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Dialogue sur le pain et la reine…

vendredi 14 octobre 2011 par Gérard Filoche

 

« Cher camarade Filoche (que je respecte grandement)

Ma réponse imagée à tes remarques sur la position d’Arnaud Montebourg, est la suivante :

Le bon sens quand t’as faim, c’est d’établir ton menu par rapport à ce que t’as envie de manger, ou bien de regarder dans ton porte monnaie pour savoir ce que tu peux t’acheter ?

Quand tu veux te loger, tu rêve de la maison idéale, ou bien tu fais d’abord un projet de financement afin d’établir le meilleur projet qui te soit adapté ? Quand t’as une charrue, où est-ce que tu mets le bœuf ? Etc. etc. C’est Arnaud qui est cohérent. »

Cher camarade

Exact : le bon sens c’est de regarder ce que tu as dans ton porte-monnaie quand tu as faim. Donc tu veux plus d’argent, tu ne t’interroges pas ce qui ne va pas dans le monde ou en Europe, tu veux des sous, tu veux manger.

Si tu réussis à surmonter cet obstacle, l’estomac moins creux, tu as davantage de chances de réfléchir aux raisons qui faisaient que tu n’avais pas d’argent et d’écouter les gens qui t’ont permis d’en avoir… Rien n’a démarré avec de grands raisonnements abstraits.

Les gens en 1789 ont demandé du pain à la reine, celle ci leur a dit “mangez de la brioche” alors ils lui ont coupé la tête.

Mais ils n’ont pas commencé en disant on va couper la tête à la reine pour avoir du pain.

Ce fut pareil avec la manifestation des casseroles et pour la paix, les femmes le 8 mars 1917 ont demandé du pain au tsar russe, il ne leur a pas donné, il a poursuivi la guerre, cela lui a coûté la vie.

C’est dans ce sens-là que ça marche. Si tu ne proposes pas de maintenir la retraite à 60 ans sans décote, à quoi bon tous les discours, toutes les promesses ?

Sans le Smic à 1700 euros, l’emploi grâce aux 35 h, tu ne gagnes pas. Mais si tu gagnes là-dessus, alors tu as le soutien des gens pour imposer le “juste échange”.

Sinon réclamer le “juste échange” c’est excellent mais ça ne mobilise assurément ni les salariés, ni les chômeurs, la plupart t’écoutent mais dubitatifs : qu’est-ce que ça me ramène dans mon porte-monnaie ? Dans combien de temps, une autre politique de « juste échange » aura-t-elle des effets pour moi ? Combien de temps vais-je rester sans rien dans mon porte monnaie en attendant ? J’ai faim !

N’y a t il pas déjà suffisamment de richesses à répartir tout de suite ? Et pourquoi aurais-je confiance, pourquoi attendrais-je, pourquoi ceux qui me promettent du mieux, plus tard, commencent ils par m’en enlever en imposant des décotes à ma modeste retraite en attendant ?

Il faut partir des revendications élémentaires, immédiates, essentielles. Il faut donner tout de suite du grain à moudre. Surtout si tu veux bénéficier du formidable appui populaire qui est nécessaire pour affronter les banques et le CAC 40. Les gens se méfient tellement, à force, des grands discours, des promesses pour plus tard, des phrases dont on ne dit pas ce qu’elles vont leur apporter en concret, que maintenant, il faut chiffrer et dater pour lever leur méfiance. 35 60 1700 20 travailler mieux, moins, tous, tout de suite.

Bien fraternellement, Gérard Filoche

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 Dialogue sur le pain et la reine… 17 octobre 2011, par biojm2
Il y a aussi deux questions a se poser. Où est passé la différence entre la valeur travail et la part de plus en plus petite qui nous est rendue ? Probablement que la baisse des prix partout ne nous laisse plus rien ou de moins en moins La seconde concerne les 35 heures. Depuis quand baisser le nombre d’heure si le travail est fait par des machines pose t-il un problème ? Il n’en pose un qu’aux capitalistes qui seraient obligé de partager la part qu’ils nous volent ! Où, question plus simple encore, où est passé le pognon du travail et celui englouti par les banques si ce n’est dans les poches des capitalistes.... Je travaille en incinérateur et on en a pas brulé je vous le jure !

Il est tout de même étonnant que vous autres qui êtes tous des marxistes, que vous ne maîtrisiez pas ce qu’est la valeur d’usage.

C’est une espèce de valeur qui tient compte de la qualité de la quantité de travail minimum pour accomplir l’objet ou le service, dans lequel une retouche plus moderne de cette notion incorpore un facteur d’utilité objective par rapport aux besoins objectifs des gens. Un objet ou un service aurait une valeur objective, ce qui permet de mesurer l’exploitation (de l’acheteur) comme différence entre prix de vente et valeur objective

Alors que le néo-libéral raisonne utniquement en prix de vente ou valeur d’échange, Pour un néo-libéral, un verre d’eau dans le sahara vaut vraiment 10 000 euros !

Je parle de sahara, parce que quand tu dis un truc profond, tu parles dans le désert !

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