Démocratie & Socialisme
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Crise financière

Une leçon de chose pour les salariés

jeudi 9 octobre 2008 par Jean-Jacques Chavigné

 

Lorsque les salariés de la SNCF, de la RATP ou les « aiguilleurs du ciel » font grève, la droite et le patronat n’ont pas de mots assez durs pour condamner cette « prise en otage des usagers ».

Mais ce que fait la finance, ce que font les banques aujourd’hui c’est une prise d’otage d’une toute autre ampleur même si le gouvernement, la droite, le Medef se gardent bien d’employer un terme aussi péjoratif. C’est l’ensemble de l’économie mondiale qu’ils prennent en otage !

Les banques avaient déjà, il y a un an, obtenu que les banques centrales mettent à leur disposition des centaines de milliards de crédit à des taux défiant toute concurrence. Aujourd’hui, ce n’est plus des crédits que demandent les banques mais le rachat pur et simple de leurs créances pourries. Et les gouvernements cèdent les uns après les autres, rachètent les banques en faillite et mettent des centaines de milliards sur la table pour racheter ces créances pourries des banques auxquelles ils veulent éviter la banqueroute. Ils peuvent difficilement faire autrement, les spéculations effrénées des banques et de la finance ont entraîné la planète au bord d’une crise à côté de laquelle celle de 1929 pourrait faire figure de simple répétition générale. Les gouvernements cèdent à leur exigence parce qu’ils ont su créé le rapport de forces nécessaires en prenant en otage l’ensemble de l’économie.

Les salariés devraient en tirer la leçon qui s’impose : l’attitude des gouvernements face à ces « prises d’otages » n’a rien à voir avec la morale dont se pare la droite lorsqu’elle attaque les cheminots ou les salariés de la RATP.

Au contraire même, car lorsque les salariés se mobilisent, c’est pour défendre leurs emplois, leurs salaires, leurs retraites alors que les banques, les spéculateurs font leur chantage au chaos uniquement pour leur soit évitée la sanction de leur fiasco spéculatif. Si leurs spéculations avaient été gagnantes, ils auraient empoché des centaines de milliards d’euros sur le dos de ceux qui créent les seules vraies richesses : les salariés. Leurs spéculations échouent, ils ne veulent rien savoir, veulent retrouver leurs mises de fonds et prennent l’ensemble de la société en otage. Ce qui n’empêchera pas le Medef de continuer à affirmer que le profit c’est le « prix du risque ».

Les salariés devraient méditer cette histoire et en tirer toutes les leçons en créant, au niveau national puis européen, un rapport de forces qui obligent les gouvernements à céder à leurs exigences et respecter leurs salaires, leurs conditions de travail, leurs retraites, leurs assurances maladies.

Le rapport de forces, c’est le seul langage que le gouvernement, la droite, le Medef, les patronats européens sont capables d’entendre. Le rapport de forces pour les salariés, c’est la grève, la grève générale, un nouveau Mai 1968, un nouveau Mai 68 européen !

Jean-Jacques Chavigné

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