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Post-it Palestine n°7

La défense Israël

samedi 7 février 2009 par Philippe Lewandowski

 

L’inconvénient du langage diplomatique habituellement employé dès qu’il est question d’Israël, c’est qu’il n’est in fine compréhensible que pour les joueurs d’échecs. Toutes les déclarations contiennent invariablement une phrase rituelle disant « nous reconnaissons à Israël le droit de se défendre ».

Mais à partir du moment où l’on se penche sur l’histoire de l’État d’Israël, cette défense prend presque tout aussi invariablement une configuration d’attaque, d’offensive et de conquête : la chronologie révèle en effet qu’à l’exception de la guerre du Kippour (1973), tous les conflits militaires ont été provoqués par lui.

L’acquisition systématique de terres a commencé dès les années 20, mais la seconde guerre mondiale change les données du problème. Les dirigeants sionistes saisissent l’occasion pour conquérir par la force ce qu’ils n’avaient pu obtenir par des achats : « À la fin du Mandat, en 1948, la communauté juive possédait environ 5,8 % du territoire de la Palestine » . Grâce à la complicité du royaume jordanien, les nouveaux arrivants parviennent dans un premier temps à conquérir jusqu’à 80 % du territoire palestinien (au lieu des 56 % prévus par le plan de partition de l’ONU).

En 1967, la guerre des six jours aboutit à l’occupation du reste de la Palestine ainsi que du plateau du Golan (Syrie). La colonisation de ces territoires commence dès l’été.

En 1978, les troupes israéliennes occupent une première fois le Liban sud.

Une nouvelle agression suit en 1982, que marque notamment le massacre des Palestiniens des camps de réfugiés de Sabra et de Chatila par des milices chrétiennes libanaises, avec la complicité de l’armée israélienne alors dirigée par Ariel Sharon. En 2000, sa provocation armée sur l’esplanade des mosquées donne naissance à la seconde intifada, qui sert de prétexte à une nouvelle vague de répression – alors que les attentats suicides n’existent pas encore.

2002 est l’année de l’Opération Rempart, autrement dit des massacres de Jenine et de Naplouse.

2006 voit à la fois l’Opération Pluie d’été dans la bande de Gaza et la peu glorieuse (pour Israël) guerre des 33 jours au Liban. Le 27 décembre 2009 débute l’Opération plomb durci : Gaza entre à nouveau dans le collimateur de l’armée israélienne. Les massacres continuent, toujours sous prétexte de défense.

Mieux vaut appeler un chat un chat : lorsqu’ils parlent de la reconnaissance du droit d’Israël de se défendre, les dirigeants sionistes veulent en réalité dire la reconnaissance de droit d’Israël à s’étendre, et n’hésitent pas à commettre des crimes de guerre.

Une formule que ne peuvent bien entendu pas reprendre des diplomaties en mal d’hypocrisie.

Philippe Lewandowski

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