Démocratie & Socialisme
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La paille et la poutre

(En réponse à certains camarades du Front de Gauche)

jeudi 16 février 2012 par Jean-Jacques Chavigné

 

Ce qui paraît étonnant, c’est la rapidité à laquelle certains camarades du Front de Gauche ont repris les propos prêtés à Hollande, à Londres selon lesquels, il n’y aurait plus de communistes et France et qu’il ferait allégeance à la Finance, sans même chercher à vérifier leur authenticité. Il ne leur est pas venu à l’idée que « Le Monde », dont ils ont repris illico les affirmations, n’était peut-être pas un journal « objectif » et qu’il n’avait sans doute pas hésité à tenter d’enfoncer un coin entre le Front de Gauche et le PS.

Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, affirme qu’il n’y a pas eu d’interview accordée au Guardian, qu’il n’y a eu que des propos tenus lors d’un repas avec des journalistes et que les mots cités l’étaient hors de leur contexte. Il est évident que le terme « communiste » n’a pas le même sens en France qu’au Royaume Uni où il n’y a jamais eu de Parti Communiste de masse atteignant plus de 20 % des suffrages. Ce que disait simplement François Hollande c’est qu’il n’y avait plus, en France, contrairement à 1981, de parti stalinien. A la lecture de l’Humanité, je ne pense pas que François Hollande se soit trompé et que le PCF considère, aujourd’hui, que le bilan de l’URSS soit « globalement positif » comme l’affirmait alors Georges Marchais. Pourquoi faire le choix de croire les interprétations du « Monde » ou du « Guardian » plutôt que les explications apportées par Pierre Moscovici ?

Pourquoi ces camarades du Front de Gauche s’obstinent-ils à se boucher les oreilles lorsque François Hollande affirme à Saint-Etienne que « bien sûr, il y a un Parti communiste et des communistes en France » et qu’il précise «  j’ai du respect pour le Parti communiste, j’ai du respect pour l’influence communiste et pour le Front de gauche », en souhaitant « un rassemblement de la gauche avec toutes ses composantes » ?

Pourquoi ces camarades préfèrent-ils ne pas entendre ce que vient de dire François Hollande ? Pourquoi, s’ils avaient réellement le souci de chasser Sarkozy ne salueraient-ils pas cette mise au point ? Pourquoi tiennent-ils tant à cultiver ce qui divise plutôt que ce qui unit la gauche ? Parce que la seule chose qui leur importe vraiment, à la différence de l’immense majorité du peuple de gauche, serait le score de Jean-Luc Mélenchon au 1er tour plutôt que d’en finir avec Sarkozy ? Ce serait pitoyable.

Le Parti de Gauche regrette que le PS ait interrompu les négociations entre le Parti Socialiste et le Front de Gauche sur l’attribution de circonscriptions législatives lorsque Jean-Luc Mélenchon n’avait pas hésité à traiter François Hollande de "capitaine de pédalo". Eh oui, ces négociations ont bien eu lieu et le Front de gauche souhaite (à juste titre) qu’elles recommencent ! Le Parti de Gauche explique benoîtement, aujourd’hui, que "le capitaine de pédalo" n’était qu’un "trait d’esprit" du seul Jean-Luc Mélenchon.

Eh bien, pourquoi n’est-il pas venu à l’idée des camarades du Parti de Gauche que les propos que « Le Monde » et « The Guardian » prêtent à Hollande auraient pu, eux-aussi, relever d’un "trait d’esprit", s’ils avaient effectivement été prononcés ? Pourquoi autant de mansuétude pour les "traits d’esprit" de Jean-Luc Mélenchon et autant de sévérité pour François Hollande dont chacun sait qu’il manie l’humour au moins aussi bien que Jean-Luc Mélenchon ?

Il subsisterait, de toute façon, une différence de taille entre les deux "traits d’esprit". Jean Luc Mélenchon et son entourage n’ont jamais contesté que le candidat du Front de Gauche ait tenu ce propos aussi diviseur, aussi peu favorable à la victoire contre Sarkozy. Ils n’ont jamais présenté la moindre excuse ou dit éprouver le moindre regret. François Hollande et Pierre Moscovici ont, au contraire, multiplié les mises au point et montré, ainsi, leur souci de l’unité de la gauche.

François Hollande, en réponse à la demande de Jean-Luc Mélenchon, avait affirmé devant des millions de téléspectateurs qu’il appellerait à voter pour le candidat de gauche arrivé en tête au 1er tour. Pourquoi Jean-Luc Mélenchon ne fait-il pas la même déclaration ? Parce qu’il estime que le Parti Socialiste n’est pas de gauche ? Ce serait non seulement une grossière erreur mais une totale incohérence de la part du Front de Gauche. Comment pourrait-il expliquer à ses électeurs qu’il demande à négocier le partage des circonscriptions législatives avec un parti de droite ? A moins que le Parti socialiste soit de droite à la présidentielle et de gauche aux législatives.

Nous savons que les positions exprimées par certains militants du Front de Gauche qui n’hésitent pas à faire flèche de tout bois ne sont pas représentatives de la volonté de la grande majorité des électeurs de cette organisation qui souhaitent avant tout battre Sarkozy, même s’ils veulent indiquer leur préférence au 1er tour. Ils ont raison : ce qui importe, avant tout, c’est de remporter la victoire contre Sarkozy. Il ne sera pas possible de le faire sans que la gauche s’unisse au second tour. Essayons de faire en sorte que cette unité se fasse dans les meilleures conditions possibles et évitons de jeter de l’huile sur le feu

Jean-Jacques Chavigné

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 La paille et la poutre 2 août 2012, par Emilie
Vive la démocratie !!!!!
 La paille et la poutre 18 février 2012, par Robespierre

Ce qui n’est plus étonnant, c’est que le PS est mort d’avoir été gangréné de l’intérieur, et que cela a réussi. La preuve : le vote de Hollande et de la majorité des membres du PS à Versailles, qui a permis au monarque de s’assoir sur la démocratie Française. Si tous le PS avait voté contre comme le PC, le chanoine aurait été obligé de proposer un autre référendum.

Ces usurpateurs qui ont sévi depuis 30 ans, en privatisant plus que la droite sous Jospin, avaient pris position pour le oui au traité constitutionnel, viennent de récidiver pour le nouveau traité Européen il y a deux semaines, en s’abstenant, comme d’hab, au lieu de voter contre, comme la vrai gauche Européenne.

Malheureusement, si le Front de gauche ne parvenait à gagner le 1er tour (mais ça n’arrivera pas), il y aurait vraiment une malchance de voir le monarque réélu, car une infime minorité du FDG se déplacerait pour voter pour un homme de droite qui se dit de gauche.

Voilà c’est clair, ce que dit Hollande, il le fait dans les actes, c’est déjà assez profondément minable, pour de grâce, ne pas en rajouter en jouant les offusqués, quand on est les premiers à manier les insultes (Huchon comparant mélenchon à Lepen et.etc.etc.), et à pratiquer l’enfumage lourd et visqueux.

Qu’ils s’en aillent tous, et vous avec. Et bienvenue aux militants sincères du Ps, déjà nombreux à nous rejoindre.

Basta.

 La paille et la poutre 17 février 2012, par foukets
Effectivement les petits mots doux echangés entre le PS et le FDG ne font pas avancer la cause mais il y a les paroles et les actes donc "Que les députés PS votent contre le traité MES" après on reparlera du vote utile. J’ai jusqu’à présent réspecté les consignes avec discipline mais cette fois j’ai plus qu’un doute.
 La paille et la poutre 16 février 2012, par johnny

Vous tombez dans le panneau, le jeu de la "petite phrase" que les médias aimment tant pour nous cacher l’essentiel.

Ce qui compte dans l’article du Guardian, ce sont les deux citations suivantes :

"Il a dit que son attitude vis-à-vis des futures mesures de régulation dans le secteur financier était en ligne avec « l’opinion publique » en Europe et similaire à celle des autres prétendants à l’élection présidentielle, y compris le candidat de droite Nicolas Sarkozy."

"La gauche a été au pouvoir pendant 15 ans pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a absolument rien à craindre."

J’aimerai un commentaire de votre part.

En ce qui me concerne, je comptais voter Mélenchon au 1er tour et à gauche au second. Je sais aujourd’hui que si Mélenchon n’est pas au second tour, je resterai dans mon lit auprès de mon amour.

 La paille et la poutre 16 février 2012, par Gramsci
Plutôt que de "paille" et de "poutre", il est plutôt question ici de vessie et de lanterne : pourquoi JJC veut-il nous faire passer la vessie sociale-libérale Hollande pour une lanterne (voire un phare) de l’anti-capitalisme financier ? Il suffit de lire le programme du candidat PS pour mesurer que la politique budgétaire (retour à l’équilibre d’ici à 2017, sur la base d’hypothèses de croissance fantaisistes au regard de la cure d’amaigrissement promise) et la politique fiscale (fort loin de revenir sur plus de 10 ans de cadeaux divers à la rente) satisfont les seuls "marchés" puisqu’elles vont se traduire par une formidable cure d’austérité. Austérité et récession "de gauche" sont-elles donc si différentes de ce que promet la droite ? Il faut être de mauvaise foi pour ne pas admettre que le néolibéralisme a colonisé depuis longtemps la tête de François Hollande (et celles de tous les dirigeants du PS). Et faire passer Moscovici et Valls pour des adversaires de la finance et de la spéculation relève de la prestidigitation. Pas sérieux, tout ça
 La paille et la poutre 16 février 2012, par Albert R

A propos du MES :

"Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, prône même un non ferme et définitif. "Si vous voulez renégocier le Merkozy, il faut voter contre dès le début", explique-t-elle. Juridiquement et politiquement, les deux traités sont liés. Je suis contre l’abstention, car cela voudrait dire qu’il y a des choses bien dans ce qu’a fait Sarkozy. " (Le Monde le 16/02/2012)

Eh bien voilà, on y est. La Gauche du PS ne sera crédible que le jour où elle fera entendre sa voix à elle, et sûrement pas tant qu’elle fera croire que telle ou telle formule alambiquée de Moscovici, ou, pourquoi pas, de Valls, marque des "avancées".

C’est ça qui peut donner un élan pour faire progresser l’ensemble de la gauche, et virer Sarkozy.

Si les députés du PS se réfugient dans l’abstention le 21, ils seront responsables de la désunion. Ils auront fait un pas décisif dans l’acceptation de la "loi d’or" (ce que Hollande habille du doux euphémisme de "disciplines").

 La paille et la poutre 16 février 2012, par le journal de personne

Il en reste Une !

L’enfant : Maman je peux te poser une question ? La mère : tu peux mais je peux aussi ne pas y répondre L’enfant : pourquoi tu es aveugle ? La mère : si tu te poses la question c’est que tu as une idée derrière la tête L’enfant : oui j’ai ma petite idée, mais je veux savoir la tienne La mère : dis-moi la tienne et je te dirai la mienne L’enfant : t’as envie de voir les choses à ta façon et pas comme elles sont La mère : tu l’as trouvé tout seul ou c’est quelqu’un qui te l’a soufflé ? L’enfant : c’est personne http://www.lejournaldepersonne.com/2012/02/il-en-reste-une/

 La paille et la poutre 16 février 2012, par JF Schneider

JL Mélenchon a toujours affirmé la "discipline républicaine", contrairement à Hollande qui a mis... "un certain temps", comme aurait dit Fernand Raynaud !!

JF Schneider (EELV ! Mais, sympathisant PdG...)

 Qui de la paille ou de la poutre ? 16 février 2012, par Gen

Heureusement que partout on peut lire la déclaration de Pierre Laurent et de Jean-Luc Mélenchon indiquant que "l’incident est clos". Dès lors cet article n’a pas d’autre objectif que de réaliser ce qu’il prétend dénoncer, à savoir répandre un peu de fiel dans les relations entre le Front de Gauche et le Parti Socialiste.

Que faites-vous de ces propos rapportés, qui, que je sache, n’ont pas fait l’objet d’un démenti de la part de François Hollande : "La gauche a été au pouvoir pendant 15 ans, au cours desquels nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a rien à craindre." ?

Est-ce là une approche cohérente de la part d’un homme qui a voulu enflammer la gauche en entrant à son tour en guerre contre la finance, ou a-t-on le droit de dire que les formules sur le capitaine de pédalo ou le pistolet à bouchon n’en paraissent que plus gentilles, mesurées et pour le moins adaptées à la situation qu’elles sont censées décrire ?

D’où ce message d’un électeur du Front de Gauche à l’adresse de "certains camarades" socialistes, des militants sincères aux plus enfoncés des moscovicistes : la paille et la poutre en matière de petites phrases, on sait ce qu’il en est quand vous accusez Mélenchon d’être un "allié objectif de la droite et de l’extrême-droite". Les procédés employés par les petites mains socialistes ne sont pas toujours des plus reluisants, notamment quand il s’agit de garantir le nombre de parrainages nécessaires à la candidate du Front National.

 Qui de la paille ou de la poutre ? 17 février 2012, par michel
Mais non, camarade. "La gauche été au pouvoir... etc" n’est qu’un trait d’esprit de François qui en a autant que Jean-Luc. CQFD
 La paille et la poutre 16 février 2012, par Thierry Janzé 35

JLM a déjà considéré cet incident comme clos .....à titre personnel, plus que la remarque de FH sur le nombre de "communistes", c’est surtout le "il n’y a rien à craindre" qui m’interloque......Dire que les socialistes sont capables aussi de privatisations et de "libéralisation" de l’économie me semble être en contradiction totale avec la fameuse formule du Bourget "mon ennemi, c’est la finance "

Et s’il n’y avait que FH....Mais Moscovoci, lors d’une émission de divertissement, certes, ne m’a pas plus éclairé sur les mesures que compte effectuer ce (peut être) nouveau gouvernement ....On n’entend plus Valls depuis qu’il s’est fait moucher par Copé dans "mots croisés" , Ayrault nous fait du Ayrault , bref.....c’est le grand flou.

Mon vote ira à JLM au premier tour, mais les "socialistes" devraient être très prudents s’il souhaitent un véritable report de voix au second, car ce n’est pas chose gagnée ......loin de là ...

 La paille et la poutre 16 février 2012, par thevenet
le problème est sur bien des points le plus importent s est voir lien ci contre et aussi les banques ou mr hollende n est pas asse combatif dans ces discours
 La paille et la poutre 16 février 2012, par Olivier Montillet

Cher Jean-Jacques Chavigné,

Vous avez tout à fait raison. "Évitons de jeter de l’huile sur le feu" comme vous écrivez. Ne parlons même pas du fait que François Hollande était parti rassurer la City quelques jours après s’être proclamé ennemi de la finance.

Mettons fin à ces petites querelles. Cessons de nous disputer. Donnons-nous la main. Soyons bons camarades. Et faisons élire un président de gauche et une assemblée de gauche. Oui, "la grande majorité des électeurs du [Front de Gauche] souhaitent avant tout battre Sarkozy".

Mais quelle politique de gauche pouvons-nous faire (hormis quelques sparadraps ici ou là) avec les contraintes néolibérales de l’UE ? Par exemple celle qui interdit toutes restrictions aux mouvements de capitaux ou celles qui préparent la libéralisation des services publics.

Que les députés européens PS commence par voter contre le Traité TSCG au Parlement européen et ne fasse que s’abstenir comme le 31 janvier dernier. Ou alors votent clairement "oui" s’ils sont pour.

Que les députés PS à l’Assemblée soutiennent la demande du PCF d’un vote solennel le 21 février sur le traité MES. Que craignent-ils ? Que les citoyens sachent ce qu’ils ont décidé ?

Que les députés PS votent contre le traité MES. Ou alors votent clairement "oui" s’ils sont pour.

Que le PS et François Hollande sortent de l’ambiguïté : ils sont pour les traités libéraux européens ou contre. La position de l’abstention, comme lors du Congrès de Versailles en 2008, s’apparente à de la lâcheté, pour le moins à un vil calcul politique en se disant que les citoyens n’y verront que du feu (je vous rappelle que si les élus PS avaient voté contre en 2008, le choix des Français de 2005 aurait été respecté).

En tant que citoyen, je n’ai pas envie de faire un chèque en blanc à François Hollande. Que le PS s’exprime et agisse clairement. Paille ou poutre dans l’oeil, chaque citoyen pourra y voir plus clair.

Bien à vous,

Olivier Montillet

P.S. : histoire de savoir d’où je parle, j’ai l’honnêteté de vous dire rapidement qui je suis : de gauche par tradition familiale, j’ai voté "oui" en 2005 sans bien savoir pourquoi ; Ségolène Royal en 2007 sans bien savoir pourquoi ; et après une formation en droit et en comptabilité, j’ai enfin pu comprendre deux ou trois choses essentielles. Résultat : je milite au PG depuis cet été.

 La paille et la poutre 16 février 2012, par h2b
Bien dit !
 Réponse à Olivier Montillet 17 février 2012, par JJC

Cher Olivier Montillet,

Merci, tout d’abord, pour votre réponse argumentée.

Vous n’avez pas envie de « faire un chèque en blanc à François Hollande ». Je partage entièrement votre souci. Je pense d’ailleurs qu’aucun citoyen conscient ne devrait avoir envie de faire un chèque en blanc à quel que candidat que ce soit. Mais si vous pensez que voter pour Jean-Luc Mélenchon au 1er tour vous évitera de faire un chèque en blanc au prochain Président de la République, à mon avis, vous vous trompez lourdement.

Les institutions de la Vème république sont faites pour donner un tel chèque en blanc au président de la République. Le changement de calendrier électoral en 2001 à renforcé ce phénomène en faisant en sorte qu’il n’y ait plus aujourd’hui qu’une seule véritable élection nationale, l’élection présidentielle. C’est cette élection qui déterminera la couleur de la vague (rose ou bleue) qui suivra aux élections législatives. Quel que soit le score de Jean-Luc Mélenchon au 1er tour, cela n’empêchera pas le prochain président de la République de disposer d’une majorité parlementaire (si c’est François Hollande qui l’emporte, à l’Assemblée Nationale et au Sénat) et des pouvoirs considérables que lui attribue la Constitution de la Vème République. On peut ou non le regretter, cela n’a guère d’importance, c’est un fait.

Examinons, si vous le voulez-bien, les problèmes qui se posent à nous, un à un.

Le 1er tour de l’élection présidentielle.

Les sondages actuels n’ont pas de véritable signification. Un peu plus d’un électeur sur deux seulement a déjà fait son choix. Cela se traduit dans le nombre de ceux qui déclarent encore pouvoir changer de vote le jour de l’élection. Cela se traduit, surtout, par le nombre de personnes qui refusent de répondre aux réponses des sondeurs mais que les instituts de sondage se gardent bien de rendre public. Je me rappelle fort bien l’élection présidentielle de 2002 où, depuis des mois ces instituts annonçaient l’inéluctabilité d’un 2ème tour Chirac-Jospin. Ce ne fut pas Jospin mais Le Pen. Nous ne sommes pas à l’abri d’une telle surprise. Le vote pour Le Pen est largement (comme à chaque fois) sous-estimé et comme ce sont les électeurs les moins politisés qui décident de leurs votes dans les derniers 15 jours, la plus grande vigilance s’impose.

De toute façon, il est nécessaire que François Hollande soit en tête au premier tour pour casser la dynamique de « gagnant » de Sarkozy qui a quand même, de façon ostensible ou insidieuse, la très grande majorité des médias qui roulent pour lui.

Je partage entièrement ce qu’exprime mon camarade Christian Gourdet lorsqu’il répond à un interlocuteur qui semble être sur les mêmes positions que les vôtres : « Je partage peu ou prou votre appréciation sur François Hollande. Mais là n’est pas le problème, beaucoup confondent politique et philosophie. L’action politique ne consiste pas à savoir qui a tort et qui a raison dans le débat d’idées. L’action politique consiste à être efficace dans le combat. Le prolétariat ne se bat pas pour témoigner ou pour la beauté du geste, il se bat pour vivre et survivre d’abord, pour l’emporter ensuite. Et de ce point de vue, dans le cadre de cette élection biaisée, antidémocratiques au possible qu’est l’élection présidentielle sauce Vème République, les salariés n’ont pas d’autres outils que le vote Hollande pour l’emporter. Moi aussi je préfère le programme du Front de Gauche, c’est d’ailleurs peu pou prou celui de Démocratie & Socialisme. Mais si vous voulez avoir une chance de le voir appliquer ne serait-ce que partiellement, ça passe par une victoire du candidat socialiste. Sinon, il ne nous restera que les yeux pour pleurer les acquis sociaux partis en fumée sous l’action des pyromanes de l’UMP »

Voilà pourquoi je ne prendrai aucun risque de voir Hollande éliminé au 1er tour ou arriver derrière Sarkozy. L’enjeu est beaucoup trop important pour le salariat, pour ma classe sociale.

Le 2ème tour de l’élection.

Pour l’emporter face à Sarkozy et à toutes les forces du patronat et de la finance arc-boutées pour le faire gagner (cela doit quand même bien avoir un sens cette union sacrée contre le candidat du Parti Socialiste…) il faudra l’unité de toute la gauche.

Je suis indigné lorsque je lis les déclarations de militants qui affirment qu’au premier tour ils iront voter Jean-Luc Mélenchon mais qu’au second, ils iront à la pêche si Jean-Luc Mélenchon n’est pas au second tour. Quelle inconscience ! Quel insouciance aristocratique ou philosophique (ce qui revient dans ce cas au même) du sort du salariat !

Il faudra, au contraire, au second tour, unir toute la gauche : socialistes, front de gauche, écologistes, pour gagner. Cela suppose qu’au premier tour, le débat se fasse sans jeter de l’huile sur le feu. Il ne s’agit pas comme vous l’écrivez de nous donner la main dès le premier tour mais de le faire au second tour. Et pour cela, il faut essayer de ne pas envenimer les débats en employant des formules qui pourrait risquer de dresser un mur entre les forces de gauche et rendront beaucoup plus difficile l’union au second tour.

Les élections législatives

Je trouve tout à fait juste que le Front de Gauche négocie avec le Parti Socialiste un accord de partage des circonscriptions. Le Front de Gauche a droit, en effet, à une représentation parlementaire mais en l’absence d’une partie des sièges attribués à la proportionnelle (ce que propose François Hollande) cette représentation passe par un partage des circonscriptions sans lequel très peu de candidats du Front de Gauche (ou des Verts) auraient une chance d’être élus tant la bipolarisation électorale est forte. Pourquoi ne pas reconnaître que c’est un geste non négligeable qui est demandé au PS ? Pour que des candidats du Front de Gauche puissent être élus il ne présentera pas de candidats socialistes contre eux mais la réciproque ne sera pas vraie dans à peu près toutes les autres circonscriptions.

Pour les camarades du Front de Gauche qui estiment que le Parti Socialiste est un parti de droite que rien (ou si peu) ne distinguerait de l’UMP, la contradiction est de leur côté. Comment expliquer à leurs électeurs un accord électoral avec un parti de droite ? A moins, comme je le notais plus haut, que le Parti Socialiste ne soit de droit à la présidentielle et de gauche aux élections législatives.

Après les élections.

Il est tout à fait évident que François Hollande subirait (comme n’importe quel président de gauche) la pression des marchés financiers et qu’il pourrait avoir la tentation de céder à certaines de ces pressions.

Il peut y avoir deux orientations à gauche face à cette situation.

Celle qui consisterait à préparer le terrain en insistant beaucoup plus (par exemple) sur les déclarations prêtées à François Hollande à Londres que sur ses dénégations ou les déclarations faites au Bourget contre la Finance pour pourvoir affirmer le moment venu « nous vous avions prévenu » et espérer que la très grande majorité du salariat se regrouperait alors autour du Front de Gauche. C’est une vue de l’esprit. Cela ne s’est jamais passé comme cela. La dénonciation des "sociaux-traitres", la lutte « classe contre classe » en intégrant les Partis socialistes dans le camp du patronat, à chaque fois, cette politique a mené à l’échec : en Allemagne au début des années 1930, au Portugal au milieu des années 1970, en France en 1978 …

L’autre orientation consiste à s’appuyer sur tout ce qui peut unifier et faire avancer dans le bon sens. C’est vous l’aurez compris l’orientation qui est la mienne et celle de D&S. Les seules fois où le salariat a enregistré des avancées importantes, c’était quand la gauche a réussi à s’unir (même de façon déformée) comme en 1936, en 1945, en 1981, en 1997.

C’est pourquoi, l’orientation qui me paraît juste, face à la tentation que pourrait avoir François Hollande, devenu président de la République, de faire quelques concessions à la finance, serait que tous ceux qui veulent résister aux diktats de la Finance s’appuient sur toutes les déclarations faites par François Hollande, présentant la finance comme l’ennemi véritable, pour lui demander de tenir ses engagements et ne pas lui céder. Ce n’est pas en les minimisant aujourd’hui qu’il sera possible demain de prendre appui sur elles.

C’est uniquement avec une telle orientation qui aurait pour objectif que la François Hollande réussisse qu’il serait possible de gagner contre la Finance. Cela passerait bien sûr par la mobilisation du salariat, de la société, dans la rue comme dans les entreprises. Mais pour qu’elle soit massive, cette mobilisation devrait être unitaire et ne pourrait se faire contre François Hollande. Il faudrait, au contraire, mobiliser le salariat pour aider François Hollande à respecter ses engagements et à résister à la Finance en prenant les mesures nécessaires pour y parvenir. Mesures qui iraient certainement bien au-delà de son programme actuel. Mais le Front populaire en 1936 n’avait à son programme ni les congés payés, ni les 40 heures, ni les conventions collectives. C’est la victoire du Front Populaire (une unité déformée de la gauche puisqu’elle incluait un parti de droite, le Parti radical) qui a redonné l’espoir au salariat et permis la grève générale. Et, c’est la grève générale qui a amené le gouvernement Blum à aller bien au-delà de son programme initial.

Toute politique qui viserait à ce que François Hollande échoue en ponctuant ces échecs de « on vous l’avait bien dit » ne mènerait qu’à la division de la gauche et du salariat et, au final, au retour de la droite au pouvoir, avec ce que cela impliquerait pour le salariat.

JJC

 Réponse à Olivier Montillet 18 février 2012, par NAFISSATOU

Réponse à JJC

J’ai parcouru de nombreuses réactions à votre article, dont la plupart émanent de sympathisants du front de Gauche : elles me semblent claires, sensées et facilement compréhensibles... à l’inverse de votre réponse à M. Montillet qui est pour moi obscure, alambiquée et qui finalement ajoute beaucoup de confusion avec de nouveaux arguments encore plus faibles que ceux de l’article initial (si tant est que je les ai saisis). Ce qui s’entend bien s’énonce clairement...

Pour ma part :

c’est la première fois (j’ai eu 18 ans en 1981) que j’entends un discours "de gauche" cohérent avec un projet réaliste, adapté à nos préoccupations,

c’est la première fois que la "vraie" gauche est rassemblée au sein d’une dynamique, à l’opposé des "appareils" de droite,

Je ne perçois les différences entre l’UMP et le PS que dans la forme, malgré l’exposition médiatique dont ils auraient pu profiter pour souligner leurs oppositions si elles existaient,

Avec ou sans chèque en blanc, j’ai tendance à faire plus confiance à un candidat qui propose le renouveau démocratique (VIe République), plutôt qu’à ceux qui ont refusé et n’envisagent toujours pas de changement dans la représentation nationale qui favorise aujourd’hui de trop nombreuses formes de corruption.

Avec ou sans chèque en blanc, j’ai tendance à faire plus confiance à un candidat pour lequel la préoccupation écologique induit le projet économique, plutôt qu’à celui qui règle la question écologique avec un accord électoral, et la question économique avec un traité de constitution européenne "renforcé", dont on aperçoit toute l’efficacité redoutable chez nos voisins.

C’est pourquoi, cher Monsieur, je vous laisse poursuivre vos manigances et vos efforts pour changer le PS, et voterai pour le FdG aux 1er et 2nd tours...

 La paille et la poutre 16 février 2012, par Nelly VIENNOT
Je trouve que la réaction publiée dans l’Humanité du 15 février est tout à fait justifiée par l’article du Guardian que je vous joins en référence. Je trouve que la lettre de Démocratie et Socialisme est devenue bien tiède sur la situation actuelle en France et en même temps trop dithyrambique à propos de François Hollande. J’envisageais d’ailleurs de me désabonner, et cette polémique avec les communistes m’y encourage. Si vous pouvez faire suivre ce message à Gérard Filoche, je vous en serais reconnaissante Cordialement Nelly Viennot
 La paille et la poutre 16 février 2012, par claude ganne
vu le passé pas si vieux que cela, on peut penser que Hollande tienne un certain discours au peuple et un autre quasiment contraire aux banquiers ; pour avoir entendu il y a peu jean Auroux ( et l’enregistrement vidéo existe ), il est manifeste que les responsables du P S dont Hollande au 1er chef veulent bien discuter de tout aujourd’hui sauf de la question centrale : pour une société solidaire juste et citoyenne il faudra s’arracher aux griffes des marchés financiers, oui ou non ? la domination totale des marchés financiers est évoquée, en passant, ( le traditionnel et habile coup de chapeau social démocrate ), mais jamais abordée comme le sujet essentiel duquel découlent toutes les autres questions -chômage-pauvreté-inégalités-répression-racisme d’état, etc., et auquel il est incontournable de faire des propositions concrètes ! battre Sarkozy c’est indispensable, c’est vital pour l’empêcher de "finir le travail", mais le vote doit aussi servir à construire une alternative réaliste, concrète et solide, une alternative réelle pas une alternance molle qui au final ne sera qu’un trompe l’oeil pour le plus grand nombre ; bien dommage que D et S ait décidé, pour sa part de soutenir Hollande ... cordialement claude ganne
 La paille et la poutre 16 février 2012, par BJ

Voyez-vous, Jean-Jacques Chavigné, ça n’est pas la saillie sur les communistes qui me gêne le plus. On peut supposer que l’anti-communisme du Gardian ait déformé les propos de Hollande. Allez, faisons “comme si”.

Ce qui me gène vraiment, c’est le reste. Tout d’abord, Hollande semble se féliciter que durant les 15 années où la gauche a été au pouvoir, « elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations ». C’est bien ce qu’on lui reproche, et on en subit chaque jour les conséquences ! C’est avec le PS que les mots privatisation et libéralisme sont entrés dans le langage de gauche. Jusque là, on parlait plutôt de nationalisations et de socialisme, non ?

Plus loin, le Guardian dit « Son projet est le plus modeste de tous les candidats socialistes avant lui et ne contient aucune des promesses traditionnelles comme l’augmentation du SMIC ou des salaires, mais se propose de réduire le déficit public. » Ben oui, comme celui de Sarkozy qui lui non plus « ne contient aucune des promesses comme l’augmentation du SMIC ou des salaires, mais se propose de réduire le déficit public. »

Enfin F. Hollande a répété que c’était au parlement français de ratifier le futur “traité européen sur l’intégration économique” après les élections et il a écarté l’idée d’enregistrer cette ratification par un référendum. Revoilà la forfaiture du traité de Lisbonne !

En 2002, Jospin a dit que son programme n’était pas socialiste. Celui de Hollande en 2012 l’est encore moins.
En général, les mêmes causes produisent les mêmes effets...

 La paille et la poutre 16 février 2012, par JC Branchereau de Rouen

Les mêmes causes produisent les mêmes effets ... vraiment ? Et si les mêmes effets ne se produisent pas ... regarderez vous si les causes n’étaient pas les mêmes ?

Car enfin, la situation n’est pas la même qu’en 2002, la droite et Sarkozy ne sont pas les mêmes qu’en 2002 : ils veulent détruire le modèle social issu de 1945 ! Et si une majorité s’accorde pour dire qu’ils ont gouverné pour les riches contre les pauvres, c’est bien que la bataille qui s’annonce se pose en terme de classe bien plus clairement que cela apparaissait quand Jospin déclarait devant les "Lu’ : "l’Etat ne peut pas tout". Vous n’avez pas vu, depuis la crise, le retour du besoin de l’intervention publique ? Et vous croyez que les gesticulations de Sarkozy sur Lejaby (et c’est tant mieux pour les ouvrières !) ou Photowatt n’ont rien à voir avec la situation telle qu’elle est en 2012 ???

Quant au projet d’Hollande, on peut regretter que sur les salaires, les retraites ... d’autres questions ... il n’est pas repris les propositions de la gauche socialiste. Mais enfin ! reprendre la proposition de la CGT sur un pôle financier public décliné en fonds régionaux, c’est comme Sarkozy ? vouloir orienter l’épargne populaire vers les besoins économiques lorsque pendant des années on a laissé grossir l’assurance vie au profit des marchés financiers et des assureurs ... c’est comme Sarkozy ? C’est " ouvrir les marchés à la finance " ? Non c’est l’inverse, même si on peut aller plus loin !

Vouloir changer l’Europe en commençant par modifier le traité Merkel-Sarkozy, modifier les missions de la BCE, condamner la manière dont la Grèce est traitée ... c’est comme Sarkozy ? Il faut raison garder !

Et si honnêtement on regardait les points communs des projets de Hollande, Mélenchon, Joly ... comme l’a fait Gauche Avenir ... diriez vous envore que c’est comme Sarkozy toutes ces convergences réelles sur les questions économiques et sociales, sur l’égalité professionnelle, sur la justice ?

Il y a un vrai programme de gauche. Hollande parle du rassemblement de la gauche, appelle à se mobiliser ... Et bien faisons le pari que cette mobilisation permette d’aller plus loin comme à chaque fois que la gauche a été au pouvoir. On aura peut être pas tout ce qu’on veut mais avec Sarkozy on aura tout ce qu’on ne veut pas ! Voir les différences est essentiel en politique. Et décisif dans la bataille qui vient. Et c’est à partir de là qu’on peut pointer les insuffisances, militer pour aller plus loin. A l’inverse, tirer un trait d’égalité entre Hollande et Sarkozy c’est ne rien comprendre à ce qui va se passer, c’est se réduire à l’impuissance et au commentaire sans aucune chance d’être entendu.

 La paille et la poutre 16 février 2012, par BJ
Décidément, pas facile de discuter avec un militant. Personnellement, je suis socialiste, encarté nulle part et... abonné à Démocratie et Socialisme. J’ai donc la prétention de connaitre vos arguments. Je peux même dire que j’apprécie les papiers de G. Filoche et JJ Chavigné. Mais là, je n’y crois plus. Au contraire de vous, je suis persuadé que vous n’ancrerez jamais le PS à gauche. C’est mort, le PS n’est plus à gauche (la dérive à droite a commencé avec le gouvernement Fabius en 1984 et ne s’est jamais arrêtée). Partout en Europe les Parti Socialistes ne sont plus de gauche. Ce ne sont que des partis d’alternance qui appliquent les mêmes politiques que la droite (Voir Schröder, Blair, Zapatero, Sócrates, Papandréou, la liste est longue). Entre l’austérité tout court proposée par Sarko et l’austérité "juste" (oxymore) de Hollande, je refuse de choisir. Bon courage à vous, mais gare aux déconvenues. Vous ne pourrez pas nier que certains auront essayé de vous prévenir.
 La paille et la poutre 16 février 2012, par wanou von der Schlosstrasse

Les incantations de M. HOLLANDE resteront lettres mortes à Bruxelles ou à Berlin, le Front de Gauche n’est pas responsable du manque de clarté du programme Hollande, il ne l’est pas non plus de la décision des militants d’avoir désigné un candidat de centre gauche pour représenter l’alternative à Sarkozy ; l’exigence du Front de gauche vis-à-vis du positionnement de Hollande est proportionnelle au manque de méthode et d’engagement offert par votre candidat pour résister aux orientations récentes de la "nouvelle gouvernance européenne", celle de l’après crise financière.

Les sympathisants Front de Gauche, dont je fais partie, sont issus de tous les milieux et classes - moi-même j’ai été un libéral de droite qui voulait croire au principe de responsabilités des dirigeants, politiques, institutionnels, entreprises. La récente bascule de tous nos systèmes de valeurs et les modes de gouvernance qui en découle, m’ont fait rejoindre le Front de Gauche sans passer par la case PS celle présentée comme l’alternative "de raison". Faux, je crains que l’alternative Hollande sera pire car elle générera des attentes auxquelles vous ne voudrez pas répondre, c’est gravé. Bien à vous.

 La paille et la poutre 16 février 2012, par Eligriv

"Non c’est l’inverse, même si on peut aller plus loin !"

Et bien justement, nous voulons aller plus loin. C’est pourquoi nous votons Mélenchon. Ça me paraît quand même assez limpide non ?

D’ailleurs pourquoi NOUS devrions nous rallier à vous alors que votre programme propose MOINS que le notre ? Ne devriez-vous pas plutôt songer à nous rejoindre vous qui défendez le socialisme au sein d’un parti qui s’en réclame de moins en moins ? C’est un peu le monde à l’envers je trouve ...

 La paille et la poutre 16 février 2012, par JeffRenault
"ce qui importe, avant tout, c’est de remporter la victoire contre Sarkozy" : avant tout, vraiment ? Tristesse d’un débat politique stérile et ennuyeux où l’on a pour seule ambition que de virer le tenant du titre, comme dans une compétition sportive. L’absence d’idées nouvelles et de propositions audacieuses va nous mener dans une impasse. C’est terriblement inquiétant.
 La paille et la poutre 16 février 2012, par mongraindesel

En résumé, les gens sont cons, pour qu’ils votent machin faut que machin soit malin d’ailleurs ce qu’il pense machin on s’en fout la hiérarchie des normes la répartition des richesses tout ça on s’en fout ce qui compte c’est que machin paraisse normal de toute façon le parti de machin il est plein de gros pognon pour faire plein de com alors c’est sûr il va gagner

Moi je compte sur vous D&S pour dire le plus souvent possible que Cahuzac il dit pas des choses de gauche que Hollande il veut changer le rapport de force en touchant à la hiérarchie des normes...

C’est pas le départ de PRS le problème c’est la survie du PS

Il devrait y avoir un Sarkozy marginalisé face à une gauche et un centre qui s’assument Plus vous glandez au PS à vous regardez en chiens de faïence semblant motivé par l’unique souci d’éviter que le trésor du parti ne profite qu’aux autres plus les fachos profitent et si Hollande la gagne cette élection il semblera être de gauche grâce au sociétal au demeurant sympathique mais sur l’économique et le social et pour le plus grand bénéfice de la droite autoritaire c’est au nom de l’étiquette de gauche que votre caution autorise que sa politique libérale décevra

 La paille et la poutre 16 février 2012, par GF

« Plus personne ne croit à la possibilité de l’influence des courants de gauche interne au PS ni à leur possibilité d’agir de l’intérieur »

Parlez pour vous. Dites n’importe quoi dans votre tête, ou ailleurs mais pas ici. Cela n’a absolument rien de probant pour des millions d’électeurs socialistes, pour les 3 millions qui sont venus voter aux primaires, pour les 18,5 % de la gauche socialiste. . Ce n’est pas parce qu’un 6 nov. 2008 au petit matin, sans nous le dire, sans prévenir, tout d’un coup, avec de faibles arguments, Jean Luc Mélenchon a décidé de partir de la gauche socialiste et de changer sa stratégie, que les raisons de celle-ci d’exister et d’agir ont cessé. Je dirais même que son départ était à contre sens, à contre temps, et que c’était le moment ou il fallait continuer, faire murir les choses… Si vous saviez ce que tous ceux d’entre nous pensent par exemple, des ragots qui ont alimenté de façon mensongère l’odieuse manipulation du livre dit biographique de Jean-Luc Mélenchon signé par Stéphane Alliés… J’ai fini par le parcourir hier soir, indigné, je l’ai jeté de colère : que personne, surtout, ne croit un seul mot de ce qui y est dit sur l’histoire réelle de la Gauche socialiste… c’est de la falsification de a à z (j’avais bouclé un livre sur la période 1994 – 2008 que je mettrais à jour et qui paraitra… mais après l’élection) Si vous n’étiez pas sectaires, vous vous réjouiriez du travail militant que nous faisons, vous applaudiriez son intérêt pour toute la gauche, au lieu de chercher à le nier de façon intolérable. Vous n’imaginez pas, à la longue, la colère que vous finissez par créer dans la gauche socialiste, en écrivant ce genre de bêtise rasecleu, insultante (et nous sommes plus nombreux que vous, et nous nous réfrénons, car nous voulons mettre l’intérêt unitaire « supérieur » de la victoire du 6 mai en avant) nous, on se mord les lèvres, on ne vous attaque pas, par souci unitaire, avec la vraie et seule question, concrète : » – Pourquoi vous obstinez vous à rester en dehors de la bataille essentielle qui se joue dans le PS qui va gagner le 6 mai ? » Non, on respecte votre démarche, même si, par expérience, on estime qu’elle n’est pas la priorité, à nos yeux. Faites donc ! Expérimentez ! Et on vous dit « - Que pouvons nous faire ensemble, en nous respectant «  ? Chacun de nous croit que ce qu’il fait est le mieux, bon, allez, mais que pouvons nous faire ensemble pour avoir une gauche unie et forte et gagner le 6 mai ? et peser ensuite sur le contenu de la mise en oeuvre de la victoire ?

Mais victoire de quoi ? Quelle politique sortira victorieuse le 6 mai ? Expliquez-vous une bonne fois pour toute !
 La paille et la poutre 16 février 2012, par Gen

"nous sommes plus nombreux que vous, et nous nous réfrénons, car nous voulons mettre l’intérêt unitaire « supérieur » de la victoire du 6 mai en avant"

Sans vouloir vous offenser, je ne vois nullement ce qui peut vous amener à croire que le courant de la gauche socialiste, ultra-minoritaire au sein du PS, soit constitué de davantage de militants que les forces qui animent le Front de Gauche et par extension la France.

Vous êtes combien au fait, à militer en 2012 pour un virage à gauche d’un parti social-démocrate n’ayant eu de cesse de perdre son ambition de "changer la vie" pour s’aligner sur le modèle libéral - à l’instar de tous les partis sociaux-démocrates ?

Où est la dynamique de ces gens ayant toujours lutté en interne contre François Hollande ?

Merci de nous éclairer.

 La paille et la poutre 16 février 2012, par johnny
Quand on lit les déclarations de Hollande dans le Guardian, on se dit que Mélenchon a bien fait de quitter le PS...
 Où sont passées les valeurs du socialisme ? 16 février 2012, par Eligriv

De profondes divergences séparent aujourd’hui les soutiens et militants du Front de Gauche de la ligne tenue par le PS. Si nous sommes sévères à l’égard du candidat Hollande c’est que nous ne retrouvons pas dans son programme - ou, devrai-je dire, ses soixante propositions - les valeurs historiques du socialisme promues avec verve et précision par notre propre candidat, Jean-Luc Mélenchon.

Nous ne souhaitons pas cette division. Mais force est de reconnaître qu’à l’heure actuelle la plupart des désaccords qui nous opposent prennent racine dans des socles idéologiques différents. Oui je dis bien différents. Par désaveux successifs, la PS a, pas à pas, tourné le dos à ses fondamentaux.

Ces désaccords je ne vais pas les énumérer ici, nous les connaissons tous. Je regrette d’avoir à le dire, mais, personnellement, j’ai bien peur qu’ils soient - pour l’heure en tout cas - insurmontables. Posez-vous donc la question de savoir pourquoi tant de soutiens du Front de Gauche s’en prennent avec véhémence à François Hollande ! Ça n’est pas une question de personne mais de valeurs. Ces valeurs de la gauche qu’exprime le programme "L’humain d’abord" et auxquelles les meetings bleutés du candidat Hollande ne font que beaucoup trop rarement appel. Même le "Parti Socialiste" n’y figure plus qu’en toutes petites lettres, comme si il s’agissait d’un héritage honteux.

Vous me rétorquerez surement qu’il ne s’agit là que de symboles ou d’habillages purement cosmétiques ne témoignant en rien d’une rupture avouée avec le socialisme historique. Mais les mots du candidat Hollande vont malheureusement dans ce sens d’une désaffection à l’endroit des valeurs socialistes.

Alors bien sûr, nous n’irons jamais jusqu’à établir une relation d’équivalence entre Sarkozy et Hollande. Mais le second ne nous apparaît pas comme une véritable alternative au premier. C’est d’un nouveau cap dont nous avons besoin, pas de quelques corrections de trajectoire.

Bref, pour faire simple : tant que le PS n’aura pas renoué avec ses anciennes aspirations socialistes, inutiles d’escompter un ralliement de notre part. Nous restons fidèles à ces mots de Victor Hugo : "Qu’on ne l’oublie pas, le socialisme, le vrai, a pour but l’élévation des masses à la dignité civique, et pour préoccupation principale, par conséquent, l’élaboration morale et intellectuelle". Tout ce qui anime le candidat Mélenchon.

De profondes divergences séparent aujourd’hui les soutiens et militants du Front de Gauche de la ligne tenue par le PS.

Alors bien sûr, nous n’irons jamais jusqu’à établir une relation d’équivalence entre Sarkozy et Hollande. Mais le second ne nous apparaît pas comme une véritable alternative au premier. C’est d’un nouveau cap dont nous avons besoin, pas de quelques corrections de trajectoire.(sic)

parce que selon toi, l’objectif de battre Sarkozy ne prime pas dans cette élection ? c’est un "nouveau cap" qu’il faut... pas une correction de trajectoire...

battre Sarkozy est-ce subordonné à ce nouveau cap ? les "divergences" avec Hollande seraient plus importantes à te lire...

tu mets des conditions plus importantes que le but ? battre sarkozy mais pas à n’importe quel « prix » ? voilà ce qu’on lit dans l’offensive assez sauvage que les militants PG font sur nos sites... bien après que JLM ait dit "l’incident est clos"

voilà qui est révélateur.

je pense que ce qui « dégoutera » des forces de la gauche de la politique, si cela arrive, c’est si la division, si le « climat » est tel avant le 6 mai qu’il manque l’élan pour chasser ce pourri de Sarkozy.

Les « petites phrases » entre PS et Fdg (genre Hollandreou, flamby, molhandréou, capitaine de pédalo, pistolet à bouchon, etc...) ne seraient rien, vite oubliées, (même de part et d’autre) si elles ne faisaient l’objet de cabales inlassables comme celle que vous alimentez encore là.

Nous, nous essayons de dire qu’il ne faut pas les retenir, et qu’il faut nous consacrer à l’essentiel, ( 35, 60, 1700, 20,…) pour affaiblir et battre Sarkozy…. mais non, vous « touillez » inlassablement… répétez inlassablement…

il suffit de comparer les sites, les blogs, et hop c’est ce qui revient partout de la part surtout du PG, il faut le constater.

Même quand Mélenchon finit par dire que « l’incident est clos », ça continue. Cela laisse un climat malsain qui nous inquiète pour le 6 mai, seul vote décisif devant nous.

« l’entretien » (sic selon votre terme) c’est à dire l’écho déformé d’un repas et de ses propos attribués mais démentis après des traductions contestées de journalistes britanniques, en dépit des mises au point claires et répétées de Hollande et Moscovici, continue… de servir à cette cabale,

c’est là qu’on voit la mauvaise foi. Car au lieu de retenir, que « - Non, ça va », vous écrivez ENCORE avec de l’encre peu sympathique, vous re brodez que cela revient à « draguer le centre », que cela revient à « rassurer la finance », que cela revient à « refuser le débat », à « oublier la rue », (sic – et vous osez venir nous l’écrire ici à nous qui avons été au coeur, sinon le moteur de la bataille de 2010 pour la retraite à 60 ans),

mais un certain Mattleback l’ecrit, carrément sur le blog Filoche, il l’avoue : « à quoi ça sert de gagner une fois si c’est pour perdre la suivante ? » il pense à « après »

a "mattleback" : Vous l’écrivez vous ne voulez pas gagner si ce n’est pas vous qui gagnez… vous faites de votre démarche, du ralliement à votre sous-camp, la condition pour que notre camp commun gagne. Vous ne voulez « pas d’alternance », si ce n’est pas la votre, si ce n’est pas une alternative. Vous préférez que « la gauche existe encore dans cinq ou quinze ans » au fait de gagner le 6 mai…

Triste folie, triste objectif, triste calcul, quel mauvais sens politique, quelle sous-estimation sectaire des déroulés de la vie réelle : car si nous sommes battus le 6 mai, c’en sera durablement fini, tout de suite, de la gauche. Des millions de nos frères souffriront dans leur chair (peut être pas vous, vous pensez visiblement avoir « le temps »). Et tout de suite, pas dans 5 ou 15 ans, ce sera la destruction de ce qui restera de nos acquis sociaux.

Rouvrez les yeux sur l’essentiel svp, unité pour le 6 mai pour chasser de pourri de Sarkozy, tout commence par là, rien ne peut se faire sans cela.

"si nous sommes battus le 6 mai, c’en sera durablement fini, tout de suite, de la gauche. Des millions de nos frères souffriront dans leur chair."

Pour rappel, il reste les législatives derrière, et si votre champion n’est pas foutu de rassembler à gauche sur les bases sérieuses que vous défendez mais pas lui, que nous défendons mais pas lui, cela n’éteindra pas le rejet de la droite pour autant. Le gouvernement issu des législatives ne sera pas UMP et vous le savez ! C’est donc le moment pour une gauche forte de s’affirmer et il s’agit bien là de l’essentiel, d’ancrer au maximum des valeurs de gauche dans le débat public et dans l’esprit de nos concitoyens. Il y a des sectaires partout, ne vous attardez pas là-dessus car sinon nous n’en finirons jamais ! Les socialistes ont leurs fournées de trolls et ce ne sont pas les plus maigres non plus.

Moi je n’aurai aucune difficulté à voter socialiste quand le programme sera socialiste...

Personnellement je n’est rien contre Sarkozy. Ni pour. Mais je considère que sa politique est néfaste et je suis contre. Ceci étant dit je ne vois pas de raisons de voter contre sa politique et pour quelqu’un qui va faire, je le crains, la même politique avec quelque retouches cosmétiques. Et la lecture de GF ne m’a malheureusement pas du tout convaincue. J’attends plutôt que ce soit Hollande et je suis attentivement mais ce que j’entends ne me rassure pas du tout
Filoche dit : "quelle sous-estimation sectaire des déroulés de la vie réelle : car si nous sommes battus le 6 mai, c’en sera durablement fini, tout de suite, de la gauche. Des millions de nos frères souffriront dans leur chair..." C’EST REVELATEUR, il faudra retenir cette phrase et la ressortir. Pourquoi ? et bien parce qu’au lieu d’insister sur la force du mouvement social et de la gauche (plus ou moins favorisée selon un gouvernement de gauche ou de droite), elle dit clairement qu’il en serait fini de la gauche durablement (5, 10, 15 ans peut-être). Quelle vision électoraliste, qui essaie de tout mettre du côté de Hollande (catastrophisme si défaite) et qui est démobilisateur sur le long terme si par exemple sarko l’emportait malgré tout. Comme Filoche est un gauchiste perdu au PS, il nous relancerait qd même après la réélection de Sarko sur le terrain de la lutte sociale nous disant qu’on peut gagner etc. Et alors il traiterait de "défaitistes", "sectaires", et même "gauchistes"... ceux qui diraient que c’est impossible face à un nouveau Sarko de lutter efficacement pendant des années. C’est alors qu’ils devront ressortir cette phrase au combien révélatrice...
 Où sont passées les valeurs du socialisme ? 16 février 2012, par Babilou
Je partage la réponse du camarade auteur de "où sont passées les valeurs du socialisme ?" Et j’y introduis un fait remarquable sur les déclarations habituelles désormais de D&S. Gérard Filoche voyait des staliniens partout(y compris moi) et Jean Jacques Chavigné en remet une couche. Votre tenue à l’écart de la gauche pour de vrai repose essentiellement sur la détestation des trotskystes (que vous êtes au fond restés) pour les Communistes, par définition staliniens. Et accessoirement, c’est de plus en plus visible,la détestation entre la variété trotskyste incarnée par la LCR dont Filoche fut longtemps dirigeant, et celle de l’OCI-AJS(Lambertistes) par lequel passèrent et Mélenchon, et Jospin. En tous les cas, pour les "unitaires" que vous vous proclamez, vous êtes les champions du Grand écart et du Flou artistique :
- les 4 thèmes de D&S sont entièrement contenus dans l’Humain d’abord (1700,60,35,20) et c’est derrière Hollande qu’on vous trouve, dès le premier tour.
- Hollande déclare que le gouvernement grec doit "évidemment" respecter le vote du parlement en faveur du plan d’austérité imposé par la Troïka, et vous n’en finissez pas de lancer des appels à la défense de la Grèce...SEULS et isolés au PS.
- Vous avez choisi de rester au PS pour "l’ancrer à gauche", et jamais il n’a été plus social-libéral à coeur. Après tout si vous arrivez à faire entendre un discours de gauche au CN du PS via Filoche(sans Lienemann, ni Quilès, ni Gauche-Avenir),mais vous savez très bien qu’ont vous y prend pour des "charlots"("Filoche ? celui qui parle comme Arlette ?" m’a dit Quilès.)En tous cas jamais un amendement ou une initiative inspirée par Filoche au titre d’une de ses nombreuses casquettes : Attac,Inspecteur du Travail,CGT, PS,D&S : rappelez-vous le flop d’exigences-citoyennes-retraites auprès des socialistes, l’incapacité à inspirer un amendement au sein d’UMA contre les "primaires socialistes" présidentialisant le choix du candidat. L’amendement a été inspiré par Gauche-Avenir et défendu en Convention Nationale par Quilès. Bref vous ne servez à rien d’autre qu’à chanter les louange de Filoche et à donner au PS des brevets d’anti-libéralisme qu’il ne mérite pas.
Bravo ! J’ai du mal à suivre la dérive libéral du PS Même si peut être le commentaire de Hollande est un trait d’esprit dans un contexte Brtitanique !
 La paille et la poutre 16 février 2012, par

C’est pourtant ce que vous faites, "jeter de l’huile sur le feu".

Mélenchon a classé l’affaire à 12H30 hier, via son blog, suite au complément apporté par François Hollande, en appelant au calme.

 La paille et la poutre 16 février 2012, par amilcar
Ne pas jeter de l’huile sur le feu ? ben voyons....et que venez vous donc faire à l’instant ? .Au parti socialiste je m’accorderais avec de Gaulle : "ce qu’on peut lui reprocher c’est de ne pas être socialiste" !! Je suis socialiste et ne voterais pas pour hollande au second tour et chaque jour que l’omnipotent fait je tache d’en convaincre les gens de mon entourage , ce n’est pas les arguments qui manquent et ils sont particulièrement convaincant !!!vous pouvez vous faire du soucis !!!
 La paille et la poutre 16 février 2012, par ChN
Ne pas voter Hollande au second tour ? Parce que Sarko c’est pareil ? la classe ouvrière, les salariés ne te diront pas merci ! A moins que tu fasses partie des privilégiés tu as des soucis à te faire ... Moi je ferais un vote de classe ! le seul possible le 6 mai et je continuerai à me battre ensuite.
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