Démocratie & Socialisme
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Jean Michel Vallantin

mardi 13 décembre 2011 par Gérard Filoche

 

Jean-Michel nous a quitté, là, à 60 ans d’un seul coup.

Pour qui avait la chance de le connaître, ce syndicaliste correcteur CGT était un heureux compagnon, tonique, de soirées fraternelles et arrosées. Il était cultivé, rieur, joyeux et toujours prêt pour de grands débats militants. J’adorais les vieilles chansons françaises de Montéhus ou de Bruant dont il nous abreuvait à la fin des repas. Il fut de permanence à L’Équipe le jour où Ben Johnson gagna le 100 m aux Jeux Olympiques pour la première fois en dessous de 10 secondes. Mais il laissa paraître le journal, pour la moitié de la France, avec un énorme titre barré « Ben Johnson : 9’99’’ ». Convoqué par le patron et menacé de faute professionnelle, Jean Michel ne s’embarrassa pas : « Oh, vous savez, 9 minutes, c’est à peu près ce qu’il me faut pour aller au rade d’en face et en revenir » et il n’eut pas de sanction.

Jean-Michel Vallantin me trouva un boulot d’ouvrier du livre, en presse, comme ficeleur, avec une serpette, au cul des rotatives, pendant 18 mois en 1978-79 dans une période difficile. C’est alors que nous fréquentâmes abusivement ensemble les bistrots des Halles, il était du genre à ne pas aimer franchir le périphérique et préférait les alentours de St-Eustache, là où, comme disait Aragon, se mêlaient l’odeur des viandes et l’odeur de l’encre d’imprimerie.

Il m’accompagna un jour à New York, pour un congrès du Socialist Worker Party qui se tenait ensuite à Oberlin dans l’Ohio : mais à West Side où nous logions, sa nostalgie lui fit passer en boucle Joséphine Baker « J’ai deux amours, mon pays et Paris ». Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas revu, avant ses obsèques où nous étions nombreux, émus et tristes, mardi dernier au Père-Lachaise. Trinquons longtemps à sa mémoire.

Gérard Filoche

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 Jean Michel Vallantin 14 décembre 2011, par Emma
Mon cher parrain républicain, ça rime avec Vallantin tu disais avec ton rire énorme, je n’ai pas pu assez te remercier pour la fierté que j’ai ressenti quand tu m’as acheté ces boucles d’oreilles de grande, quand j’avais 10 ans, des rubis, de la bonne couleur disais-tu. Je les ai toujours en souvenir de ces clins d’oeil appuyés que tu me faisais quand je les portais. Merci pour l’affection brusque mais attentive que tu portais à la petite fille mauvaise en orthographe. Merci pour avoir cédé à mon insistance d’aller à Disney où tu as eu l’élégance de me faire croire que tu t’amusais autant que moi.
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