Démocratie & Socialisme
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Éditorial de "la lettre de D&S" n°29 - 26 juin 2010

Retraites : la dynamique pour gagner est lancée

dimanche 27 juin 2010

 

5 millions dans la rue à la rentrée !

Deux millions de manifestants le 24 juin, le double en un mois !

Ce doublement démontre la profondeur du rejet. Bon nombre de salariés et d’entreprise du privé étaient dans la rue, parfois pour la première fois. Les cortèges syndicaux se mélangeaient parfois, de même que les auto-collants comme c’est le cas quand de grands mouvements sont en route. Des salariés, sans badge, se retrouvaient dans tous les cortèges témoins de l’élargissement du mouvement très au-delà des participants des mois écoulés. Les débrayages étaient plus nombreux, plus massifs.

Wœrth, prend des risques à affirmer que nous étions moins nombreux qu’en 2003. Les dirigeants syndicaux ont eu raison, dès le 25 au matin de déclarer que la mobilisation serait plus massive dans les prochains mois.

Et Fillon est autiste quand il prétend que la mobilisation ne règlera pas le problème démographique.

De plus en plus la conscience s’étend que les richesses peuvent être réparties autrement, qu’un financement pérenne de la retraite par répartition est possible. C’est ainsi à un autre modèle de société que des millions de salariés, de jeunes, de retraités aspirent.

Faire grandir encore ce mouvement qui s’élargit depuis plusieurs mois c’est la première condition pour gagner.

Sarkozy et Fillon, avec le Medef ont décidé d’infliger une défaite aux salariés. Après, une défaite sur les retraites, c’est tout un plan de rigueur qu’ils veulent imposer : sur l’emploi des fonctionnaires, sur les salaires, sur la santé et la sécurité sociale … Les bloquer sur les retraites est donc capital, central !

Comme pour le CPE en 2006 ou le plan Juppé en 1995 cette droite dure ne comprend que le rapport de force. Il faut donc travailler tout l’été à élargir la mobilisation vers les 5 millions dans la rue à la rentrée.

A mobilisation unitaire, débouché politique unitaire

L’appel « exigences citoyennes retraites » lancé début avril a contribué à élargir la mobilisation en posant la question du point de vue de toute la société. Les meetings unitaires qui se sont déroulés et se déroulent encore ont créé des dynamiques qui sont venues nourrir et encourager la mobilisation sociale initiée par l’intersyndicale. Il y a une convergence de plus en plus nette entre la mobilisation syndicale et la mobilisation citoyenne. Il faut encourager et élargir ce mouvement.

C’est déjà le cas dans plusieurs villes ! Constituer partout des collectifs unitaires qui rassemblent le mouvement syndical, associatif, citoyen et toute la gauche politique sans exclusive est donc un objectif à portée de main.

Obtenir le retrait du projet gouvernemental et imposer une réforme qui finance par le partage des richesses le droit à la retraite à 60 ans à taux plein avec des pensions revalorisées en lieu et place du dogme libéral du travailler plus pour gagner moins : c’est ce qui peut rassembler très largement.

Sans la mobilisation sociale, sans l’unité rien n’est possible, c’est bien la première condition pour gagner. Mais il en faut une deuxième. C’est d’offrir un débouché politique unitaire à la mobilisation unitaire.

A la rentrée, proposer à l’Assemblée une loi sur les retraites soutenue par toute la gauche et les écologistes, c’est donner une perspective, montrer qu’une autre solution existe.

Ce serait un encouragement à la mobilisation. Et la mobilisation aiderait à imposer le débat public et à l’Assemblée.

Martine Aubry a annoncé que le Parti socialiste reviendrait sur la contre réforme de Sarkozy et rétablirait la retraite à 60 ans. Les propositions du Parti socialiste, du Parti communiste, des Verts convergent sur plusieurs questions. Les exigences citoyennes portées par le collectif unitaire national aussi. Ensemble, elles constituent le socle d’une loi de progrès pour les retraites et un élément central d’une plateforme politique législative et présidentielle.

Offrir un tel débouché politique, c’est la deuxième condition pour gagner dès 2010 sur les retraites. C’est la condition pour un changement d’échelle majeure du rapport de force et ouvrir la perspective de chasser Sarkozy et sa majorité parlementaire.

Combiner mobilisation sociale et débouché politique c’est la stratégie gagnante.

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