Démocratie & Socialisme
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Ordre et désordre mondial

jeudi 13 septembre 2001

 
Depuis 1989, année de la chute du mur de Berlin, 1991, année de l’effondrement de l’URSS et de la guerre du Golfe, un des leitmotiv de la propagande américaine, c’est qu’un "nouvel ordre mondial" s’était instauré. Fukuyama s’était même permis de parler de "fin de l’histoire" prétendant que le capitalisme avait vaincu... sur la planète.

Nous étions quelques uns à ne pas reprendre volontiers cette expression : car il nous semblait qu’il s’agissait d’un "désordre mondial" et non d’un "ordre nouveau". Jusqu’à cette date, la dictature bureaucratique en URSS avait contribué à l’ordre bipolaire crée depuis les conférences d’après-guerre à Yalta, Potsdam et Téhéran. Staline, avec Roosevelt et Churchill avaient contribué à définir un partage de la planète qui impliquait que chaque pôle fasse sa propre police dans son propre camp. Peu de luttes de libération nationales, peu de conflits sociaux échappaient aux deux principaux maîtres de la guerre froide puis de la coexistence pacifique instituée. Tout était contrôlé, les vietnamiens, les cubains, même Carlos ou les brigades rouges.

Cet ordre là s’est effondré avec l’URSS : les USA se sont retrouvés seuls à tenter de faire régner "leur" ordre dans le monde. Or une seule puissance même forte ne pouvait remplacer le partage antérieur des rôles. D’où l’avènement, peu à peu d’un désordre généralisé : conflits nationalistes partout dans le monde, morcellement des forces, soulèvements épars, terrorisme international, zones de non droit... On comptait en 1999, 27 conflits majeurs dans 25 pays - dont la majorité dans un cadre infra-étatique. Les ventes d’armes progressent : + 26 % au Pakistan et Inde. En Afrique subsaharienne, 47 états ont accepté les programmes de privatisation imposés par la banque mondiale : il en résulte la création de société privées de mercenaires. Le "club" des puissances nucléaires s’élargit : Inde, Pakistan, Israël, Irak, Iran, Corée du Nord...des matériaux dangereux circulent...

De la guerre du Golfe à celles de l’ex- Yougoslavie, et de l’Asie centrale, c’est plutôt le désordre qui s’étend. On ne peut pas dire que les USA réussissent à s’imposer : leurs interventions sont des fiascos qui coûtent cher. L’Iran est toujours au ban mais tient bon. Cuba résiste au boycott. Saddam Hussein est toujours là. En Macédoine, ça continue. Les Palestiniens se défendent. Les ripostes aux réseaux ben Laden de 1993 à 2001 ont échoué et le pire est arrivé à New York. Bush veut un bouclier antimissile mais il se contourne avec des cutters... Mais les USA vendent 50 % des armes dans le monde (la Russie 13 %, la France 10 %, la Grande Bretagne 6,5 %...). Non décidément la mondialisation libérale n’apporte pas la paix...

Et voilà que Washington part encore une fois en guerre, en Afghanistan, l’un des pays les plus pauvres du monde mais où les troupes britanniques ont déjà échoué il y a un siècle, ainsi que, plus récemment, les troupes soviétiques...

Est-ce un nouvel ordre ou la prolongation du désordre ? Ce pourquoi nous luttons, ce n’est pas pour le désordre libéral mondial mais pour un nouvel ordre économique social mondial.

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