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La santé des femmes au travail en France et en Europe

La santé des femmes en France

samedi 25 juillet 2009 par Virginie Houadec

 

Plusieurs publications récentes « La santé des femmes en France », (Drees, La Documentation française), « La santé des femmes au travail en Europe » de Laurent Vogel et un rapport récent de l’OMS montre que comme dans les domaines économiques, politiques, éducatifs, les femmes disposent de droits inégaux et différents en ce qui concerne la santé et l’accès aux soins de santé. Les professionnels de la santé estiment que les inégalités entre les sexes ont conduit à une dévaluation et une négligence systématique de la santé des femmes. L’OMS reconnaît elle-même que « le sexe – le fait biologique d’être un homme ou une femme – et le « genre » – ont un impact important sur la santé. »

En France, l’enquête de la DREES est la première enquête exhaustive menée sur le sujet. Outre un état des lieux, l’ouvrage met également l’accent sur les différences entre hommes et femmes, les disparités territoriales ainsi que les inégalités sociales en matière de santé.

Les grands thèmes, tels que « santé sexuelle et reproductive  », « périnatalité », « maladies infectieuses », « maladies chroniques et vieillissement », « cancers  », « addictions » ou encore « santé mentale » et « précarité et santé ». Les trois dossiers thématiques qui viennent compléter ce panorama portent sur « périnatalité et santé des femmes » qui aborde notamment l’évolution du nombre de maternités et un bilan du plan périnatal, « sexualité, contraception, prévention et rapports de genre » qui présente une synthèse de publications récentes des chercheurs de l’unité mixte Inserm-Ined U822, et « violences, santé et événements difficiles : situation comparée des femmes et des hommes » qui analyse les grandes spécificités des liens entre violences et santé chez les femmes, au regard de celles des hommes.

En bref, moins d’accueil pour les pathologies féminines, moins de prise en charge sociale. Choquant ! même aux yeux de Roselyne Bachelot.

Au niveau européen, c’est la santé des femmes au travail qui préoccupe. Comme le souligne Laurent Vogel dans son ouvrage : les politiques en santé et sécurité n’abordent généralement pas la dimension de genre : les risques spécifiques aux femmes sont soit ignorés soit sous-estimés ; les priorités sont définies pour des activités et des secteurs spécifiquement masculins.

Au niveau mondial l’OMS constate que le nombre des femmes âgées augmente dans le monde entier ; que la durée de la vie des femmes au-delà de 50 ans est en augmentation sensible, et ce partout dans le monde ; et qu’il reste beaucoup à faire pour améliorer la santé des femmes âgées et pour qu’elles demeurent une ressource pour leur famille et leur communauté. Contrairement à une idée reçue, les femmes âgées vivent majoritairement dans des pays en développement. Les écarts entre espérance de vie masculine et féminine sont très importants. Dans les pays industrialisés, les femmes vivent en moyenne de six à huit ans de plus que les hommes.

Dans au moins 35 pays, l’espérance de vie des femmes dépasse maintenant 80 ans et elle approche de ce seuil dans plusieurs autres pays. Cependant, l’espérance de vie des femmes varie sensiblement selon le niveau de développement des pays, allant d’un peu plus de 50 ans dans les pays les moins avancés à plus de 60 ou 70 ans dans les pays qui connaissent un développement économique rapide. »

Les femmes âgées sont plus exposées aux altérations fonctionnelles que les hommes.

« Des déterminants économiques, sociaux, politiques et culturels puissants influent sur la façon dont les femmes vieillissent et ils ont des conséquences profondes sur la santé et la qualité de la vie, et sur les coûts qui en résultent pour les systèmes de soins de santé. C’est ainsi que la pauvreté des personnes âgées va souvent de pair avec un faible niveau économique antérieur et elle est un déterminant de la santé à tous les stades de la vie. Les pays qui disposent de données sur la pauvreté en fonction de l’âge et du sexe (surtout les pays industrialisés) montrent que la pauvreté menace plus les femmes âgées que les hommes âgés.

Les habitudes culturelles sont aussi à prendre en compte.

Les fillettes et jeunes filles interdites de sport ou d’éducation physique paieront cette carence culturelle par le manque de mobilité pour leurs vieux jours.

Virginie Houadec

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