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La pilule a 40 ans

dimanche 10 février 2008 par Virginie Houadec

 
Il y a encore 40 ans, information et accès à la contraception étaient interdits par la " loi de 1920 ". Mitterand mettait la pilule dans son programme de campagne à l’élection présidentielle de 1965 et De Gaulle jugeait cette initiative indécente. 11 propositions de loi seront présentées par la gauche de 1956 à 1967, toutes repoussées au motif que les françaises ne feraient plus d’enfants.

La pilule contraceptive mise au point par Pincus en 1956 sera distribuée par le Mouvement Français pour le Planning familial à ses adhérentes (100 000 à l’époque) jusqu’à l’adoption de la loi Neuwirth en 1967.

Des acquis

Régulation des naissances, prévention de l’avortement, droit d’exercer sa sexualité sans contrainte : la contraception fait partie aujourd’hui de la vie quotidienne des françaises. 80 à 85% des naissances sont planifiées contre 15% dans les années 60 (INED).La pilule a donné la possibilité aux femmes de maîtriser leur procréation.

Des évolutions dans les comportements

L’INSERM note dans sa dernière enquête sur les comportements sexuels des femmes de évolutions marquantes. Concernant tout d’abord, l’âge du premier rapport qui rejoint celui des hommes : 17,6 ans en moyenne pour les filles, contre 17,2 pour les garçons. La vie sexuelle après 50 ans chez les femmes en couple est revendiquée. L’homosexualité féminine est, sinon en hausse, du moins plus souvent avouée. 4% des femmes déclarent avoir eu des rapports sexuels avec une autre femme au cours de leur vie, une proportion proche de celle des hommes (4,1%). En 1992, elles n’étaient que 2,6% à déclarer avoir eu une telle relation. Enfin, la croissance des rencontres par le biais de sites internet. 9,6% des femmes et 13,1% des hommes de 18 à 69 ans se sont déjà connectés sur Internet. Un homme sur dix entre 20 et 24 ans a déjà eu des rapports sexuels avec une personne rencontrée sur Internet, contre 6% des femmes.

Des problèmes récurrents

Des problèmes importants subsistent concernant les campagnes d’information sur la contraception et en tout premier lieu, la rareté et le manque de régularité : 1993, 1999, 2007. Or il y a nécessité de campagnes annuelles.

Paradoxalement alors que la contraception est fortement médicalisée en France, les études médicales ne consacrent qu’une part infime à la contraception et les seuls moyens contraceptifs étudiés sont les méthodes hormonales (dont la pilule) et celles stérilet. Le diaphragme n’est jamais évoqué comme moyen de contraception dans les cours des futurs médecins.

Il faut évoquer également le non remboursement de certains moyens de contraception qui pose une réelle inégalité d’accès à ce droit. Si comme le dit l’actuelle campagne du ministère de la santé "La meilleure contraception est celle qu’on choisit" pourquoi ne pas rembourser systématiquement l’ensemble des moyens de contraception.

Un rêve

En attendant l’implication des hommes, et d’éventuelles recherches sur la contraception masculine, laissons le mot de la fin à Diane Keaton dans Tout peut arriver de Nancy Meyers- 2003 répondant à la question de Jack Nicholson " - c’est quoi ton moyen de contraception ? - la ménopause ! "

Virginie Houadec

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