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Assemblée Nationale

La majorité de droite a adopté le projet de Mécanisme Européen de Stabilité (MES)

jeudi 23 février 2012 par Jean-Jacques Chavigné

 

Le 21 février, la majorité de droite de l’Assemblée nationale a adopté le projet de Mécanisme Européen de Stabilité Financière.

250 députés UMP ont voté pour, ainsi que 11 députés du Nouveau Centre. 16 députés socialistes (dont Henri Emmanuelli, Julien Dray, Olivier Dussopt, Régis Juanico, Pascal Terrasse) ont voté contre, ainsi que 3 députés Europe Ecologie Vert et 18 députés du Front de Gauche.

Une cinquantaine de députés socialistes n’ont pas pris part au vote. 130 députés socialistes, radicaux de gauche et divers gauche se sont abstenus.

Nous avions appelé les parlementaires socialistes à se prononcer contre ce projet pour trois raisons

D’abord parce que nous considérons que le MES est un Mécanisme exclusivement au profit des banques et de la Finance. Les aides qu’il accordera seront des aides aux banques, aux assurances, aux fonds spéculatifs, créanciers des dettes publiques européennes. Ces aides seront conditionnées aux mêmes plans de destruction sociale que ceux qui frappent aujourd’hui les peuples grecs, irlandais et portugais.

Ensuite parce que le MES est indissociable du traité européen dit « traité Merkozy », le Traité sur la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (TSCG) qui veut instaurer des « règles d’or » dans tous les pays de la zone euro.

Enfin, parce que nous estimions qu’un vote « contre », unanime, de l’opposition de gauche à l’Assemblée Nationale aurait créé un rapport de forces plus favorable à la renégociation du « traité Merkozy », voulue par François Hollande.

Nous saluons donc chaleureusement le vote « contre » des 16 députés socialistes.

La majorité des députés socialistes se sont abstenus

Cette abstention n’a pas été la condition qui a permis à Sarkozy d’obtenir la majorité pour son projet. La droite est largement majoritaire à l’Assemblée nationale et n’a nul besoin, comme à Versailles en février 2008 où il lui fallait une majorité des 3/5ème des suffrages exprimés, d’une abstention des socialistes pour faire voter son projet.

Nous ne mettons donc pas l’abstention de la majorité des députés socialistes sur le même plan que le vote « pour ». Il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter les critiques à l’emporte-pièce de la droite. Nous partageons le point du vue que Régis Juanico, l’un des députés socialistes qui a voté contre le MES lorsqu’il affirme : « Qu’on s’abstienne ou qu’on vote contre, ce sont deux positions qui plaident pour la renégociation du traité ». Aucun député socialise, en effet, n’a voté « pour » le MES et n’a accepté de cautionner la « règle d’or » contenue dans le Traité Merkozy.

La possibilité de renégocier ce traité reste donc ouverte. Elle devra s’appuyer sur la mobilisation la plus large possible et, avant tout, sur la victoire de François Hollande le 6 mai prochain.

Jean-Jacques Chavigné

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 le PS (européen) a voté pour le texte 5 mars 2012, par oh les hypocrites !
Les socialistes européens ont voté le texte, ça dit tout de la suite, le PS français en pleine campagne ne pouvait faire de même dans le pays du NON au TCE, il fera semblant de négocier puis appliquera (stratégie Jospin en 1997 qui avait dit la même chose). C’est pourquoi le PS s’est abstenu car en votant contre cela aurait signifié l’affrontement avec le PS européen. on voit donc que Hollande et le PS nous trahira une fois de plus après la victoire nécessaire face à sarko. Au moins cette fois ci nous sommes prévenus, ne pas le dire comme le fait ce courant groupusculaire dans le PS est hypocrite mais bon là aussi on a l’habitude

Jean-Jacques Chavigné : "Nous ne mettons donc pas l’abstention de la majorité des députés socialistes sur le même plan que le vote « pour »".

Ben voyons. Et pour le Sénat, qu’est-ce que vous allez inventer comme excuse sachant que la gauche y est majoritaire et que l’abstention des "socialistes" en peau de lapin a permis de faire passer le MES ? Faudrait arrêter de vous foutre de la gueule des militants de gauche. Ça vous plait tant que ça de jouer les idiots utiles ?

 Réponse à Gilbert 29 février 2012, par JJC

Bonjour Gilbert,

Quand arrêteras-tu d’essayer de faire prendre des vessies pour des lanternes ? Quel que soit le vote du Sénat, le MES aurait été adopté en deuxième lecture par l’Assemblée nationale qui, dans la constitution, a le dernier mot. Mais peut-être l’ignorais-tu ?

La majorité de droite à l’assemblée nationale n’avait donc nul besoin de l’abstention des socialistes pour faire voter le MES.

Tu peux tordre le bâton dans tous les sens, l’abstention n’est pas un vote "pour". D’autant que les socialistes qui se sont abstenus ont expliqué dans quelle optique ils le faisaient : permettre à François Hollande de renégocier le traité Merkozy.

Nous estimons qu’un vote "contre" aurait été préférable. Nous l’avons dit et redit. Il aurait même permis d’établir un meilleur rapport de forces pour permettre à François Hollande de renégocier le traité Merkozy.

Ce n’est pas pour autant que nous ne savons pas faire la différence entre une abstention et un vote "pour". La politique n’est pas forcément "la nuit où toutes les vaches sont grises".

Cordialement, JJC.

 Réponse à la réponse 29 février 2012, par Gilbert
C’est ça, prend moi pour un con. Je sais très bien que l’Assemblée nationale a le dernier mot au terme de la navette. Je sais aussi qu’en votant non, les "socialistes" en peau de lapin auraient joué leur rôle. C’est pas sérieux (de la part de Hollande et de ses affidés libéraux) de faire croire qu’on peut renégocier plus facilement un traité qu’on a aidé à faire passer. Je sais aussi très bien - je ne suis pas le dernier des demeurés - que la politique c’est l’art des compromis. Mais je sais encore mieux faire la différence entre compromis et compromissions. Il y en a eu trop de la part du parti dit (improprement) socialiste. La coupe est pleine.
 Nouvelle réponse à ta réponse 29 février 2012, par JJC

Gilbert,

C’est un plaisir toujours renouvelé que de discuter avec toi.

Non, bien sûr, je ne prends pas pour un con. C’est d’ailleurs pour cela que je pensais que tu ne savais pas que dans la navette Sénat-Assemblée nationale, l’Assemblée nationale avait toujours le dernier mot.

Si voter "non", c’est jouer le rôle de "socialiste en peau de lapin" comme tu l’affirmes dans ton message, reconnais que ce n’est gentil ni pour les socialistes qui ont voté "contre" le MES, ni pour les députés et sénateurs du FG qui ont fait de même.

Les camarades du FG avaient donné lune large publicité à un soi-disant interview que François Hollande aurait accordé au "Guardian".

J’espère qu’il donneront la même publicité au contenu de cette dépêche de l’Agence Reuters :

" En visite à Londres, berceau de la "City", François Hollande a plaidé mercredi pour une meilleure régulation de la finance européenne et souligné la nécessité d’une approche commune sur ce point avec l’opposition travailliste au Royaume-Uni.

A mois de deux mois de l’élection présidentielle en France, le candidat socialiste a reçu les encouragements du chef du Labour Ed Miliband, avec lequel il a dit son intention de préparer d’autres alternances à gauche.

"Nous sommes aussi venus ici à Londres pour dire que la finance doit être au service de l’économie, doit permettre de créer de la richesse et non pas s’enrichir sur l’activité économique réelle", a ajouté le candidat.

C’est "la finance non régulée" qui est à l’origine de la crise de 2007, a fait remarquer de son côté Ed Miliband. "Nous devons réformer la façon dont fonctionne la finance et le capitalisme... »

Cordialement,

JJ

Hollande dit tout et son contraire. Un discours pour les militants, un autre pour les financiers. Comment lui faire confiance ? Même quand il annonce une tranche d’impôt à 75 % c’est pipeau, ça rapporte que dalle s’il n’y a pas une réelle progressivité entre 45 % et 75 %. Allez, va, vous ne convainquez que les benêts. Si c’est votre seule ambition...
Que faites-vous encore au PS. Depuis le temps, il n’est toujours pas venu à gauche !! La ligne de fracture est claire : le vote au traité institutionnel. (idem le MES)
Tout ce que je peux lire et entendre de la part du candidat socialiste me conforte dans l’idée que, devenu président, il ne prendra aucune réelle mesure contre la finance qu’il qualifie "d’adversaire". L’abstention de la majorité des députés socialistes, le 21 février 2012, sur le MES n’augure rien de bon. J’entends dire que la porte reste ouverte pour une renégociation, ou encore, la droite étant majoritaire au parlement, qu’ils se soient abstenus ou qu’ils aient voté contre le MES n’aurait rien changé au résultat. Mais moi, ce qui me préoccupe, ce n’est pas le vote de la droite, c’est le vote de l’ensemble de la gauche. Le PS devait voter "non". Une fois de plus, on se heurte à une attitude politique ambiguë.
il faut de la cohérence à gauche, le seul vote possible était le non ; attention de ne pas multiplier les ambiguités ( ce que l’on reproche d’ailleurs à Hollande ) michel Audousset universitaire
Le 6 mai je ferai comme les députés (socialistes) je m’abstiendrai.

Je trouve que cette décision est complétement pas logique !
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Godes et Godemichet

Bonjour, Je ne suis pas d’accord avec vous:Il ne fallait pas attendre après les élections Présidentielles pour rejeter Le MES. 1/:50 Députés PS qui n’ont pas pris part au vote ??Quelles mauvaises raisons invoquées ? 2/Les Votes Abstentionistes des Socialistes sur ce sujet laisse présager une politique du moindre mal à l’avenir.Nous sommes tous Grecs en ce moment, le carcan que nous imposent,SARKOMERKEL inclus Au traité de Lisbonne, laissent Les BANQUES PRIVEES libres de toutes manoeuvres.S’abstenir est en accepter toutes les conséquences, car revenir sur de tels engagements sera bien compliqué.Le PS ménage trop "la chèvre et le chou".. Bien à vous

J’ai toujours constaté dans ma vie de Militant (Syndicaliste ,Politique ) qu’une ABSTENTION sur un choix,sur une menace de plans sociaux ,équivalait à entériner ,ce choix,ces plans sociaux ! Surtout lorsque d’un côté des organisations syndicales défendent des solutions crédibles ,des rapports économiques viables ,face au Patronat et Actionnaires voraces de Bénéfices et de résultats toujours de plus en plus élevés ,et que,pour appuyer ces solutions ,ces rapports ,il faut garder l’UNITE des travailleurs et qu’une Organisation Syndicale s’ABSTIENT !! Alors ,tout s’écroule autour de soi,les PATRONS ont vite décéler la FAILLE ,l’UNITE des Travailleurs qui se délite et c’est l’ECHEC qui se profile ,la DELOCALISATION,la REDUCTION des EFFECTIFS ,le GEL des SALAIRES et jusqu’à la FERMETURE de l’ETABLISSEMENT ! C’est comme cela ,qu’aprés avoir été NATIONALISEE ,LA CHIMIE ,LA SIDERURGIE ,L’AERAUNOTIQUE,LA NAVALE ,EDF etc...etc... ont été en partie PRIVATISEES ,ce sont mis en FILIALES ;ces FILIALES cotées en BOURSE et aujourd’hui bradées à des FONDS DE PENSION ! Si les SOCIALISTES avaient médité ces mauvais CHOIX du passé (Toujours d’actualité d’ailleurs :Voir le PÖLE VINYLIQUE d’ARKEMA vouloir être céder pour le FRANC symbolique à KLESH le liquidateur des Chaussures MYRIS !),alors peut-être sur la question du MECANISME EUROPEEN DE STABILITE (MES),par leur VOTE CONTRE ,une UNITE ,une FORCE ,un ESPOIR ,aurait pû se construire pour AVANT ,PENDANT ,APRES les ECHEANCES ELECTORALES :PRESIDENTIELLE et LEGISLATIVES !! Un retraité de la CHIMIE EX-NATIONALISEE,du FRONT DE GAUCHE ,

Raymond NUNEZ de PORT DE BOUC

François Hollande dévoile son véritable programme à la City : nos commentaires (Partie 2/2) Par François Ruffin, 23/02/2012 http://www.fakirpresse.info/Francois-Hollande-devoile-son,322.html

Le Bourget contre The Guardian : choisissez votre François Hollande. Tant qu’à faire, on préfère la version du quotidien britannique, qui a le mérite de l’honnêteté : finance protégée, traités européens à peine retouchés, aucune conquête sociale à attendre… Demandez le programme !

1 – Une « Finance sans parti » ?

Au Bourget : « Mon adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

Au Guardian : « La gauche a gouverné pendant quinze années, durant lesquelles nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. »

Après le discours du Bourget, on s’étonnait de ses lacunes. Car pour nous, cet « adversaire » en a, des « visages », et pas qu’un : c’est Marc Ladreit de Lacharrière, patron du fonds Fimalac – qui possède l’agence de notation Fitch Rating, qui a délocalisé loin du continent la production des outils Facom, qui conseille de faire de même avec les voitures Renault ; c’est Michel Pébereau, le PDG de BNP-Paribas, qui joue avec les dettes des états et jongle avec les paradis fiscaux ; c’est Jean-Charles Naouri, qui a arraché une plus-value du naufrage de Moulinex, etc.

Car, surtout, cet adversaire en a un, de « parti », ou plutôt deux : c’est la droite de gouvernement, le RPR, qui a privatisé les banques – notamment sous Chirac (1986). Mais c’est aussi son camp, le Parti socialiste, qui a libéralisé la Finance sous Bérégovoy (1984). Et ces stock-options qu’il se propose aujourd’hui de « supprimer », c’est son camarade Dominique Strauss-Kahn qui en a allégé la fiscalité (1997).

« Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies », poursuivait François Hollande, comme s’il s’agissait, quasiment, d’une catastrophe naturelle, d’une fatalité tombée d’un ciel peu clément – mais c’est peut-être, surtout, davantage, que des dirigeants politiques, par des lois, dans les ministères et les parlements, ont confié à cette finance « le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies ». Dans ses propos tenus au Guardian, François Hollande rétablit cette vérité historique : « La gauche a gouverné pendant quinze années, durant lesquelles nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a pas de grandes inquiétudes. » C’est honnête. Seul hic : ces orientations – « ouverture des marchés à la finance » et « privatisations » – François Hollande les range dans la colonne positif du bilan de la gauche, plus qu’il ne se livre à une autocritique faite de regrets…

2 – Avec quelles armes ?

Au Bourget : « Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

Au Guardian : « La City de Londres ne doit pas avoir peur… » « Il n’y a pas de grandes inquiétudes… ». Lui ne se montrera pas « agressif ». Et pour rassurer les marchés, François Hollande affirme même que, dans sa lutte contre la finance, il n’en fait ni plus ni moins que « tous les autres présidentiables français, Nicolas Sarkozy inclus ».

Après le discours du Bourget, Le Nouvel Observateur – et autres médias roses bonbon – s’enflammaient pour ce « Cap à gauche ». Pas nous. Car même alors, alors qu’il dénonçait cet « adversaire » ô combien redoutable, la Finance, son « emprise [qui] est devenue un empire », à aucun instant, jamais, il ne nous dit de quelles armes il userait comme futur président : reviendrait-il sur « la libre circulation des capitaux, y compris avec les pays tiers » – cet instrument de chantage permanent pour les forces de l’argent ? Abolirait-il ces dogmes qui inspirent l’Europe libérale – « la concurrence libre et non faussée », « l’indépendance de la Banque centrale européenne », etc. ? Sur tout ça, rien. Nulle rupture annoncée avec les traités de Lisbonne ou de Maastricht, nulle refondation de l’Union sur un nouveau socle.

Dès lors, la manœuvre apparaissait dans sa simplicité. Et Sylvie-Pierre Brossolette (du Point) la dévoilait très lucidement sur le plateau de Mots Croisés le 23 janvier 2012 : « Je pense qu’un gouvernement de gauche se doit de donner à ses électeurs, aux électeurs français qui vont lui faire confiance, des symboles, du verbe, un peu presque de la mythologie en compensation de la future inévitable rigueur. Tout le monde le sait très bien. Mais sur le moment, je suppose que les gens de gauche qui écoutaient François Hollande étaient heureux. Ils ont entendu ce qu’ils ont envie d’entendre, qu’ils n’entendaient pas depuis un bout de temps, et ils se sont dit "ça y’est". Ils ont enfin un leader qui nous dit, effectivement, que l’argent c’est pas bien, il faut pas être fasciné par l’argent, il faut aimer les gens, c’est mieux. Que là effectivement, le monde de la finance, c’est quelque chose d’un peu traumatisant, que il faut l’égalité dans ce pays... À mon avis, c’est le grain à moudre pour pouvoir mieux faire passer le reste, parce que après il faudra évidemment serrer les boulons. » À ses côtés, Manuel Valls, porte-parole de Hollande, approuvait du bonnet : « Oui oui ».

D’emblée, nous le savions – mais la rencontre avec The Guardian le confirme : face à la Finance, il n’y aura pas de bataille du tout. Même pas avec un pistolet à bouchon…

3 – Revenir sur « le Traité européen » ?

Au Bourget : « Je proposerai à nos partenaires un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance. »

Au Guardian : « Il a renouvelé sa demande pour un changement du traité européen sur l’intégration économique, mais a semblé tempérer son appel à une renégociation complète, soulignant qu’il voulait ajouter une clause concernant la croissance économique, qu’elle soit incluse ou non dans le traité. Il a ajouté qu’il reviendrait au Parlement français de ratifier le traité après l’élection, et qu’il ne ferait pas de référendum. »

Déjà, avec Le Bourget et le « pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance », les Bourses devaient trembler. Mais voilà qu’il modère encore sa modération : une petite « clause » mentionnant la croissance, et il sera content…

Ça rappelle des souvenirs. Durant l’été 1997, en effet, Lionel Jospin vient d’entrer à Matignon. Le passage à l’euro, prévoit le programme du PS, ne sera accepté par la France que « sous conditions ». Mais à Amsterdam, les « partenaires » ne font qu’une concession de vocabulaire : « le pacte de stabilité » devient « pacte de stabilité et de croissance ». La gauche plurielle s’est rendue sans combattre – et François Hollande, alors Premier secrétaire de son parti, entérine. « À ce moment-là, m’expliquait l’économiste Jacques Généreux – alors au PS, aujourd’hui au Front de Gauche – la gauche gouverne l’Europe. Treize pays sur quinze ont des socio-démocrates à leur tête, ou sont présents dans des coalitions. À Paris, Lionel Jospin vient d’être élu. Il a fait campagne sur les conditions pour que la France signe un nouveau traité – notamment l’harmonisation sociale, fiscale, etc. Il va à Amsterdam. Il évoque ces conditions. Il se fait renvoyer dans ses buts par ses amis, par des gouvernements du même bord. Et là, malgré tout, il se couche : il accepte de signer. Il présente ça comme un progrès. Ce jour-là, c’est devenu lumineux, parfaitement incontestable : le libéralisme était ancrée dans leurs têtes. »

4 – Pour gagner quoi ?

Au Bourget : « J’ai parlé du Rêve français. Oui, le beau rêve, le rêve que tout au long des siècles, depuis la Révolution française, les citoyens ont caressé, ont porté. Ce rêve de vivre mieux, ce rêve de laisser un monde meilleur, ce rêve du progrès, ce rêve de pouvoir franchir à chaque fois les étapes de l’humanité. C’est ce rêve-là que j’ai voulu de nouveau ré-enchanter. »

Le Guardian conclut : « Son projet est plus modéré que tous ceux des candidats socialistes avant lui, et ne contient aucune des promesses traditionnelles de gauche d’augmenter le salaire minimum ou les salaires, mais envisage en revanche de freiner le déficit public. » Avec sobriété, voilà un excellent résumé de cette campagne « au centre toute ! ».

Il est désormais certain, et cet article en témoigne, que le candidat socialiste, s’il devenait président, ne prendrait pas la moindre mesure contre son « adversaire » la Finance (suppression des stock-options, taxe sur les mouvements de capitaux, etc.). N’apporterait aucune conquête, ni écologique ni sociale… Sauf si une pression populaire l’exigeait. À nous d’y travailler… en commençant par dévoiler ce véritable programme. C’est-à-dire, pour l’essentiel, sa vacuité.

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