henri Moutault. Philippe Renaudineau, Jean-Bernard Saxel, René Seiller, Joëlle Tartrou, Michel Tartrou, Françoise Thibaud. Eric Thouzeau. Catherine Touchefeu, Yves Trihoreau. Anne Vincent, Bernard Vincent. 51 : Mêtossi Ahoussou-Fleury, Kamel Ait Ammar, Jean-Pierre Bartholome, Nelly Beaufort, Yves Belaich, Gérard Berthiot, Albane Boudjadi. Philippe Boud-jadi. Monique Bourachot. Nathalie Dahm. Claudine Desplan. Jean-Marie Desplan, Ronan Fleury, Dominique Fourestier, Marie-Jo Garido, Aline Geeraerts, Nicolas Jarosz, Didier Lassauzay. Elisabeth Lemaçon. René Lemaçon. Mélanie Lesueur. André Lorentz. Homad Messaoudi. Chantai Millet. Renaud Mimin Régine Pillière, Jean-Claude Rouffignac, Gérard Sigal. Jean-Michel Sol. François-Florent Théry. Jean-Louis Thibout, Marc Thomas. 54 : Patricia Baci-Chiquart, Alain Berniquet. Denis Bravetti, Mounir El Harradi, Emmanuel Girod, Stéphane Hablot, Georges Komorowski. Stéphane Nicot, Rosé Nobile. Luc Perrin, Jean-Philippe Thanry. 55 : Bruno Boschiero,. Roger Carré. Frédéric Favier, Pascal Haros. Jean-Bernard Haros, Samuel Hazard, André Henquinet, Roland Jehannin, Christian Laurent, Serge Silvetti. Jean-François Thomas. 59 : Jean-Pierre Meausoone.Patrick Thiery-Cerezo. 60 : Hervé Le Fiblec. Laurence Rossignol. 62 : Louis Hautier. Nathalie Samadi. 63 : René de Froment. Nadine Déat..64 : Michel Bernadicou. Anne Bernard, Gérard Boudet. Bertrand Bousseau, Jean-Michel Cazalet. Pierre Cbéret. Elisabeth Dubois. Paul Duchamp. Rémy Fauthoux, Roger Feugas, Magali Flaœlière. Natalie Francq. J-Claude Gracia, Corinne Julien, Jacqueline Labat. Jean-Louis Labatut, Bernard Lajus, Jean-Yves Lalanne, Guy Mondorge. Alain Monnin, Jean-Philippe Nassieu. Dominique Piron. Benoît Proto, Carlos Ramalho, Félicien Rigaud, Pierre Ruscassie. Christophe Schupp. Pascal Torchala. 65 : Christel Andro, Francis Esquerré, Julien Gaillard, Philippe Lassalle. Vincent Ricarrère, Gérard Suzanne. 66 : Michel Bouvier. 67 : Syamak Aghababai, Gianfranco Alberelli. Jean-Claude Al-brecht, Joël Allain, Henri Dreyfus, Dina Fréani. Anita Grasset, Gérard Marino, Serge Oelher, Anne Redondo. David Romieux. Laurent Rosart, Annick Tessier Jean-Charles Vescovo. Roland Wehrling. 69 : Daniel Baiguini, Jacques Demonet, Emmanuel Dupuis, Joseph Dussel, Georges Farge, Alain Girardot. Stéphane Gomez. Benjamin Grandener. Jean-Vincent Jehanno. Jean-Philippe Jouvenel, Marie-Christine Mabboux, Renaud Moisson. Henri Paraton. Gilles Vergnon. 72 : Guy Beauné. Jean-Philippe Boidé. 73 : Vincent Jullien, Camille Depoire.74 : Laure Herbert. Marvin Mandell. Jean-Paul Moille, Valéry Pratt. Betty Reed-Man-dell.Colette Zory. Frédéric Zory. 75 : Sarah Bénichou. Nicolas Biren. Prunelle Bloch, Colombe Brossel, Mahor Chiche. Hervé Donnard, Jean-Paul Dorier. Sybille Fasse, Germain Filoche.Nathalie Fortis. Mainadoii Gaye, Charlotte Girard. Martine Guillaume. Tristan Klein. Charlotte Le Provost. Nicolas Nordman, Gilles Orzoni, Françoise Rambaud, Emmanuel Reich, Jérémy Robine. Flora Saladin, Aimé Skoutelski, Denise Skou-telski, Jean-Patrice Solari, Dominique Sopo, Dominique Tricaud, Didier Tzwangue. Boris Vassaux, 76 : Eliane Colombel. Jean-Marc Pruvost, Christiane Savignard, 77 : Jean-Claude Beauvironnet. Abdel Ben Tayel). Dominique Binet, Didier Dague, Michel Dupuy. Gérard Filoche, Corinne Julliard, Alain Leroy. Michèle Loiseau, Nathalie Loiseau, Jean-Claude Marchese, Laurent Marcille, Benoît Martin. Richard Offerte, Franck Payonne. Patrick Prigent, Richard Taillefer, Jacob-Voglozin, Alain Wallon, Geneviève Wortham. 78 : Jérôme Cachait, Jean Chaudieu, Jacques Chesnais, Muriel Condolf, François Guérout, Jean-Louis Heguy, Jean-Louis Hernando, Raymond Launay. Robert Oliver, Michel Poirot. 79 : Christine Antoine. Michel Léaument, 80 : Azelarab Amor, Daniel AndréSerge Aubel, Thierry Aubel, Christian Bachy, Franck Barot, Jean-Louis Béhague, Martine Bonnay, Xavier Bonnay, Emmanuelle Bouchaal, Icham Bouchaal, Moncef Bouchaal, Nordine Bouchaal, Mohamed Boulafrad, Michel Boulogne, Albert Cardon, Didier Cardon, Gilles Caron, Philippe Casier. Thierry Cazy, Valérie Chabaudie, Jean-Jacques Chavigné, Leïla Chavigné, Claude Clercq, Georges Coppé. Raoul Coquet, Régis Darras, Eisa Delignières. Josianne Dufresne, Josiane Dupuis, Claudia Faucon, Jacques Fleury, Christian François. Anne Haberer. Jacques Hamelin, Serge Hombert, Jean-Marie Laout. Pascal Lethelliez, Sandrine Liégaux, Olivier Linéatle, J-François Liquier, Michel Mairesse, Christian Margrit. Isabelle Masson, Eric Mehimmedetsi, Ariette Merlin, Gregory Messier, Magali Monticelli, Jacqueline Pasquier, Micheline Patte, Jean-Louis Piot, Thierry Plé, René Prévéral, Edgar Rigaut, Paulette Rigaut, Sandrine Salard, Philippe Sannier, Didier Thuillait, Martine ThuillattMichel Toxe, Michèle Toxe, Philippe Verdier.. 81 : Bruno Antonini, Linda Bessières, David-Olivier Carlier, Christine Faral, Philippe Guérineau, Christian Michel. 83 : Alain Barkate, Dominique Barkate, Jean-Pierre Carlon, Alain Fortuit, Denis Leclerc, Jean-Claude Macé, Bruno Maranzana, Isabelle Nunez, Marie-Jo Routens, Françoise Tahiti, Sadeck Tahiri, 84: Philippe Batoux, Jean-Marc Pelenc, 85 : Sylviane Bulteau. Jacques Kalbach, 87 : William Colas, 88 : Stéphane Viry, 89 : Jacques Babel, Michel Cretot, 91 : Delphine Batho, Eric Benzékri, Jean-Louis Berland, Marie-Christine Carvalho, José Castrojacaques Champemont,Brigitte Fichaux, Brigitte DelairJean-Pierre Flinois,Patrick Grand, Régis Lagrifoul, Jacques Lericollais, Loubna Méliane, Guillaume Morice, Frédérique Petitta, Roselyne Roussel, Nassera Si Ali, Arnold Stassinet, Patricia Thépault, Samuel Thomas, 92 : Michel Bousquet, Richard Clua, Monique Deslandes, Patrick Deslandes, David Dierricks, Hermann Ebonguejean-Michel Gaignard, Jean-Marc Gaudefroy, Monique Godfrey, Jean-Paul Merlen, René Palmieri, Sébastien Pietrasanta, Laurence Salvat, Jean-Michel Tanin, 93 : Olivier Cessot, Thibaud Cotta, Harlem Désir, Samia El Mars, Assane Fall, Natacha Gorchon. Christophe Piercy, Ingrid Renaudin, 94 : Thierry Atlan, Jean Brett, Annie Brewee, Vincent Chariot, André Grimaldi, Sylvie Lefur, Danièle Schley, Robert Schley, Cécile Soltani, Michel Talon, 95 : Michel Van Rensbergen, FFE : Jean Gernigon.Philippe Marlière, Valérie Picquet, Christian Toillier, Armelle Weill.... Signez, faites signer : on va vers mille signataires.
|
-
-
-
-
- D&S n°101 analysait la contribution de François Hollande, et soulignait tous les manques et non dits. La tactique du Premier secrétaire et de ses partisans est de communiquer sur le fait qu'il n'y a "pas de divergences" entre socialistes, et que tous les points de vue sont proches. À. un certain degré de généralités, c'est vrai : mais les contributions de Nps comme celle de Nm entrent dans les détails. Et dés qu'on est dans les détails, on s'aperçoit de l'ampleur des désaccords réels.
-
- Faisons l'exercice de débattre réellement. Que dit François Hollande sur les retraites ?
- "Il s'agit de refonder le contrat entre les générations, passé après la seconde guerre mondiale en affirmant les grands principes suivants :
- 1°) - Maintenir un niveau élevé le montant des pensions
- 2°) - Garantir le système par répartition et refuser tout engagement quel qu'il soit dans les fonds de pension
-
3°) - Maintenir le départ à la retraite à soixante ans
-
4°) - Tenir compte de la pénibilité des métiers pour justifier les différences dans l'âge de départ ou la durée des cotisations ;
- 5°) - Assurer de nouvelles recettes pour abonder le fond de solidarité pour les retraites.
-
C'est là que la confrontation avec les libéraux prend tout son sens ! Du financement obligatoire ou volontaire, collectif ou individuel, dépend l'avenir du modèle social français."
-
Vous noterez qu'à ce degré de généralité, nous pourrions être d'accord. Mais précisez donc le niveau du point n°l c'est-à-dire le taux de remplacement : 75%, il n'y a plus accord. Précisez le point n° 2 : l'épargne salariale est une variété de fonds de pension ? Il n'y a plus accord. Proposez d'ajouter "à taux plein" après retraite à soixante ans, le désaccord grandit. Confirmez dans le point n° 4 que le nombre d'années de cotisations doit rester "d'ordre public" de façon à ce que le départ à 60 ans soit un point de repère collectif, et ne pas être soumis aux aléas des uns ou des autres... Dans le point n°5 préciser que les cotisations patronales doivent augmenter...
- Et notez que pas une fois François Hollande ne propose de remettre en cause les mesures de Balladur de 1993, ni celles de
l'Agirc et de l'Arcco qui ont suivi et qui font progressivement baisser les retraites des plus démunis. François Hollande n'entre pas davantage sur la remise en cause du calcul des retraites sur les 25 meilleures années, et ni sur l'indexation des retraites sur les salaires.
-
- Conséquences pratiques : débat à chaud au Bn
- Certains disent, ce n'est pas au Parti socialiste de dire tout cela à la place des syndicats... Alors pourquoi était-ce dans la plateforme législative de Lionel Jospin en 1997 ? Pourquoi ce que nous défendions en 1997 ne serait plus valable aujourd'hui face à Raffarin ?
-
Ensuite, d'autres disent que la contribution générale ne "peut tout dire"... mais que, dans la pratique, dans l'action d'opposition, nos dirigeants seront plus précis... Hélas non, comme en témoigne, à chaud la discussion au Bureau national le mardi 4 février, aussitôt après l'intervention de J.P. Raffarin : Marisol Touraine chargée de présenter le projet de communiqué sur la "réforme des retraites" nous offrit un drôle de texte...
-
- Le 4 février 2003
- Projet de communiqué du Bureau National sur la réforme des retraites
-
Le gouvernement avait promis un grand discours d'orientation sur les retraites : aujourd'hui, ce sont toujours l'incertitude et les ambiguïtés qui dominent.
- Ambiguïté sur la méthode, puisque Jean-Pierre Raffarin ne s'est pas engagé sur le principe d'une négociation avec les syndicats, alors que c'est la seule voie susceptible de déboucher sur un consensus dans l'intérêt des salariés.
- Ambiguïté, lorsque la défense du système par répartition s"accompagne de l'annonce de fonds de capitalisation individuelle.
- Ambiguïté encore lorsque le Premier ministre réclame un large débat mais veut tout boucler en quelques semaines.
- - Ces incertitudes sont préoccupantes, elles ne permettent pas de dégager ce que sont les choix de principe effectués par le gouvernement. Une réforme est nécessaire, mais elle ne peut se résumer à l'allongement de la durée de cotisations des fonctionnaires, sans que l'ensemble de leur situation soit posé, notamment la question de l'intégration des primes. Une réforme durable passe par la relance de l'emploi en direction des plus de 50 ans notamment : alors que les plans sociaux se multiplient sans que le gouvernement réagisse autrement que par la baisse de l'isf.
- Le parti socialiste réaffirme qu'il restera vigilant sur le respect de certains principes fondamentaux. Le régime des retraites par répartition est au cœur de notre pacte social de solidarité, il doit être renforcé. Une réforme ne peut aboutir à le mettre en cause.
- Cela exige en particulier un engagement fort, par la négociation, sur le niveau des retraites. On mesure aujourd'hui les effets de sape de la réforme Balladur sur le pouvoir d'achat des retraités. L'engagement sur la répartition est vide s'il ne s'accompagne pas de garanties concrètes sur le pouvoir d'achat.
- Pour les socialistes, la retraite est l'aboutissement d'un parcours professionnel, qui doit prendre en compte la pénibilité, l'âge d'entrée dans la vie active. La retraite à la carte, c'est d'abord la reconnaissance des vies professionnelles les plus difficiles.
- Le PS tient à exprimer sa préoccupation sur l'absence d'annonce d'un financement précis du fonds de réserve des retraites. Ce fonds ne peut à lui seul écarter toute difficulté de financement d'ici quinze ans, mais il peut en limiter considérablement l'ampleur. À condition que des ressources supplémentaires y soient consacrées.
-
- Le débat s'ouvre, relaté en ces termes par Jean Mallot :
-
JEAN LE GARREC commente le discours de F. Fillon devant les députés en commission, qu'il a trouvé plus "intelligent" que celui de Raffarin la veille. Pour lui "nous sommes dans une bataille de vocabulaire". Il appelle à la vigilance sur la politique de l'emploi, sur les salariés de plus de 50 ans, sur la faculté d'épargne des salariés.
- Marie-Noëlle Lienemann veut que nous soyons plus clairs dans le projet de communiqué. Nous sommes dans un affrontement gauche/droite. Il faut faire référence à la retraite à 60 ans à taux plein. Et ne pas laisser entendre que nous serions pour l'allongement de la durée de cotisation des fonctionnaires sous la seule condition qu'on intègre leurs primes dans le calcul.
-
Gérard Filoche explique que le seul moment où Raffarin était sincère c'était dans son lapsus sur la défense d e la retraite par capitalisation. Mais il demande s'il y a un lapsus dans le projet de communiqué du Bn car il n'y trouve pas la retraite à 60 ans. Il souligne que la phrase du communiqué qui envisage le passage des fonctionnaires à 40 annuités est pour le moins maladroite et qu'il ne faudra pas s'étonner d'être mal reçu dans les manifestations ensuite. Il demande qu'on précise "60 ans à taux plein", la remise en cause de mesures Balladur de 1993, le retour au calcul sur les 10 meilleures années, et l'indexation sur les salaires. Raffarin veut que tout le monde travaille plus, et gagne moins. La "retraite à la carte", c'est cruel cela revient au choix entre "s'user davantage ou vivre moins bien le reste de son âge". Il souligne que dans les manifestations du samedi 1er février, l'écrasante majorité des banderoles demandaient 37.5 annuités pour tous.
- Alain Bergougnioux, considérant que nous sommes un parti d'opposition, veut que nous demandions une négociation. Il y a également le problème des inégalités qui se creuseront avec le temps parmi les retraités. Ce sont, pour lui, les deux angles d'attaque. L'objectif doit être un meilleur taux de remplacement.
- Christian Bataille rappelle que nous ne sommes plus au gouvernement. Or le projet de communiqué donne l'impression que nous y serions encore. "Ce texte est inamendable, nous le rejetterons". Le texte acquiesce à la formule de la retraite à la carte. Il abuse du terme "consensus" (qu'il faudrait rechercher). Il omet la retraite à 60 ans à taux plein et le retour aux 37.5 annuités pour tous. Il est trop long. Soyons plus francs. Les observations de G. Filoche, notamment à propos des fonctionnaires, sont fondées.
-
François Hollande indique que la phrase relative aux fonctionnaires sera supprimée.
- Jean-Luc Mélenchon insiste sur le fait que notre système de retraite est directement lié au modèle de société auquel nous croyons. Il faut défendre mordicus la répartition dans toutes ses composantes, sans entrer dans le débat sur la pénibilité. Le premier secrétaire lui-même, sur Rtl, a repris l'argument selon lequel l'effort demandé pour les cotisations, à hauteur de 4 points de Pib supplémentaires, est possible. Nous devons préférer des cotisations pour la répartition plutôt que des cotisations pour la capitalisation car dans le premier cas, on est sûr de revoir son argent.
- Dominique Strauss-Kahn: - C'est idiot! Jean-Luc Mélenchon interroge : qui irait dire aux fonctionnaires que grâce à un gouvernement socialiste ils iraient travailler 2 ans de plus ? On ne bouge pas d'un mètre sur un acquis social.
- Elisabeth Guigou demande que nous fassions attention aux termes que nous employons : la concertation n'est pas la négociation. Appuyons-nous sur les positions des syndicats. Les mesures proposées par Raffarin sur les retraites sont contradictoires avec sa politique sur l'Apa.
- Raymond Forni constate que l'avis du PS est loin d'être homogène. Ce communiqué n'a pas de sens, il est complètement incompréhensible par l'opinion publique. Rappelons ce que nous avons fait en cinq ans et réaffirmons nos orientations sur le sujet.
- Jean-Pierre Sueur veut que nous disions sur quoi nous nous opposons au gouvernement. Mais nous n'avons pas défini notre position de façon assez précise. Fondons-nous sur le principe d'égalité puis regardons les réalités. Et assumons les conséquences de notre démarche intellectuelle.
- Delphine Batho pense qu'il faut dire que le PS n'acceptera pas un recul des droits des fonctionnaires qui préfigurerait un recul des droits des salariés du privé. Et dénoncer les fonds de pension et leurs effets.
- Paulette Guinchard-Kunstler veut faire référence aux politiques de l'emploi.
- Manuel Valls veut, lui, rester sur les principes, sans ouvrir le débat sur tous les sujets.
-
Louis Mermaz suggère que nous ne nous demandions pas ce que nous ferions si nous revenions au pouvoir. Ce serait le meilleur moyen pour n'y pas revenir. Ne nous plaçons pas à la droite de Blondel. Raffarin nous prépare la capitalisation. Soyons vigoureux dans l'opposition.
- Marisol Touraine après avoir fait observer qu'elle n'avait fait qu'écrire dans le projet de communiqué ce qu'on lui avait demandé d'écrire et ce sur quoi "on" était d'accord, répond à quelques intervenants, notamment à Gérard Filoche et à ceux qui veulent s'en tenir aux principes.
Elle veut mettre l'accent sur trois "ambiguïtés" de Raffarin : sur l'absence de négociation, sur la capitalisation, sur les fonctionnaires vus seulement à travers la question des 37.5 annuités.
- François Hollande résume ce qu'il retient. Il y a incertitude sur la "négociation", il faut donc clarifier. Il y a contradiction entre le souhait d'un "débat large" et la volonté de "boucler en quelques semaines". Le danger c'est la capitalisation individuelle. Une réforme est nécessaire mais nous
sommes contre la capitalisation, pour la garantie du taux de remplacement, pour la prise en compte de la pénibilité, pour l'abondement du fonds de réserve.
- Louis Mermaz relève que si nous disons qu'une réforme est nécessaire, ce sera compris comme un soutien à la réforme de Raffarin.
- François Hollande, considérant le débat terminé, passe au sujet suivant.
- Jean-Luc Mélenchon précise que "nous votons contre" le communiqué sur les retraites.
- François Hollande met aux voix le communiqué, amendé, sur les retraites (voir texte final ci-dessous). Résultats du vote : 4 "contre" (Christian Bataille, Jean-Luc Mélenchon, Jean Mallot, Gérard Filoche) -0 abstention - le reste "pour".
-
- Le 4 février 2003
- Communiqué adopté par le Bureau national sur la réforme des retraites
- Le gouvernement avait promis un grand discours d'orientation sur les retraites : aujourd'hui, ce sont toujours l'incertitude, les ambiguïtés et les risques qui dominent.
- Ambiguïté sur la méthode, puisque Jean-Pierre Raffarin ne s'est pas engagé sur le principe d'une négociation avec les syndicats, alors que c'est la seule voie susceptible de déboucher sur un consensus dans l'intérêt des salariés.
- Incertitude encore lorsque le Premier ministre réclame un large débat mais veut tout boucler en quelques semaines. Risque, lorsque la défense du svstème par répartition s'accompagne de l'annonce de fonds de capitalisation individuelle.
-
- La démarche du gouvernement est préoccupante dans la forme et sur le fond. Une réforme est nécessaire ; celle qu'annonce le gouvernement est inquiétante. Pour les Socialistes:
- - Une réforme durable passe par la relance de l'emploi, alors que les plans sociaux se multiplient sans que le gouvernement réagisse autrement que par la baisse de l'Isf.
-
- Elle exige le renforcement de la retraite par répartition à soixante ans, qui est au cœur de notre pacte social de solidarité. L'objectif doit être de garantir l'égalité de tous face à la retraite. .
- - Cette réforme doit clairement écarter toute forme de capitalisation.
- - Elle doit avoir pour objectif par la négociation de garantir un haut niveau de retraite. On mesure aujourd'hui les effets de sape de la réforme Balladur sur le pouvoir d'achat des retraités.
-
- Elle doit prendre en compte la pénibilité et l'âge d'entrée dans la vie active. La retraite à la cane, c'est d'abord la reconnaissance des vies professionnelles les plus difficiles.
- - Enfin elle implique un financement précis du fonds de réserve des retraites. Ce fonds ne peut à lui seul écarter toute difficulté de financement d'ici quinze ans, mais il peut en limiter considérablement l'ampleur. À condition que des ressources supplémentaires y soient consacrées.
- C'est une leçon de choses, non ? Les débats sont réels, directs, clairs ! Les divergences aussi...
-
-
-
-
- L'administration Bush a beau dénoncer une « accumulation de faits et comportements troublants » dont se serait rendu coupable le régime de Bagdad en matière d'armement, une tenace odeur de pétrole flotte sur cette guerre annoncée. Pavée de mauvais prétextes, la ruée vers l'or noir que prépare Washington n’obéit qu’à des motifs économiques et géostratégiques.
-
- Les Etats-Unis restent les premiers producteurs mondiaux de pétrole. Mais ils en sont aussi les premiers consommateurs, et surtout les premiers importateurs.
-
- Etats-Unis : une dépendance pétrolière accrue
- Car au cours du dernier quart de siècle, l'approvisionnement en pétrole de la première puissance du globe a subi un complet renversement de situation. Qu'on en juge par les chiffres : en 1973, les Etats-Unis produisaient 9, 2 millions de barils par jour et en importaient 3, 2 millions ; en 2000, leur production nationale était tombée à 5, 6 millions de barils/jour, tandis que les importations atteignaient 8, 6 millions.
- La dépendance américaine en matière énergétique ne fera que s'aggraver, puisqu'en l'état actuel des prospections, les gisements pétrolifères des Usa seront épuisés à l'horizon 2010-2015. Actuellement, il en coûte aux Etats-Unis 80 milliards de dollars par année pour acheter à l'étranger le pétrole qui leur est nécessaire, cette somme représentant prés de 20 % de leur déficit commercial.
- Dans ces conditions, on comprend aisément que le contrôle, voire la mainmise sur les principales réserves en hydrocarbures de la planète soit considérée à Washington comme une priorité. Il faut cependant remarquer que pour le moment, les Etats-Unis sont peu tributaires du pétrole du Moyen-Orient. La moitié de leurs importations en hydrocarbures provient de trois pays : le Canada, le Mexique et le Venezuela. Quant à l'autre moitié, elle est ventilée entre les pays du Golfe Persique et les grands producteurs africains, tels le Nigeria et l'Angola.
-
- Le grand jeu
- Le très impérial projet de conquête de l'Irak (appelons les choses par leur nom) vise donc à contrôler les deuxièmes réserves mondiales de pétrole, moins pour l'approvisionnement des Etats-Unis, assuré par d'autres pays à court et moyen terme, que pour faire pression sur les adversaires potentiels et les concurrents commerciaux. Le contrôle des gisements irakiens, ajouté à celui du pétrole de la mer Caspienne (20 % des réserves mondiales), octroierait à Washington un atout maître dans le jeu politique mondial.
- En passe de devenir le principal rival géostratégique de l'Amérique, la Chine est directement concernée par cette redistribution des cartes. Depuis 1993, elle est importatrice de pétrole, sa consommation en hydrocarbures dépendant pour un tiers de ses achats à l'étranger. Bien qu'elle cherche à diversifier ses fournisseurs, ses importations proviennent essentiellement du Moyen-Orient. Cette dépendance est appelée à croître d'ici à 2020, puisque sa consommation de pétrole devrait doubler, les importations en représentant la moitié.
- La France et l'Allemagne ont elles aussi de bonnes raisons de s'inquiéter. Entièrement dépendantes de l'étranger en matière énergétique, elles ont tout à perdre d'un renforcement du contrôle américain sur les flux pétroliers. On sait que les différends commerciaux transatlantiques sont nombreux ; maître absolu du pétrole, Washington aurait un argument massue à faire valoir dans toute négociation.
- L'axe Paris-Berlin tiendra-t-il bon dans la prochaine tempête du désert ? La France comme l'Allemagne se voient très opportunément confrontés à deux défis diplomatiques majeurs. La France en Côte d'Ivoire, où l'ineffable de Ville-pin (on lui doit déjà la dissolution de 1997) vient de faire montre de sa légendaire habileté manœuvrière... L'Allemagne avec ses partenaires commerciaux d'Europe centrale, qui se sont alignés comme un seul homme derrière Bush et ses va-t-en guerres. La Maison Blanche pourrait bien tirer profit de ces deux « complications » pour ramener le couple franco-allemand à sa raison.
- Contre l'agression impérialiste, la mobilisation internationale est donc essentielle. Elle peut devenir d'autant plus massive que l'opinion publique mondiale n'est pas dupe des fausses motivations de l'administration Bush.
- GILLES BAUDIN
-
-
-
-
- Pierre Ruscassie a interrogé Pierre Salama, professeur d'économie à Paris XIII et directeur scientifique de la revue Tiers Monde, sur la situation paradoxale du Brésil au moment où Lula Iniacio da Silva, dirigeant du Parti des Travailleurs brésilien arrive à la présidence. Coauteur de plusieurs ouvrages de référence (L'Etat sur-développé, des métropoles au tiers-monde ; Introduction à l'économie de Marx. L'insoutenable misère du monde, économie et sociologie de la pauvreté), Pierre Salama est le meilleur spécialiste français de l'économie sud-américaine.
-
- D&S : Est-ce que la richesse du Brésil est pour Lula un atout qui rendrait plus facile son affirmation d'un modèle de développement autonome à l'égard du néo-libéralisme ?
- Pierre Salama. - Le Brésil est le pays le plus inégal au monde avec l'Afrique du Sud. Le rapport population pauvre sur population totale est considérable (plus du tiers) et pourtant son PIB (produit intérieur brut) le place parmi les plus puissants du monde. Avec la venue de Lula da Silva au pouvoir, le Brésil pourrait devenir un pays moins inégal, où la richesse produite serait mieux distribuée et la pauvreté fortement réduite ; un pays qui, par ses alliances, permettrait de desserrer le poids de l'hégémonie américaine dans le monde et inventer une nouvelle insertion dans l'économie monde. Le Brésil est aujourd'hui à la croisée des chemins : soit il reste ce qu'il est et la déception des électeurs qui ont voté pour Lula sera à la hauteur des espoirs, parfois inconsidérés, portés par sa candidature et son succès, soit il ouvre une voie nouvelle en Amérique latine.
-
-
Sous quelle forme s'exercent les contraintes de la mondialisation financière ?
-
La soumission des économies de la périphérie à la division internationale du travail traditionnelle telle qu'elle était conçue et imposée par les économies du
Centre - exploitation des matières premières par les unes au bénéfice des secondes - n'est plus de mise pour les plus industrialisés comme le Brésil.
- La domination de ces économies par celles du Centre persiste mais a changé de visage. Elle s'exerce surtout par le poids pris par la finance (la globalisation financière est plus achevée que la globalisation commerciale en cours) et par les politiques économiques « imposées » par les institutions internationales, principalement le Fonds monétaire International et la Banque mondiale.
- L'industrialisation de quelques économies du Tiers Monde a modifié leur formation sociale. Les pauvres sont « différents » : hier concentrés à la campagne, soumis à des rapports de dépendance quasi « moyenâgeux » avec les « seigneurs de la terre », aujourd'hui ils sont majoritairement dans les villes, attirés par le « rêve-mirage » d'une vie meilleure, peuplant des bidonvilles plus ou moins consolidés, monétarisés mais sans (ou si peu de) ressources, concentrés dans des emplois informels sans (ou avec si peu) de protection sociale.
- La croissance économique est dominée par les contraintes financières et soumise à la logique d'une « économie casino » : les besoins de financement croissants conduisent à privilégier la variation des taux d'intérêt pour attirer les capitaux en nombre suffisant. La hausse - parfois vertigineuse - des taux d'intérêt s'avère souvent incapable de freiner la fuite massive des capitaux et d'empêcher de fortes dévaluations de la monnaie nationale.
-
Les négociations difficiles avec le FMI afin d'obtenir un « blindage financier » dont les termes - invariables malgré tant d'échecs - se limitent à une réduction drastique des dépenses publiques. Cela précipite le ralentissement économique vers une forte récession, voire une crise profonde, et accroît inévitablement la pauvreté.
- Après un temps plus ou moins long, cette politique conduit à une accélération des exportations, à un desserrement des contraintes internationales, à une entrée de capitaux, enfin à une reprise de l'activité économique sans que pour autant la situation des pauvres ne puisse être améliorée dans un premier temps. Mais, les mêmes causes engendrant les mêmes effets, à la phase expansive du cycle succède de nouveau une phase dépressive.
-
- Comment sortir de ce cercle vicieux ?
- L'enjeu de la nouvelle politique économique du gouvernement de Lula est...de ne pas répéter les erreurs passées, en les justifiant ensuite par le poids des contraintes internationales. Il ne s'agit donc pas de nier ces contraintes ou de raisonner comme si elles n'existaient pas, mais au contraire de définir les mesures économiques alternatives à celles qui furent prises par le précédent gouvernement, avec « un coup d'avance », comme aux échecs, et d'éviter ainsi de réagir à chaud par des réactions non anticipées.
- Notons que le poids de la dette externe est très proche de 60 % du PIB, soit à un niveau apparemment supportable (ce poids est égal au plafond imposé aux pays européens, pour entrer dans l'euro, par le traité de Maastricht).
- D'un point de vue financier interne, les contraintes semblent se desserrer avec la réduction de ses besoins de financement. Les possibilités de changer de politique économique en sont facilitées. Mais, dans la mesure où le Brésil reste une économie relativement fermée, la gestion de la dette publique (interne et externe) est très difficile tant que les exportations n'augmentent pas durablement à un niveau plus soutenu que par le passé.
- Le nouveau gouvernement s'est cependant engagé sur deux plans : dégager un excédent budgétaire avant paiement des intérêts de la dette publique (excédent dit « primaire ») et honorer la dette externe.
- Mais les dépenses nouvelles nécessaires à l'accomplissement du programme de Lula ne peuvent être effectuées par un simple redéploiement des dépenses, tant elles sont importantes. Elles vont donc se heurter au service de la dette publique. On ne peut espérer non plus dans un avenir proche une re-dynamisation de l'économie, à un niveau tel, que l'augmentation des recettes fiscales puisse compenser celle des dépenses. De même, on ne peut espérer, dans un avenir proche, une augmentation des recettes obtenue par une modification de la fiscalité dans un sens de plus grande justice face à l'impôt. On peut donc prévoir que la mise en place du programme du nouveau gouvernement le conduira à vouloir affecter l'excédent budgétaire aux dépenses publiques plus qu'au service de la dette publique, choix de justice sociale, sauf à renvoyer aux « calendes grecques » les principales réformes et à se limiter aux petites réformes et à la gestion du symbolique.
-
-
Négliger ces contraintes peut conduire à une réapparition brutale de l'inflation. Se soumettre à elles serait favoriser la croissance des inégalités. La voie est étroite.
-
-
Le nouveau gouvernement a accepté de dégager un excédent primaire de son budget pour assurer le service de la dette publique. Il a maintenu, voire légèrement augmenté les taux d'intérêt. Dès son arrivée au pouvoir, il a donc accepté des contraintes imposées par le Fonds monétaire international et les marchés financiers internationaux dans l'espoir de laisser ouvertes les possibilités d'emprunter à l'étranger et de rassu-
rer les investisseurs étrangers et nationaux afin qu'ils laissent au Brésil leurs capitaux. Ces contraintes, si elles sont respectées, peuvent cependant obérer l'application de son programme social. Il est possible de changer de mode de croissance. La voie est étroite, mais elle existe. L'augmentation des très bas revenus, motivée pour des raisons éthiques, et le programme « fome » sont de nature à impulser une dynamique nouvelle à un marché interne atone, source de créations d'emplois nombreuses et un nouveau mode de croissance de l'économie. Dynamiser ce marché répond à un choix éthico-politique certes, mais constitue aussi une alternative à la logique économique des années 90 qui n'acceptait comme principales variables d'ajustement que la manipulation des taux d'intérêt et les coupes dans les dépenses publiques.
- L'augmentation des revenus des catégories les plus défavorisées donne parallèlement une impulsion au marché interne rendu atone par le maintien des inégalités à un niveau très élevé, sans que, pour autant, cela entraîne des importations massives (le Brésil est une économie relativement fermée : la demande des catégories les plus pauvres porte sur des biens qui peuvent être produits localement et l'effet de la croissance de leur niveau de vie n'en est que plus important sur le développement du pays).
- Une telle évolution ne peut cependant venir du libre fonctionnement des seules lois du marché et nécessite une politique industrielle active, faite de subventions et d'allégements fiscaux dans certains secteurs considérés comme stratégiques. Dans l'immédiat,
ce soutien à la demande, même modeste, peut permettre d'augmenter légèrement la croissance et rompre avec la tendance à la quasi-stagnation économique dans laquelle est entré le Brésil depuis 2001.
- Ce choix d'une augmentation de certains revenus doit être complété, pour être efficace, par un effort massif pour la formation et l'éducation, en sachant que le coût budgétaire en sera élevé.
- Enfin, la réforme du système de santé et celle de l'attribution de retraites surtout à ceux qui, situés dans des emplois informels, n'ont jamais cotisé, constituent des objectifs importants mais dont le coût sera très important.
-
- Pour réaliser son programme social, le gouvernement de Lula ne pourra pas respecter ses engagements d'honorer la dette auprès des institutions financières internationales...
- La redistribution des revenus donne de nouvelles possibilités pour la valorisation du capital. L'enjeu consiste donc à réduire les investissements rentiers et à augmenter en échange l'effort d'investissement créateur d'emplois et de revenus salariaux. Mais cette redistribution des revenus a une conséquence : l'augmentation des dépenses publiques qui remettra en question la discipline fiscale que le gouvernement a acceptée.
- L'augmentation des dépenses publiques sera certes facilitée lorsque la croissance sera de retour et que la réforme fiscale sera votée. Mais ce retour de la croissance dépend lui-même de la hausse du pouvoir d'achat des catégories sociales les plus modestes et donc de l'application rapide du programme social.
- A contrario, respecter les engagements pris devant les institutions financières internationales conduirait à reproduire la politique des gouvernements précédents. Etablir de nouveaux rapports de forces internationaux aiderait à ne pas retomber dans ce passé.
- C'est pourquoi le rôle du Mercosur est un enjeu si important : créé pour établir une zone de libre échange, sa consolidation peut aussi permettre de négocier de meilleures conditions pour l'excédent budgétaire et le service de la dette.
-
- Le Parti Socialiste doit-il tirer des leçons de l'expérience gouvernementale du Parti des Travailleurs brésilien ?
- Pierre Salama : N'étant membre d'aucun parti, je n'ai pas de conseils particuliers à donner au PS. Mais tous les électeurs, courants et partis de la gauche doivent évidemment se sentir concernés par le PT brésilien, qui a le privilège d'être le parti commun de toute la gauche brésilienne.
-
-
-
-
- Après un reportage en Guadeloupe (voir D&S n" 100), nous avons rencontré Jean Crusol, secrétaire fédéral du Parti socialiste, qui, depuis Fort-de-France, évoque la situation sociale et politique de la Martinique.
-
- D&S. - Le retour de la droite au pouvoir a-t-il modifié la situation sociale ?
- Jean Crusol. - Depuis l'arrivée de la droite, la contestation sociale revient en première ligne. Les jeunes, (menace contre emplois-jeunes), l'Université (encadrement insuffisant), les retraités (menace contre la retraite) sont dans la rue. Le travail réalisé en matière de dialogue social, au cours de ces dernières années avait permis de diviser par trois le nombre de journées de travail perdues. Mais l'arrogance des patrons reprend le dessus et les grèves reprennent de l'ampleur.
-
- Peux-tu nous parler de la situation de la gauche martiniquaise ?
- La gauche démocratique martiniquaise doit absolument s'unir. Elle est largement majoritaire dans l'électoral. Mais jusqu'ici, s'étant présentée divisée aux élections, elle réalise moins que son potentiel. Le mode de scrutin prévu pour les prochaines régionales, par ailleurs anti-démocratique, forcera la gauche à
s'unir, car si elle se présente divisée comme ce fut le cas au cours de ces dernières consultations, elle sera laminée. Bien sûr l'alliance suppose projets, débat, compromis et engagements sur une plateforme commune.
-
- Comment vous situez-vous par rapport à la question indépendantiste ?
- Nous socialistes sommes pour une évolution institutionnelle maîtrisée. Plus de
responsabilité, plus de capacité de décision. Plus de démocratie locale aussi. Mais ayant pu jugé des résultats des indépendances autour de nous, et connaissant les contraintes et les risques du capitalisme mondialisé, nous souhaitons évoluer en restant au sein de la République Française et dans l'Union Européenne. Quant aux indépendantistes qui dirigent la Région, ce sont des populistes étroitement alliés à la droite depuis leur élection. Leur seul véritable objectif est la confiscation du pouvoir à leur profit partisan et... personnel. Leur comportement et leurs méthodes augurent bien du sort sinistre que connaîtrait, avec eux, une Martinique indépendante!
-
- Comment les militants socialistes ont-ils réagi après le 21 avril ?
- Bien sûr, ici comme ailleurs les militants ont été profondément choqués. Le résultat était injuste eu égard à ce que le gouvernement de la gauche plurielle avait réalisé. Mais, dans nos contrées on connaît l'injustice. Quant elle vous tombe dessus il faut préparer le prochain coup. Ce que nous avons fait et...nous avons eu notre premier député socialiste martiniquais pour le nouveau siècle, Louis-Joseph Manscour.
-
- Qu'attends-tu de la nouvelle direction socialiste qui se mettra en place après le congrès de Dijon ?
-
J'espère un peu moins de mépris et d'arrogance dans toute nouvelle équipe dirigeante.
- RECUEILLI PAR CICERO PICAS
-
- BILLET
- LA GUERRE EST LA CONTINUATION DE LA POLITIQUE PAR D'AUTRES MOYENS
- -
A Cuba, il y avait la mafia, des casinos, des riches et de l'argent sale à protéger. Alors, à Cuba, le Président américain Eisenhower a soutenu militairement le dictateur Batista et ses troupes ont débarqué à la Baie des Cochons.
-
- -
A Saigon, il y avait Ho Chi Minh qui voulait installer un régime qui ne plaisait pas. Alors, à Saigon le Président américain Johnson a aidé les généraux dictateurs du Sud Vietnam et ses troupes ont fait des millions de morts.
-
- A Santiago du Chili, il y avait des nationalisations qui gênaient leurs entreprises. Alors, à Santiago, le Président américain Nixon a poussé le général dictateur Pinochet et la CIA a fait fusiller dans les stades.
- - A Panama, il y avait un canal vital pour leurs intérêts en Amérique Latine. Alors, à Panama, le Président américain Nixon a fabriqué le dictateur Noriega.
- - A Kaboul, il y avait un pipe line pour leur acheminer le pétrole depuis le Tadjikistan. Alors, à Kaboul, le Président américain Bush senior a armé et formé les dictateurs Talibans. Puis, après le 11 septembre 2001, il les a attaqués, et il a installé comme président afghan, le salarié d'un consortium pétrolier américain.
-
- A Caracas, il y a un président élu à une très large majorité par le peuple, qui contrôle le pétrole et veut mener une politique sociale, alors le président Bush soutient tous les médias et financiers qui cherchent à le déstabiliser.
-
- A Bagdad, il y a un cinquième du pétrole mondial. Alors, à Bagdad, le Président américain Bush junior veut renverser le dictateur. CHRISTIAN GOURDET
|
-
-
-
-
- Je vous présente mes meilleurs vœux pour que 2003 soit meilleure pour la gauche que 2002. Je pense qu'il faut que le PS s'ancre plus à gauche et change de direction... Je vais me munir d'un ordinateur dans le courant de cette année et vous ferais parvenir mon adresse électronique. Je vous fais parvenir le renouvellement de mon abonnement à « D&S » ainsi que ma signature pour l'appel à « l'ancrage à gauche du parti socialiste". M.C. (17)
-
- Lors de notre départ de Nantes (septembre 2002) nous nous sommes salués et encouragés à s'écrire... Semaines et mois ont passé, mais la conjoncture actuelle m'encourage à reprendre contact. Nous sommes une petite section (14 adhérents) majoritairement Gauche socialiste et depuis fort longtemps en conflit avec le fédéral. Nous suivons avec passion les débats qui se déroulent tant dans le cadre du département qu'au niveau national. Nous sommes en plein désarroi : la Gauche socialiste se fractionne. Quels sont les problèmes de fond qui peuvent ainsi nous diviser ? N'assistons-nous qu'à une bataille d'hommes, qui fut, hélas, trop souvent le cas au PS ? Nous errons du Nouveau parti socialiste à la Gauche socialiste. Ne peut-on pas créer une « majorité » ou une « minorité » nettement influente ? Les camarades de la section m'encouragent à vous écrire et espèrent que vous pourrez apporter quelques éclaircissements.
- Sincères amitiés socialistes, L T. (21) militant dans le courant socialiste depuis 1936
-
- Je suis surpris de ne pas avoir les n° 99 et 100 de « D&S », je pense qu'ils ont dû paraître. Je compte sur vous pour le recevoir ainsi que les prochains numéros. Ma situation de chômeur est 12,70 euros par jour, peut-on vivre avec cela ? Je vous remercie de votre compréhension militante, je vous joins un CV au cas où vous pourriez trouver dans vos connaissances quelqu'un qui pourrait m'aider à trouver un emploi. Je vous prie d'agréer, chers amis, mes salutations fraternelles,
- J.-P. R. 92
-
-
Je vous informe que je viens de signer la contribution thématique sur les retraites, pour plusieurs raisons :
-
1. Nous aurons droit à un référendum sur le sujet et les "nantis de fonctionnaires" seront balayés par les 40 annuités et plus...
-
2. La gauche, en ses bons temps a toujours revendiqué l'égalité pour tous : il est temps de vraiment partager le travail : place aux jeunes...
- 3. Enfin pour une raison plus personnelle : pour ma dernière fille, intermittente du spectacle : elle a 33 ans, je vois comment elle vit et je frémis à l'évocation du montant de sa retraite dans... x... années. Cordialement à tous, J.-M. L.
-
- Mais où va l'Europe ?
- Nous avions jusqu'ici l'Europe des marchands. Et voici maintenant l'Europe des bellicistes. Huit pays dont la Pologne et la république tchèque (avec Vaclav Havel !) approuvent une intervention armée contre l'Irak. Questions : qu'en disent le Pse ainsi que l'Internationale socialiste ? Quelle réaction du PS et des députés européens de notre parti ? Amitiés.
C.D. (73) (militant Nps, je signe l'appel "ancrer le parti socialiste à gauche).
-
- Cher camarade,
- J'ai longuement hésité avant de signer mon chèque de réabonnement à D&S. Je n'ignore pas l'investissement qui est le vôtre pour que vive ce mensuel, qui est un rouage essentiel de la presse militante de gauche. Pourtant je ne comprends pas, j'étais comme vous Gauche socialiste, j'ai adhéré avec d'autres camarades à Nouveau Monde, nous restons tous fidèles aux idéaux de la Gs, Arnaud Montebourg, je ne connais pas, mais je n'ai rien contre, mais attention à qui vous représente dans Nps localement... Nous étions 8 000 à Nîmes samedi 1er février, peu de socialistes, mais le peuple de gauche n'a pas disparu, ne le décevons pas encore une fois pour un plat de lentilles... Amitiés socialistes, M.F. (30)
-
- Ci-joint mon chèque de renouvellement à D&S. Je voudrais en profiter pour faire quelques commentaires sur la situation de la gauche. En 1997, le programme législatif du Parti socialiste me donnant entière satisfaction, j'ai éprouvé le besoin de prendre une carte et à nouveau de militer. En avril 2001, je renvoyais cette même carte à François Hollande en lui expliquant ma démarche et les raisons de ma profonde déception. En résumé, je pense que seul 20 à 30 % de ce programme a été mis en oeuvre. Si rien ne changeait une défaite électorale en 2002 était prévisible, et je n'étais pas le seul à être de cet avis. (...) Je vais me permettre de donner un "bon conseil" à la direction actuelle du Parti socialiste et à sa majorité : si la direction actuelle ne change pas au prochain congrès, nous subirons à nouveau une "déculottée" électorale.
J.-P. D. (67)
-
-
-
-
- La section PS de Londres était bien entendu présente à la manifestation contre la guerre de Blair et de Bush ce samedi 15 février. Ce fut une manifestation historique: il s'agit de la plus importante manifestation de l'histoire du Royaume-uni ! La police parle de 800.000 manifestants; la BBC de 1,2 million et les organisateurs de l'événement de 2 millions !
- Il y a deux semaines à peine Blair affirmait à son complice Bush qu'il parlait au nom de l'Europe. Aujourd'hui, il apparaît que la plus forte mobilisation mondiale à la guerre se trouve dans propre son pays!
- L'affluence était telle que la police avait imposé deux cortèges. L'un partait du nord (Gower Street), l'autre d'Embankment (West End) et devait fusionner à Picadilly Circus pour ensuite converger vers Hyde Park pour écouter des interventions de personnalités politiques.
- Les socialistes français se retrouvent à Gower Street vers 12 h. Le cortège se met en route vers 12 h 30. Nous piétinons sur place et progressons péniblement sous un froid sec tellement la rue est engorgée. Nous parvenons aux environs de Picadilly Circus (située à peine 3-4 kilomètres du point de départ) près de 4 heures après le début de la marche ! La composition sociologique du cortège me frappe: la gauche traditionnelle (partis, syndicats) est assez discrète. Ce sont des Britanniques moyens qui manifestent, la plupart affirmant dans les médias qu'ils n'avaient jamais manifesté de leur vie!
- Exceptée la gauche militante, les Britanniques après plus de deux décennies de thatcherisme et de blairisme n'ont pas du tout la culture de la manifestation, à l'inverse, par exemple, des Français. C'est donc en soi un événement.
- Je regarde autour de moi : je vois beaucoup de jeunes gamins (certains dans des poussettes !), des ados, des familles très diverses venues des quatre coins du pays, des petites vieilles, des chrétiens révulsés par le bellicisme de Blair, des "bobos", des gens sans passé, ni engagement politique particulier, des musulmans.
-
Très peu de slogans, peu de bruit, mais une ambiance très pacifique, un peu grave et surtout très déterminée.
- Beaucoup de pancartes hostiles à Bush: un Bush décrit en "belliciste", "crétin", "impérialiste", "irresponsable", "brutal". Blair n'est pas épargné non plus: "marionnette", "caniche", "belliciste", "arrogant", "autoritaire". Quelques pancartes disent: "D'accord pour un changement de régime, mais en Grande-Bretagne".
-
Je ne peux parvenir jusque Hyde Park, car il y a trop de monde et tout est bloqué aux alentours de Picadilly Circus. De retour chez moi, je vois à la télévision les interventions politiques : Tony Benn, ex-ministre et la star de la gauche travailliste, Michael Foot, ex-leader du Labour dans les années 80, Bianca Jagger, le révérend Jessie Jackson, Charles Kennedy (leader des Libéraux-démocrates, sorte d'UDF britannique !), l'écrivain Harold Pinter ("II faut s'opposer de toutes nos forces à l'impérialisme US, le plus grand danger actuel"); le député travailliste George Galloway ("Je préfère manger du fromage sur les bords de la Seine en lisant Sartre que de bouffer du pop-corn au Texas, la capitale mondiale de l'exécution"), Mo Mowlan ex-ministre de Blair pour l'Irlande du Nord, etc.
- Ce qui me surprend c'est le degré de haine et rancoeur à l'encontre de Blair, décrit par le Britannique de la rue comme "arrogant", "autoritaire", "coupé de la réalité", "belliciste évangélique".
- La position anti-guerre des Français, Allemands et Belges est très très appréciée des Britanniques et d'un partie croissante des médias (décrite par nombre d'entre-eux comme la "New Europe"). Camarades, ce fut une grande victoire contre la brutalité et la pauvreté des arguments employés par Blair et Bush qui ont choqué et révolté les Britanniques. Comme me disait l'un d'entre-eux: "Blair nous prend pour des cons et nous lui montrons aujourd'hui ce que nous pensons de son arrogance". Ce soir, un Blair livide a déclaré que plus d'un million de personnes dans les rues de Londres (d'autres manifestations avaient lieu au même moment a Glasgow, Dublin et Belfast) ne changeait pas les données du problème: il estime qu'il existe toujours un "impératif moral" en faveur de la guerre. Camarades, réjouissons-nous de la très belle et grande leçon de démocratie que vient d'infliger le peuple britannique à Blair et Bush. Tous ensembles, nous pouvons arrêter la croisade de Blair et de Bush. Depuis cet après-midi, j'y crois sincèrement.
-
PHILIPPE MARLIERE. SECRETAIRE DE SECTION PS - LONDRES
-
-
-
- Les Etats-Unis envahissent le Mexique
-
- Ce n'est pas la première fois que les USA pratiquent la guerre préventive. Tout en affirmant "nous ne prenons rien par conquête, Dieu merci", ils organisèrent en 1845, la provocation qui leur permit d'envahir le Mexique et de conquérir d'immenses territoires.
- Alors que l'acquisition de la Louisiane par Jefferson avait doublé le territoire des Etats-unis en l'étendant jusqu'aux Rocheuses. Au sud-ouest se trouvait le Mexique, qui avait pris son indépendance après une guerre révolutionnaire contre l'Espagne en 1821 - un vaste territoire qui incluait le Texas, et ces domaines qui forment aujourd'hui le Nouveau-Mexique, l'Utah, l'Arizona, la Californie, le Nevada ainsi qu'une partie du Colorado. En 1836, après un soulèvement organisé avec le soutien des Etats-unis, le Texas s'était séparé du Mexique pour se proclamer "république à une seule étoile". En 1845, le Congrès américain l'intégrait dans l'Union à part entière. Le président James Polk donna l'ordre aux troupes du Général Taylor d'avancer jusqu'au Rio Grande, ce qui était une véritable provocation pour Mexico. La Démocratie Review, en été 1845, écrivit : "c'est la destinée manifeste du peuple américain de se répandre sur le continent"...
- Au printemps 1846, le Général Taylor cherchait un incident militaire. Le président James Polk exprima sa crainte que les Mexicains commettent des "actes agressifs". Puis il constata que "la guerre avait commencé malgré tous nos efforts pour l'éviter"... "Par la faute du Mexique lui-même, nous devons par devoir et par patriotisme faire valoir nos droits, notre honneur et les intérêts de notre pays". "C'était en fait exactement l'inverse. Le Président Polk avait provoqué la guerre en envoyant des soldats américains dans ce qui était un territoire certes disputé mais historiquement peuplé et contrôlé par les Mexicains" écrivit John Schröder dans son "Mr Polk's War". "La masse de documents officiels accompagnant la proposition de guerre ne fut pas même examinée. Le débat sur les dispositifs prévus pour fournir des volontaires et sur le budget affecté à la guerre ne dura que deux heures, dont la majeure partie fut consacrée à la lecture d'un ensemble de documents divers. Ainsi la véritable discussion sur la question ne dura-t-elle qu'une petite demi-heure.
-
Abraham Lincoln mit le président Polk au défi de dire à quel "emplacement" du sang américain avait été versé "sur le sol américain", il ne reçut jamais de réponse mais ne s'opposa pas à la guerre. Après plusieurs dizaines de milliers de morts dans des combats atroces, le Mexique capitula et les Etats-unis annexèrent le Nouve