Démocratie & Socialisme
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Benoît Hamon :
Le seul vote utile, jeudi 20 novembre, pour ancrer le parti à gauche

mardi 18 novembre 2008 par Gérard Filoche, Jean-Jacques Chavigné

 
Au 1er tour d’une élection : on choisit.
Au second tour : on élimine.
C’est ce principe de base qui doit nous guider.

Si Ségolène Royal devait l’emporter dès le 1er tour (ce qui n’a rien de vraisemblable), ce n’est pas le nombre de voix respectivement portées sur Benoît Hamon ou sur Martine Aubry qui ferait la moindre différence.

Au contraire, nous prendrions de risquer de perdre les voix de camarades qui ne sont pas prêts à voter dès le 1er tour pour une candidate (Martine Aubry) qu’ils estiment trop tiède.

Aussi, au 1er tour, pouvons-nous et devons-nous choisir en fonction des orientations politiques défendues par chacun des candidats.

Au 2ème tour, si Martine Aubry arrivait devant Benoît Hamon, il faudrait bien sûr appeler à voter pour elle pour barrer la route à Ségolène Royal, à ses projets d’alliance avec le Modem et de transformation du Parti Socialiste en parti de « supporters », en parti caporalisé où le débat d’idées ne serait plus qu’un lointain souvenir.

Mais la gauche du parti aurait, alors, en cas de victoire de Martine Aubry, d’autant plus de possibilités de peser sur la réorientation du Parti Socialiste que son score aurait été important au 1er tour.

Seule la victoire de Benoît Hamon permettrait au salariat de faire face à la crise sociale qui arrive à grande vitesse

Après avoir généreusement distribué 360 milliards d’euros aux banques et aux assurances, c’est-à-dire aux responsables de la crise financière, Sarkozy entend bien faire payer les frais de cette crise aux salariés, aux jeunes, aux chômeurs, aux retraités.

Les trois candidats mettent aujourd’hui les questions sociales en avant, mais Benoît Hamon est le seul à avoir défendus opiniâtrement, avec constance, des réponses satisfaisantes à ces questions.

Il est le seul à vouloir clairement redistribuer les richesses et augmenter les salaires avec un Smic à 1500 euros bruts et l’indexation des salaires sur les gains de productivité du travail (1 point de plus chaque année que l’inflation).

Il est le seul à défendre les 35 heures alors que même Martine Aubry ne s’exprime pas contre la possibilité de contourner la durée légale du travail par des accords d’entreprise ou de branches.

Il est le seul à défendre la retraite à taux plein à 60 ans et à refuser l’allongement de la durée de cotisation alors que des centaines de milliers de jeunes sont sans travail et que la crise va multiplier leur nombre.

Il est le seul à défendre concrètement l’hôpital public en proposant la suppression de la Taxation à l’activité qui livre cet hôpital aux cliniques privées.

Seule la victoire de Benoît Hamon permettrait de réorienter réellement la construction européenne

Comment attendre de candidates qui ont voté « oui » au projet de Constitution, qui ont accepté le traité de Lisbonne qu’elles puissent proposer une autre orientation à la construction européenne ?

En acceptant ces deux traités (qui sont d’ailleurs identiques dans leur contenu), elles ont laissé se refermer une lourde porte d’acier de plusieurs mètres d’épaisseur. Elles ont laissé remettre les clés de cette énorme porte à la Commission européenne et à la Banque Centrale Et aujourd’hui, elles nous proposent de frapper tous ensemble sur cette porte pour exiger qu’elle soit rouverte. Comment peuvent-elles espérer être crédibles ?

Seule la victoire de Benoît Hamon nous permettra de proposer une réorientation crédible de la construction européenne et pourra nous éviter (bénéfice secondaire mais bénéfice tout de même) de nous faire laminer aux prochaines élections européennes de 2009.

Seule la victoire de Benoît Hamon permettrait de réaliser l’unité de la gauche

Martine Aubry refuse et c’est positif, tout alliance de gouvernement avec le Modem. Mais cela n’est pas suffisant. Pour battre la droite, il faut unir la gauche, le plus largement possible et cela ne pourra pas se faire sur un programme social droitier (Ségolène Royal) ou sur un programme social tiède (Martine Aubry).

C’est encore plus vrai avec la crise sociale qui commence et qui exigera des solutions résolument à gauche pour répondre aux attaques de Sarkozy et aux aspirations des 90 % des habitants de notre pays qui ne touchent pas les dividendes de la politique de la droite mais n’en subissent que les méfaits.

Benoît Hamon est celui qui peut le mieux incarner le renouveau de notre parti.

Il est difficile, en effet, de prétendre que Martine Aubry puisse incarner ce renouveau aux yeux de nos électeurs. Il en va de même avec Ségolène Royal : son orientation politique nous a fait perdre une élection imperdable en 2007 et elle nous propose de remettre ça. Son alliance avec certains « barons » du PS et les concessions qu’elle leur fait n’ont rien à voir avec un quelconque renouveau mais tout à voir avec le fonctionnement de la SFIO dans les années 1960, lorsque les dirigeants des grandes fédérations faisaient la loi et que les militants n’avaient pas droit à la parole.

Jean-Jacques Chavigné, Gérard Filoche

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