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Manifestation UMP

Pourquoi, à Neuilly, ne prennent-ils pas leurs vélos ?

lundi 19 novembre 2007 par Jean-Jacques Chavigné

 
C’est vraiment la pagaïe ! Le dimanche 18 novembre, l’UMP était à la fois dans la rue et au ministère de l’Intérieur. Pourtant, les chiffres n’avaient jamais été aussi dissemblables : 8 000 selon la police, 25 à 30 000 selon les organisateurs… Une chose est sûre, l’UMP étant à la fois juge et partie, à l’Intérieur et dans la rue, le chiffre réel des manifestants devait être bien inférieur à 8 000.

« Grévistes égoïstes ! » scandaient les manifestants venus, pour beaucoup, des quartiers chics et des banlieues huppées. Eux, ne feront jamais grève : il faut leur reconnaître ce sens de la réalité. Ils savent pertinemment que s’ils arrêtaient brutalement de compter leurs dividendes personne ne s’en apercevrait. Une grève de rentiers ne gêne personne.

« Grévistes égoïstes ! » s’époumonaient-ils. Eux, bien sûr manifestaient pour « le bien commun » et « les usagers ». Deux mots qu’ils ignorent ou haïssent les autres jours de la semaine. En réalité, dimanche, ils défendaient avec âpreté l’accroissement de leur part de la richesse nationale. Entre 1998 et 2005, le revenu moyen à augmenté d’un peu plus de 4 % alors que les revenus des 35 000 ménages les plus riches augmentaient de 32 % et ceux des 3 500 ménages les plus riches de 42,6 %. Ils veulent que cela continue de plus belle, que le pactole coule toujours plus à flots. C’est pour cela qu’ils étaient dans la rue, malgré les morsures du froid dont le cachemire les protégeait si peu. Ils savent que la meilleure garantie pour accroître encore leur part du gâteau, c’est Sarkozy. Alors ils manifestaient pour le soutenir, se gardant bien de dévoiler leur véritable mot d’ordre : « Toujours plus ! »

Certains de ces manifestants portaient des bonnets phrygiens. Ils arboraient, l’espace d’un dimanche après-midi, ces signes révolutionnaires que le reste du temps ils abominent. « Liberté, liberté chérie » que de sacrifices n’auront-ils fait en ton nom ? Etre obligé de s’égosiller « A la Bastille ! » quand on aimerait tant clamer « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ». N’était-ce pas d’ailleurs la réponse de Christine Lagarde aux salariés ulcérés par l’augmentation du prix de l’essence lorsqu’elle leur conseillait de prendre leur vélo ? Pourquoi n’est-elle pas venue, dimanche, donner le même avis éclairé aux manifestants de Neuilly et du seizième arrondissement ?

Jean-Jacques Chavigné

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