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Femmes : de la diversité au mandat unique...

mardi 25 septembre 2007 par Josette Costes

 
Soirée d’élections législatives (1er tour), à la télévision. A droite, un trio féminin : Rachida Dati, Rama Yade, Valérie Pécresse puis Christine Boutin : sourires, couleurs, rires. A gauche, Elisabeth Guigou entre Laurent Fabius et François Hollande*. Effet immédiat : contraste. D’un côté, une brochette de femmes, la diversité, la couleur, la jeunesse, la nouveauté des visages (même si C Boutin n’est pas novice en politique). De l’autre, un trio de personnages qu’on a déjà vus 100 fois à la télé, une attitude qui paraît compassée, des discours qu’on a déjà entendus. On se prend à se rassurer : ouf, il y a une femme (sous-entendu : il aurait pu ne pas y en avoir).

La nouveauté, la surprise, était d’un côté. C’est la droite qui captait les regards, attisait la curiosité. Que s’est-il passé ? Pourquoi ce soir-là, c’est la droite qui incarnait le renouvellement, dans l’évidence de l’image, quand la gauche, faute de l’avoir réalisé dans les faits, ne pouvait que l’invoquer dans le discours ? Mais alors, comment y croire ? Certes, l’apparence ne fait pas la réalité et je ne prends pas la droite pour ce qu‘elle n’est pas.

Certes, c’est la gauche qui présente le plus de candidates mais pour autant, parité et égalité ne sont pas encore au rendez-vous. Alors ? J’ai pensé que ce soir-là, à la télé, le Parti Socialiste payait ce qu’il n’a pas fait quand il était en position de le faire : donner une vraie place à toutes ces femmes et ces hommes, jeunes ou moins jeunes, d’origines diverses, issus ou non de ces minorités que l’on dit visibles, et qui avaient envie de s’engager en politique. Le PS n’a pas su les attirer, pas su retenir celles et ceux qui avaient franchi le pas. Pas assez de goût, de curiosité véritable, d’intérêt réel, de considération pour ces " nouvelles têtes" pourtant si désireuses de s’investir. Pas compris qu’il y avait là un enjeu vital de renouvellement de la vie politique en général, de ses us et coutumes, et du parti socialiste en particulier. Combien d’Azouz Begaz ? Combien de déceptions, de découragements, de rancoeur devant l’indifférence, l’atermoiement, l’inertie ? On peut toujours parler "d’ouvrir les fenêtres". Pour les uns, c’est trop tard et les autres restent dubitatifs. Comment croire à un discours contredit par les actes ?

Certes, la question est complexe. Faisons tout pour la traiter réellement et en profondeur dans les mois à venir. Mais il faut des mesures phares, des actes symboliques, il faut l’évidence d’un réel changement. Pourquoi ne pas commencer par une mesure simple, immédiatement compréhensible : le mandat unique dans le temps ? Cette mesure, jointe à la parité des candidatures, organise le renouvellement systématique des personnalités élues. Ce serait un appel d’air formidable, qui mettrait un coup d’arrêt à ces tractations plus ou moins obscures, à ces marchandages pour désigner les candidat(e)s. Combien de courants, combien d’hommes et de femmes, de jeunes et de moins jeunes etc. alors que la plupart des sortant-es se représentent et qu’il ne reste qu’une portion congrue pour le renouvellement ? Il faut trouver des structures qui assurent la circulation des personnes et des idées, qui organisent le débat, qui favorisent l’expression de toutes et tous et pas seulement des ténors ou des responsables. Le mandat unique dans le temps peut être un outil. Pourquoi ne pas l’envisager pour les prochaines élections, à savoir les municipales ? Nous aurions alors à grande échelle une expérimentation dont nous pourrions très utilement tirer les leçons pour gagner les élections de 2012. Et ne plus rester défaite devant un écran de télévision où la droite est en couleur et la gauche en noir et blanc.

Josette Costes


(* ou leurs homologues)

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