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Bayrou vote pour la retraite à 70 ans !

mercredi 19 novembre 2008 par Jean-Jacques Chavigné

 
Bayrou dénonce la "régression sociale" que constituerait le report de l’âge de la mise à retraite d’office de 65 ans à 70 ans. Mais il a voté (voir l’analyse du scrutin 227 sur le site de l’Assemblée Nationale) le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 qui inclut ce passage de la mise à retraite d’office de 65 ans à 70 ans ! A l’unisson avec l’UMP !

Les députés du Parti Socialiste, comme ceux du Parti Communiste ont, bien évidemment, voté contre ce projet.

Le président du Modem est coutumier d’un tel écart entre ses discours et ses actes. Déjà, pendant la mobilisation contre le CPE en 2006, il s’était prononcé contre ce contrat que de Villepin voulait imposer aux jeunes mais avait refusé de voter, le 21 février, la motion de censure présentée par le Parti Socialiste. Il s’agissait pourtant du seul moyen d’empêcher la loi imposant le CPE d’être votée.

Voilà avec quel parti Ségolène Royal et ses partisans souhaitent que nous passions une alliance ! Un parti dont l’un des principaux dirigeants (Jean-François Khan) n’hésite pas écrire qu’il souhaite l’ « explosion du PS » !

Un parti qui ne représente pourtant pas grand-chose

Sa seule force est celle d’avoir été gonflé comme une baudruche par les médias qui l’ont présentés en 2007 comme étant le seul à pouvoir battre Sarkozy au second tour de la présidentielle.

Mais la baudruche s’est rapidement dégonflée : 8% des suffrages à la législatives et 3 % aux dernières municipales. Dans le même temps, le nombre de ses députés se réduisait à trois et Jean-Marie Cavada prenait ses cliques et ses claques.

Seule la volonté de Ségolène Royale, de Manuel Valls ou de Vincent Peillon de maintenir le Modem sous perfusion en en faisant un objet de débat dans notre parti lui permet encore d’exister dans la vie politique.

Un parti qui est pourtant clairement un parti de droite

Le Modem et le Nouveau Centre ont le même groupe parlementaire au Sénat alors que le Nouveau Centre fait partie de la majorité présidentielle et que son président, Hervé Morin est ministre de Nicolas Sarkozy.

Dans les Conseils régionaux, les Conseils généraux et la plupart des municipalités, le Modem s’allie systématiquement à l’UMP et au Nouveau Centre.

Le vice-président du Modem (Jean Peyrelevade) préconise le transfert de 5% de la richesse nationale (90 milliards d’euros par an) « des ménages aux entreprises » c’est-à-dire, en langage clair, des salariés aux actionnaires.

Quant à Bayrou, il exigeait, il y a encore quelques mois, que l’interdiction de tout déficit public soit inscrit dans notre Constitution. Une absurdité qui, avec la crise actuelle, aurait multiplié le nombre de faillites d’entreprises et de licenciements en interdisant tout plan de relance, fut-il aussi chétif que celui mis en place par Sarkozy.

L’alliance avec un tel parti serait, de toute façon, une catastrophe pour notre parti

Tout accord passé avec le Modem remettrait immédiatement en cause les accords que nous aurions pu passer avec les autres organisations de gauche. On ne marie pas l’eau et le feu : pour une voix gagnée à droite, nous en perdrions deux à gauche.

Ségolène Royal veut organiser un référendum sur l’alliance avec le Modem. Chiche !!! Faisons des scrutins du 20 et du 21 novembre un référendum contre l’alliance avec ce morceau de la droite qu’est le Modem.

Jean-Jacques Chavigné

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