Démocratie & Socialisme
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Éditorial de "Démocratie & Socialisme" N° 182

2012 : le programme, l’unité et la candidate

lundi 21 février 2011

 

Quel bonheur, quel encouragement de voir les peuples se soulever en Tunisie et en Égypte contre leurs tyrans milliardaires voleurs Ben Ali et Moubarak !

Nous avons été, en France, entre le 12 et le 22 octobre dernier, à un cheveu de la grève générale, nous aussi. Nous avons failli, nous aussi, nous débarrasser de Sarkozy et de ses 40 voleurs du CAC et du Fouquet’s. Nous avons été 8 millions à manifester au moins une fois, et nous avions 75 % de l’opinion pour nous en défense de nos retraites à 60 ans à taux plein. Il s’en est fallu de peu.

Mais n’ayant pas pu imposer la démocratie par la grève et par la rue, nous voilà forcément en attente du scrutin de 2012 : il nous faut tout faire pour battre le forcené néolibéral intégriste, thatchérien, reaganien qui occupe l’Elysée.

Normalement, on devrait réussir à le chasser, vu le bilan d’échec inouï que ce président, le pire de l’histoire de nos républiques, nous laisse : un record absolu de 5 millions de chômeurs, dettes et déficit massifs, 8 millions de pauvres, salaires bloqués, souffrance accrue au travail, insécurités et inégalités sociales, retraites pillées, services publics asphyxiés, école et hôpitaux publics, justice en déshérence, scandales, affaires, corruption… Sarkozy c’est vraiment une saleté de politique…

La gauche est majoritaire dans ce pays, elle dirige 2 villes sur 3, 61 % des départements, 20 régions sur 22. La gauche peut gagner le Sénat en 2011 pour la première fois depuis 200 ans Le salariat, base de la gauche, c’est 93 % de la population active, il produit toutes les richesses et n’en reçoit pas la part qu’il mérite. Tout dépend du salariat. Les jeunes sont des salariés en formation, les chômeurs sont des salariés temporairement privés d’emploi, les retraités vivent grâce aux salariés. Il faut que la gauche soit à la hauteur des attentes des salariés pour arracher la présidentielle et les législatives qui en découlent. La « gauche », c’est huit partis. Tous ont leurs défauts, et leurs dirigeants aussi. Tout comme nous avons huit syndicats. Sans unité de toute la gauche, de ses partis, de la base au sommet, des salariés, des syndiqués, nous ne pourrons pas gagner. Il faut se parler, discuter en urgence des points qui rassemblent, d’un programme de gouvernement. Il n’y aura pas d’accord sur tout, mais il peut se dégager des éléments communs d’un même cadre de transformation sociale profond : contre le chômage pour la réduction du temps de travail, 35 h, pour le retour à une vraie retraite à 60 ans, pour une hausse massive des salaires, un Smic à 1600 euros, pour une réduction des inégalités, pas de revenu supérieur à 20 fois le Smic. Pour une VIe République sociale, parlementaire, démocratique, laïque, féministe, écologiste.

Les faits sont là pour qui a les yeux ouverts : nous ne pourrons pas gagner sans le principal parti de gauche, le Parti socialiste. C’est avec lui, en lui, que se concentrent toutes les questions : s’il ne défend pas un vrai programme social (35, 60, 1600, 20) il aura du mal à mobiliser assez le salariat pour passer la barre des 50 % dans un type d’élection redoutable.

La « présidentielle » est hélas personnalisée : ce n’est pas avec DSK, celui qui a été nommé par Sarkozy au FMI, institution qui a affamé les peuples au service des banksters, que le rassemblement et la confiance existeront le mieux. L’appel des six maires (www.martine2012.net) soutenant la candidature de Martine Aubry va dans le bon sens. Il vaut mieux une première secrétaire du PS candidate qu’un président de la principale institution libérale du monde. Le rassemblement, l’unité de la gauche seront plus faciles avec celle qui est allée au FSM (forum social) qu’avec celui qui vient du FMI !

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