Démocratie & Socialisme
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Le continent englouti

samedi 14 mars 2009 par Jean-Jacques Chavigné

 
Plongeant de 6 à 10 points dans les sondages, trois de ses ministres se cachant derrière des « médiateurs », un Premier ministre inexistant, deux millions et demi de salariés dans les rues le 29 janvier, la Guadeloupe et la Martinique en grève générale, Nicolas Sarkozy répète obstinément : « J’ai été élu pour faire des réformes, je les ferai » !

Il oublie que ce n’est pas ses promesses de « réformes » qui l’ont fait élire mais son affirmation qu’il était possible de «  travailler plus pour gagner plus » et que la réalité aujourd’hui se situe exactement aux antipodes lorsqu’il prône la généralisation du chômage partiel, c’est-à-dire « travailler moins pour gagner moins ».

Il oublie également qu’il n’a jamais annoncé que ces réformes se traduiraient par la baisse du montant des retraites, par des franchises pour l’assurance-maladie, par le recul des salaires, par la privatisation d’EDF, de la Poste et par celles, plus larvées mais encore plus redoutables, de l’Hôpital public, de l’Ecole et de l’Université, par un cadeau fiscal (annuel) de 15 milliards d’euros pour les nantis.

Il avait annoncé « les caisses sont vides » mais elles se sont miraculeusement remplies pour accorder 360 milliards d’euros aux banquiers responsables de la crise financière, pour octroyer, sous prétexte de « relancer les investissement  », des milliards d’euros au patronat dans le seul but de maintenir leurs profits, sans accorder un sou pour les salaires.

Il oublie surtout que depuis son élection, le monde est plongé dans une crise généralisée et que le « paradis » néolibéral anglo-saxon qu’il nous promettait a été englouti par cette crise. La montée massive du chômage, des licenciements, la baisse accélérée des salaires au Royaume Uni et aux Etats-Unis dissipent les dernières illusions sur le « paradis  » de Sarkozy. Le continent néolibéral est aujourd’hui englouti avec les milliers de milliards de crédit, de spéculation boursière, de fonds de pension qui le maintenaient hors de l’eau.

Le continent où il avait promis de nous mener a disparu mais Nicolas Sarkozy maintient le cap ! Michel Audiard dans son fameux dialogue des « Tontons flingueurs » affirmait déjà : « C’est curieux, chez les marins, ce besoin de faire des phrases… »

Jean-Jacques Chavigné

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