Démocratie & Socialisme
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Éditorial de "la lettre de D&S" n°65 - 6 mars 2011

Une priorité : Débattre du programme socialiste

lundi 7 mars 2011

 

L’entretien accordé par Martine Aubry au journal Le Monde (jeudi 3 mars) a un premier intérêt : redonner la priorité au débat sur le programme. La première secrétaire du PS dresse un constat : « le libéralisme financier nous a conduits dans le mur…[ La gauche] doit proposer un autre modèle de croissance ». Elle ajoute : « Cela implique de rompre avec la logique du tout avoir qui enrichit une minorité jamais rassasiée, d’affirmer clairement qu’une partie importante des ressources doit être consacrée au mieux-être collectif ». Elle ajoute : « Il faut sortir de ce sentiment destructeur que l’État ne peut plus rien ». Et au plan européen, elle affirme : « Tout doit être fait pour éviter de faire des plans d’austérité brutaux qui cassent la croissance et l’emploi ».

Les premières mesures à prendre :

On peut (et on doit) bien sûr discuter des premières priorités que Martine Aubry met en avant : emploi des jeunes, nouveaux moyens pour la police et la justice, nouvelle étape de décentralisation, réforme fiscale. Elle ajoute qu’elle a confié à Laurent Fabius de définir ces priorités que la gauche devrait mettre en œuvre dès son arrivée au pouvoir.

Pour tous les militants de la gauche socialiste, ce débat sur le projet et les premières mesures à prendre par un gouvernement de gauche est essentiel. L’abrogation de la réforme territoriale est une bonne chose, mais elle ne doit pas faire oublier l’abrogation de la loi sur les retraites et le retour au droit à la retraite à 60 ans. Quant à la réforme fiscale, si elle est bien sûr une priorité évidente, elle ne peut se faire qu’en privilégiant l’impôt direct et progressif ainsi que l’impôt sur les grandes fortunes. Quant à l’augmentation des salaires, nécessité autant sociale qu’économique, la gauche doit y apporter des réponses précises. Ce sont autant de sujets qui seront abordés lors des rencontres organisées à St Chamond (Loire) par la revue Démocratie & Socialisme, journées d’étude de D&S les 22, 23 et 24 avril (http://www.democratie-socialisme.or...).

Et le candidat ?

L’emballement médiatique pour imposer la candidature de DSK est fort. Il ne faut pas y céder. En redonnant la priorité au débat programmatique, et parce qu’elle est la première secrétaire du principal parti de gauche, Martine Aubry se positionne bien comme celle qui peut le mieux rassembler les socialistes et au-delà toute la gauche. Martine Aubry n’entend pas se déclarer candidate avant l’adoption du projet par la convention nationale du PS du 28 mai qu’elle présidera. Soit ! Pour autant, on ne peut pas laisser aux seuls responsables nationaux la possibilité de se répandre en commentaires concernant les candidatures à la candidature. C’est ce qu’ont compris plus d’un millier de militants, dont de nombreux élus locaux, en signant la pétition lancée par 6 maires en faveur d’une candidature Martine Aubry (martine2012.net). Elle est plus que jamais d’actualité.

Ne pas faire du DSK…sans DSK

La campagne des cantonales est un test. Les électeurs vont exprimer leur rejet massif des candidats UMP. L’attente est grande dans le pays, une attente surtout en direction du PS parce qu’il est le seul parti de gauche dont le candidat est susceptible de battre la droite. Pour gagner en 2012, pour que se créée une dynamique suffisante, il ne faut pas décevoir cette attente. Un projet socialiste qui ferait du DSK, même sans une candidature DSK, risquerait de décourager. Emploi, sécu, retraites, salaires sont les priorités des électeurs auxquelles les socialistes doivent répondre, de façon précise en s’appuyant sur les aspirations exprimées notamment par les mouvements sociaux de ces dernières années. C’est tout l’enjeu du débat sur le projet socialiste.

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