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Comment la droite et les médias utilisent les sondages

samedi 20 février 2010 par Jean-Jacques Chavigné

 
Jusqu’à ce que le PS dépasse l’UMP dans les sondages, les grands médias nationaux faisaient largement état de ces sondages, comparant les voix qu’obtiendrait le PS à celle qu’obtiendrait l’UMP.

Depuis que le PS est passé devant l’UMP, non seulement les médias se sont fait beaucoup plus discrets mais ils n’osent plus comparer les voix de l’UMP et celle du PS. Ce que les médias appellent maintenant l’ « UMP » est en réalité le total des voix UMP + MPF (de Villiers) + Nouveau Centre + CPNT. C’est-à-dire la totalité des voix de la droite gouvernementale.

Il est particulièrement instructif de constater à quel point les principaux médias suivent ainsi à la lettre les instructions de l’Elysée car Sarkozy compte sur une avance importante de l’UMP au premier tour pour créer une dynamique pour le second et ne veut pas que cette dynamique puisse être remise en cause par des sondages intempestifs.

Malgré cet artifice, la totalité des voix de la droite gouvernementale n’atteindrait que 29,5 % et ferait donc jeu à peu prés égal avec le seul PS mais subirait une baisse de 5 points par rapport au 1er tour de 2004, lorsque les listes de la droite gouvernementale avaient obtenu 34,5 % des voix au premier tour.

Des réserves importantes existent à gauche : 11 % pour les Ecologistes, 6,5 % pour le Front de Gauche (PCF + Parti de Gauche), 2,5 % pour le NPA et 1 % pour LO alors que la droite gouvernementale n’a strictement aucune réserve et qu’avec un Front National à 9 % qui devrait se maintenir dans une région sur deux, la droite de Monsieur Sarkozy a vraiment du souci à se faire.

Cette photographie de l’état de l’opinion, réalisé à quatre semaines du 1er tour des élections régionales par l’Ifop-Paris Match confirme une tendance qui s’affirme depuis deux mois. Elle reflète localement l’implantation et le bon bilan des 20 régions dirigées par la gauche mais surtout l’écroulement de la popularité du président Sarkozy dans l’opinion : ses gesticulations ne trompent plus grand monde.

Il ne faut surtout pas relâcher notre effort car tout dépend encore de la participation réelle le jour de l’élection. Mais il faut bien aussi percevoir les enjeux d’une large victoire de la gauche aux Régionales : non seulement la possibilité pour la gauche de gérer toutes les régions, un point d’appui pour la présidentielle de 2012 mais aussi un encouragement formidable à la mobilisation sociale au moment où Sarkozy s’attaque une nouvelles fois à nos retraites et veut nous imposer son plan de rigueur.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule : le MODEM n’est crédité que de 5 % des voix, la moitié des voix qu’obtiendrait la gauche de la gauche (Front de gauche, NPA, LO). De nouveau, la baudruche que les médias ne cessent de regonfler s’effondre. Espérons qu’il ne se trouvera pas, comme à chaque fois, des Socialistes pour aider à colmater les déchirures de cette baudruche de droite dont la seule fonction est de brouiller le clivage gauche-droite (le seul qui nous permette de gagner) au profit de Sarkozy.

Jean-Jacques Chavigné

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