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Non à la ratification du Mécanisme européen de stabilité (MES)

vendredi 17 février 2012 par Jean-Jacques Chavigné

 

L’article 136 du traité de l’Union Européenne autorise la création d’un Mécanisme européen de stabilité (MES). Il est proposé à la ratification du Parlement français le mardi 21 février.

La gauche dans son ensemble et les élus socialistes en particulier devraient voter contre cette ratification pour 2 raisons essentielles.

1. Parce que le MES est un mécanisme de solidarité à l’usage exclusif de la Finance

Les « plans d’aides » de l’Union européenne et du FMI se présentent comme des plans d’aide à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal. En réalité, les Grecs, les Irlandais, les Portugais n’ont jamais vu la couleur d’un seul euro des aides qui leur ont été soi-disant apportées par l’Union européenne, le Fonds européen de stabilité financière FESF) dont le MES devrait prendre la succession) et par le FMI. Les fonds prêtés par ces institutions vont directement rembourser les banques, les assurances et les fonds spéculatifs lorsque les titres des dettes publiques grecques, irlandaises ou portugaises qu’ils détiennent arrivent à échéance.

Par contre, c’est bien aux peuples grecs, irlandais ou Portugais de rembourser les sommes versées directement à la Finance par le Fonds européen de Stabilité financière (FESF). Il en irait de même, demain, pour les sommes directement versées à la Finance par le MES si des pays européens (l’Italie, l’Espagne…) choisissaient de faire appel à l’Union européenne et au FMI.

Par contre, ces sommes versées directement à la Finance seront assorties de conditions, c’est-à-dire de plan de destruction sociale tels que ceux qui ont été imposés à la Grèce, au Portugal ou à l’Irlande. Cette institutionnalisation des pratiques du FMI et de l’Union européenne serait inscrite dans le traité puisque le texte soumis à la ratification du Parlement stipule expressément : « l’octroi au titre du mécanisme de toute assistance financière nécessaire sera subordonné à une stricte conditionnalité ».

Constater les effets économiques, financiers et sociaux de ces « conditionnalités » en Grèce ne peut qu’entrainer le refus de ratifier le MES.

La Grèce subira en 2012 sa cinquième année de récession consécutive. Les plans de destruction sociale qui lui ont été imposés ne lui ont pas permis de sortir de la récession liée à la crise bancaire de 2007-2008. En 2011, son PIB a encore diminué de 6 %. L’année 2012 sera encore pire.

En 2010, la dette publique grecque s’élevait à 140 milliards d’euros. Moins de deux ans plus tard, les conditions imposées à la Grèce ont amené cette dette à 162 milliards d’euro.

Le chômage dépasse les 22 % de la population active et atteint 45 % chez les jeunes (49,5 % chez les jeunes femmes). Les salaires et les retraites ont été amputés de 50 % et même, dans certains cas, de 70 %. La malnutrition fait des ravages parmi les enfants de l’école primaire. La faim fait sa réapparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est occupé par des dizaines de milliers de SDF, misérables, affamés et en haillon. Les hôpitaux ne peuvent plus fournir les médicaments de base. 35 % des grecs font maintenant appel aux hôpitaux de rue pour pouvoir se soigner (5 % avant la crise)… Le nouveau plan de restructuration sociale que vient de voter le Parlement grec supprimera les conventions collectives, imposera la suppression immédiate de 15 000 emplois dans le secteur privé et abaissera de 22 % le salaire minimum, de 32 % pour les jeunes qui ne percevront plus que 527 euros par mois quand ils auront la chance d’avoir un travail à temps plein. Les retraites complémentaires diminueront de 15 %. Par contre les cotisations sociales patronales diminueront de 2 % en 2012 et de 13 % en 2013 !

2. Parce que le MES est indissociable du traité européen que veulent nous infliger Sarkozy et Merkel : le « Traité sur la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire » (TSCG)

L’octroi d’une « assistance financière » par le MES sera conditionné à partir du 1er mars 2013 à la ratification du TSCG qui inclut, notamment, la « règle d’or » de Merkozy.

Qui accepte l’un, accepte l’autre.

Pour appuyer la volonté de François Hollande de renégocier le traité de Merkozy, il est nécessaire de ne pas lui entraver les mains en votant pour une ratification du MES et par là-même du TSCG.

En votant contre cette ratification, les élus socialistes aideraient François Hollande à créer un rapport de forces qui lui faciliterait la tâche lorsqu’il ira, comme il l’a annoncé, rencontrer Angela Merkel pour renégocier le TSCG.

Jean-Jacques Chavigné

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Je suis totalement contre cette ratification !
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Conclusion du vote PS à l’assemblée qui de fait est un vote OUI ?

Démocratie et socialisme ne peut plus se voiler la face et doit rejoindre sans le moindre regret le Front de Gauche et appeler à voter Jean Luc Mélenchon !

D’ailleurs après cette preuve, j’envisage de repartir aussi sec (du PS).

Mais bon, pas avant le 22 avril 2012, faut quand même virer sarko, or le Front de Gauche (même avec ceux qui croient en lui mais votent PS) ne pèse que 17% donc voter FdG tant que celui ci ne s’est pas renforcé, en pompant par exemple sur les méthodes des Indignés (Assemblée citoyenne en lieu ouvert et non fermé) , je m’excuse mais c’est voter (en 2012) sarko.

Ils étaient contre le MES, ok, mais là ils soutiennent ceux qui se sont abstenus.
Votre raccourcis est un peu trop rapide. Si voter Mélenchon au 1er tour de la présidentielle et pour la candidature la mieux placée à gauche au second tour c’est "voter (en 2012) sarko" alors il est inutile d’avoir plus de 2 candidats. Autant modifier la loi pour imposer un bipartisme PS/UMP. Dans le cadre de la démocratie limitée que représente l’élection présidentielle bonapartiste héritée du coup d’Etat de 1958 (Mitterrand assurait que ce coup d’Etat était "permanent" et il avait à mon sens bien raison) on "choisit" au premier tour et on "rejette" au second tour. Nombre d’électeurs de gauche, comme moi, feront le choix de Mélenchon avant de rejeter sarko. Mieux, nous voteront pour les candidats du FdG au premier tour des législatives et pour la candidature la mieux placée à gauche au second tour. Plus le score de Mélenchon sera élevé plus les candidatures FdG à la députation seront lancées efficacement. Au résultat nous espérons bien avoir suffisamment d’élus pour faciliter une législation favorable au salariat. Nous ferons alors les comptes en comparant avec avec EELV sur la stratégie la plus efficace : abandonner son programme contre des places réservées ou assumer son programme en acceptant la compétition à gauche ? Notre place sur l’échiquier politique est la place historique du PC, qui loin d’être mort revient en force et compte bien retrouver bientôt l’une de ses capacités essentielles : ancrer le PS à gauche ! Pour cela il est nécessaire que nous reprenions les millions de voix que la politique droitière du PS va nécessairement lui faire perdre. Sans FdG c’est la victoire de la droite par défaut en 2017 (Le PSOE a perdu 4 millions de voix après avoir pratiqué l’austérité et je ne parle même pas du PASOK). Les peuples commencent à comprendre, il est temps que le PS redevienne lui-même s’il souhaite conserver un avenir.

Et tu veux que le FdG ait une nombre suffisant de député pour que le PS n’ait pas la majorié seul. Mais on connait, le PS pour des lois européano-financiariste va demander des voix au centre !

Non, moi je voterais pour vous si vous aviez un potentiel crédible, au moins celui de l’UMP.

En effet là vous avec 9% de gens qui s’assument Fdg et 8% de gens comme moi qui sont FdG, mais qui ayant beaucoup à perdre avec sarko, veulent" assurer en votant PS.

Donc 17% c’est inférieur à sarko. Si cétait supérieur je voterais FdG !

Donc 17% c’est inférieur à sarko. Si cétait supérieur je voterais FdG !

Si tu faisais les choses à l’endroit ? Commencer par voter FG, pour qu’il fasse 17% !

Toi comme moi avant, c’était seulement par amour des gens qu’on votait, là on joue notre job. En effet sarko a prévu de supprimer mon entreprise publique. Je suis obliger d’"assurer". Car dis moi si je me trompe, si sarko me mets au chômage en septembre 2012, est ce que OUI ou NON, le Front de Gauche compte me verser une pension pour me nourrir.

Si tu me réponds non, je te répondrais "excuse moi d’avoir besoin de manger : une sale manie !"

 Je suis obliger d’"assurer" 3 mars 2012, par BJ

 

« Je suis obliger d’"assurer" »

Je vois pas le rapport. Rien ne t’empêche de voter FG au premier tour, et comme tous les sondages donnent FH au second, il sera temps pour toi d’assurer, comme tu dis.

Si tu laisses tes idées à l’entrée de l’isoloir, ne t’étonnes pas de ne pas les retrouver en sortant !

Nous, électeurs de gauche, regarderons de très près le vote des députés PS sur le MES. S’ils nous refont le coup de l’abstention comme au traité de Lisbonne, on aura compris. Entre le Hollande du Bourget qui dit avoir la finance pour ennemi, et celui du Guardian qui veut rassurer la City, on saura lequel est le vrai.
Voir la petite vidéo sur le MES, le nouveau dictateur européen
cette vidéo est disponible depuis septembre ; quelques politiques s’émeuvent depuis 3 ou 4 jours : ya comme un retard à l’allumage
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