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Grèce : la victoire « à la Pyrrhus » de la droite

mercredi 20 juin 2012 par Jean-Jacques Chavigné

 

Ne nous y trompons pas, nous ne sommes en rien préservés du sort que la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI), Angela Merkel et les marchés financiers font subir à la Grèce. Ils ont imposé à la Grèce un plan de destruction sociale totalement inédit dans un pays européen en temps de paix. Ils n’auront aucune hésitation à essayer nous infliger la même punition s’ils estiment que les intérêts de la Finance sont en jeu.

La victoire de la droite

Nouvelle Démocratie, l’emporte avec 29,66 % des suffrages exprimés, très loin des 45,41 % obtenus, lors de sa dernière victoire électorale, en mars 2004. C’est un parti de droite, l’équivalent de l’UMP en France, il siège d’ailleurs, comme ce dernier, dans les rangs du Parti Populaire Européen (PPE) au Parlement européen. Avec la prime de 50 sièges accordée par la Constitution grecque au parti arrivé en tête des élections législatives, il détient 129 sièges alors qu’il faut 151 sièges pour obtenir la majorité au Parlement grec. Il lui faut donc passer des alliances, au minimum avec le Pasok dont les 33 sièges permettraient d’atteindre 162 sièges et donc la majorité absolue.

Il ne s’est guère embarrassé de scrupules pour obtenir sa victoire. Soutenus par les médias grecs et européens, par la plupart des gouvernements de la zone euro, il a fait de sa campagne une campagne de la peur, menaçant les Grecs des pires calamités et en particulier de la sortie de la zone euro si Syriza l’emportait. Il n’a pas hésité non plus à reprendre les termes de l’extrême-droite contre « l’invasion des immigrants » et à accueillir à bras ouverts quelques transfuges notables de l’un des partis de cette extrême-droite, le Laos.

La victoire de la droite est une victoire de la peur. Les médias grecs, la plupart des dirigeants européens, Nouvelle Démocratie ont tout fait pour transformer ce vote en un vote « pour ou contre l’euro ». Un vote qui, aussitôt la victoire de la droite annoncée, est d’ailleurs devenu dans la quasi-totalité des médias, en Grèce comme en France ou en Allemagne, un vote « pour l’austérité ».

Quand il s’agit de tenter de sauver la Finance, la mémoire de certains dirigeants européens s’avère bien courte. Ils semblent avoir oublié que Nouvelle Démocratie était le parti qui, au pouvoir entre 2004 et 2009, avait dissimulé la moitié du déficit budgétaire de la Grèce de 2009 (6,3 % contre 12,7 % en réalité) et provoqué la crise de la dette publique grecque.

Son dirigeant, Antonis Samaras, cherche aujourd’hui à obtenir la participation ou le soutien parlementaire du Pasok et de Dimar (une scission de droite de Syriza en 2011) pour constituer un gouvernement.

La courte défaite de Syriza

Le parti de gauche, Syriza, défendait cinq mesures concrètes et immédiates : stopper les licenciements dans la fonction publique, augmenter le salaire minimum de 480 à 750 euros (le niveau du salaire minimum avant que la Troïka n’impose une baisse 270 euros de cet équivalent grec de notre Smic), rétablir les conventions collectives de travail, annuler la dette des ménages en difficulté, supprimer la nouvelle taxe d’habitation qui frappait durement les ménages les plus modestes. Il exigeait également la renégociation du « mémorandum » le plan de destruction sociale de la Grèce imposé par la Troïka.

Contrairement à toute la campagne des médias européens, en France comme ailleurs, Syriza est opposé à la sortie de la Grèce de l’euro. Mais il ne s’est guère trouvé de dirigeants politiques pour rappeler que le traité de Lisbonne ne prévoit en aucun cas la sortie d’un État-membre de la zone euro. Peu de dirigeants politiques ont surtout rappelé que le chantage de l’Allemagne, de la Troïka et des conservateurs grecs n’était que du bluff et que la sortie de la Grèce de la zone euro était beaucoup trop dangereuse pour l’Union européenne et l’Allemagne en tout premier lieu. L’Union européenne ne pouvait pas prendre le risque de faire tomber tous les « dominos » (Espagne, Italie, Belgique…) les uns après les autres. Elle aurait été obligée de négocier le « mémorandum » sous la menace de voir la Grèce annuler une partie de sa dette et menacer de faillite les banques européennes.

Dans un entretien accordé à Libération, le 16 juin dernier, Réna Dourou, députée et porte-parole de Syriza était pourtant parfaitement explicite sur l’enjeu des élections, comme l’étaient d’ailleurs toutes les déclarations d’Alexis Tsipras : « Il s’agit de décider de la politique à suivre pour que la Grèce reste dans la zone euro et y soit traitée de manière digne et égale. C’est la politique actuelle qui mène à la destruction de l’euro en plus de celle de la société grecque ».

Syriza, par la voix de son dirigeant Alexis Tsipras, a décliné l’invitation de participer à un gouvernement dirigé par Nouvelle Démocratie et affirmé qu’il « était désormais le principal parti d’opposition ».

La déroute du Pasok

Le Parti socialiste grec d’Evangelos Vénizélos avait recueilli 43,92 % des sièges en 2009. La politique de soumission à la Finance et à Merkel-Sarkozy qu’il a mené pendant plus de deux ans, sous la direction de Georges Papandréou, lui a fait perdre plus de 30 % de l’électorat grec et 119 sièges au Parlement.

Le Pasok finira certainement par accepter d’entrer dans la majorité parlementaire de Nouvelle Démocratie et sans doute au gouvernement. Au moment où sont écrites ces lignes, il conditionne sa participation à un gouvernement dirigé par Nouvelle Démocratie à la participation de Syriza à ce gouvernement. On peut comprendre son angoisse : sans Syriza, participer à un tel gouvernement qui s’est engagé à respecter l’essentiel du « mémorandum » c’est-à-dire du plan de destruction sociale imposé à la Grèce par la Troïka risque de lui faire perdre encore quelques centaines de milliers de suffrages aux prochaines législatives.

Les nazis d’Aube dorée maintiennent leur score de mai dernier

Les nazis d’Aube dorée profitent de la misère sociale, du recul catastrophique des services publics dans les quartiers populaires, notamment de la police. Les privatisations en cours ne peuvent qu’accentuer ce phénomène.

Ils obtiennent le même score que le 6 mai 2012 (un peu moins de 7 %) Ils ne représentent aujourd’hui qu’un danger marginal mais comme partout et particulièrement en Grèce, le libéralisme sème à la fois le désordre et le désir d’ordre et c’est la politique imposée par le « mémorandum » qui a fait et continuera à faire le lit de ce parti.

Où va la Grèce ?

Le parti conservateur d’Antonis Samaras a remporté une victoire étriquée. Son assise populaire est encore plus étroite puisque les partis qui refusent l’austérité ont recueilli prés de 60 % des suffrages et que la grande majorité des Grecs qui ont voté pour lui l’ont fait pour éviter le pire alors qu’ils vont, malheureusement, subir le pire.

La Grèce est en récession depuis 5 ans. La politique de « rigueur » imposée par la Troïka a plongé le pays dans une récession encore plus profonde : son PIB a diminué de 6,9 % et ce sera sans doute bien pire en 2012. Selon l’Autorité des statistiques grecque, le chômage frappe 22,6 % de la population active et 52,7 % chez les moins de 24 ans. La situation humanitaire de la Grèce est des plus alarmantes : les suicides ont augmenté de 40 % en un an, le nombre de SDF est croissant, les gens ont de très grandes difficultés à obtenir des médicaments, la situation de ceux qui sont atteints d’un cancer ou du sida est infernale, les hôpitaux publics et les écoles ferment les uns après les autres…

Après avoir fait miroiter la possibilité d’une renégociation du « mémorandum » si Nouvelle Démocratie l’emportait, Angela Merkel vient brusquement de refermer la porte que son ministre du Budget avait un tout petit peu entrouverte en laissant entendre qu’il serait peut-être possible, non de revenir sur le « mémorandum » mais d’allonger un peu les délais de sa mise en pratique.

La poursuite des « réformes » exigées par le référendum va encore davantage plonger la Grèce dans la récession et la misère sociale. Beaucoup de ceux qui ont voté pour le parti d’Antonis Samaras vont s’apercevoir que ce vote n’a fait qu’aggraver les problèmes auxquels ils sont confrontés. Le mouvement social a maintenant, avec Syriza, trouvé un débouché politique à ses luttes et s’en trouve renforcé. Il serait donc tout à fait étonnant que le gouvernement d’Antonis Samaras, quel qu’il soit, puisse aller au bout de la législature et qu’il ne soit pas, bien avant, obligé d’organiser des élections anticipées.

Le bras de fer de François Hollande et d’Angela Merkel François Hollande est aujourd’hui engagé dans un bras de fer avec Angela Merkel pour imposer que l’Union européenne s’engage dans une politique de croissance, de relance de l’économie et rompe avec les politiques d’austérité que veut imposer la Chancelière allemande.

La situation de la Grèce indique, avec un cruel réalisme, à quel point la croissance et l’austérité sont antinomiques, à quel point sont incompatibles la relance et le « mémorandum », forme concrète que prend l’austérité en Grèce. Ce « mémorandum » qui brise la demande intérieure grecque, avec une baisse de 22 % des retraites, une baisse du même montant du salaire minimum et de 32 % du salaire des moins de 25 ans, interdit toute politique de relance. Essayons d’imaginer ce que pourrait être la croissance ou la relance de l’économie en France avec un Smic en recul de 22 % !

Et l’euro ?

Les marchés financiers restent tenaillés par l’inquiétude. Chercher à les « rassurer » relève décidément de la mission impossible. Les spéculateurs n’ont aucune illusion, ils savent que la Grèce est toujours sur la corde raide et que, pour sauver les créanciers de sa dette publique, il faudra rapidement un nouveau plan, de 40 milliards d’euros minimum. Ils considèrent donc la présence de la Grèce dans la zone euro comme un sursis, malgré les promesses faites par Nouvelle Démocratie.

L’Espagne n’a pas quitté le collimateur des marchés. Marian Rajoy présentait pourtant les difficultés de l’Espagne comme une conséquence de l’incertitude de la situation grecque. Dès le lendemain de l’élection grecque, les taux exigés par les marchés financiers pour permettre à l’Espagne de refinancer sa dette à 10 ans dépassaient 7 % et atteignaient 7,22 %. Un taux que l’Espagne (comme tout autre Etat) ne pourra pas longtemps supporter. Elle devra alors, soit restructurer sa dette publique, soit demander à l’Union européenne un plan de sauvetage de ses créanciers (des banques espagnoles en grande partie). Un prêt qui non seulement mettra aussitôt l’Italie en ligne dans le collimateur des marchés mais qui paraît tout à fait hors de portée du « pare-feu » européen, qu’il s’agisse du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou du Mécanisme européen de stabilité (MES).

Jean-Jacques Chavigné, le 19 juin 2012


Résultats des élections législatives en Grèce

Octobre 2009Mai 2012Juin 2012
Nouvelle Démocratie33,48 % - 91 sièges18,85 % - 108 sièges29,66 % - 129 sièges
Syriza4,60 % - 13 sièges16,78 % - 52 sièges26,89 % - 71 sièges
Pasok43,92 % - 160 sièges13,18 % - 41 sièges12,28 % - 33 sièges
Grecs indépendants 10,61 % - 33 sièges7,51 % - 20 sièges
Dimar 6,11 % - 19 sièges6,26 % - 17 sièges
KKE7,54 % - 21 sièges8,48 % - 26 sièges4,50 % - 12 sièges
Aube Dorée 6,97 % - 21 sièges6,92 % - 18 sièges
Laos5,63 % - 15 sièges2,9 % - 0 siège1,58 % - 0 siège
Participation70,92 %65,10 %62,47 %
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Deuxième remarque :

Vous écrivez très justement :

« Il (Samaras) ne s’est guère embarrassé de scrupules pour obtenir sa victoire. Soutenus par les médias grecs et européens, par la plupart des gouvernements de la zone euro, il a fait de sa campagne une campagne de la peur, menaçant les Grecs des pires calamités et en particulier de la sortie de la zone euro si Syriza l’emportait. »

Parmi les soutiens de la campagne de Samaras figurent trois membres du gouvernement français : Fabius, Moscovici, Cazeneuve sont successivement intervenus en faveur des forces politiques qui respectent le memorandum, ou « les engagements de la Grèce » Hollande a fait une intervention particulièrement claire et hypocrite devant la chaîne grecque Mega Channel : "J’ai conscience que les électeurs (grecs) doivent avoir la pleine souveraineté mais je dois les prévenir que (...) si l’impression est donnée que les Grecs veulent s’éloigner des engagements qui ont été pris et abandonner toute la perspective de redressement, alors il y aura des pays dans la zone euro qui préféreront en terminer avec la présence de la Grèce dans la zone euro"...

« Des pays », bien sûr,... pas lui... mais il n’y peut rien... il n’est que l’humble président de la deuxième puissance européenne...

C’était parfait pour Samaras, qui avait axé toute sa campagne sur le chaos qu’entraînerait une victoire de Syriza, mensongèrement assimilée à une sortie automatique de l’euro, et aussi un beau coup de poignard dans le dos de Tsipras, qui s’était appuyé sur la victoire de Hollande pour montrer que le changement était possible en Europe !

Vous me direz que ni Hollande, ni aucun ministre n’ont appelé explicitement à voter Nouvelle Démocratie, qu’il existait une autre force pro-memorandum, le PASOK. Sauf que compte tenu de l’effondrement de ce dernier le 6 mai, la seule issue pour empêcher Syriza de rafler le bonus de cinquante sièges attribués par la constitution au parti arrivé en tête, c’était de voter Samara. ce que semblent avoir fait un certain nombre d’électeurs habituels du PASOK, selon Le Monde.

Un « vote utile » en quelque sorte, sauf que cette fois-là, il ne s’agissait pas d’éliminer Sarkozy, mais de faire barrage au Syriza en utilisant le vote pour l’UMP grecque.

Exagération ? Voici les propos de David Assouline, porte-parole du PS, tenus au milieu de l’euphorie des résultats dimanche soir :

« Il y a en Grèce des situations qui dépassent le clivage gauche/droite. Il y a un clivage entre ceux qui veulent l’austérité et ceux qui misent sur la croissance, entre les tenants d’un repli nationaliste et ceux qui sont attachés aux vertus de l’internationalisme. Une coalition de gauche n’est pas une solution quand il y a un tel désastre national… C’est un peu comme au lendemain de la guerre en France. Si, sur quelques questions clés, une coalition peut être formée, ça peut être aussi une bonne solution » (article malheureusement payant : http://www.mediapart.fr/journal/international/180612/l-europe-et-la-france-soulagees-par-la-victoire-de-la-droite-grecque ) Qu’est-ce que l’internationalisme pour D. Assouline ? La solidarité –certes internationale- avec les banquiers et les spéculateurs qu’il faut sauver de la banqueroute, en préservant le memorandum. D’où vient le danger qui menace l’Europe ? des « tenants d’un repli nationaliste », expression par laquelle il désigne, dans le contexte, le Syriza : c’est l’exact inverse de leur ligne politique, comme vous l’expliquez très bien dans l’article. D. Assouline, qui n’a visiblement pas gardé beaucoup de traces de son passage à la Gauche Socialiste utilise à contre-emploi l’exemple de l’après guerre en France : s’il y a une force, en Grèce, qui est porteuse d’un programme semblable à celui du CNR, c’est le Syriza. Quant à la force politique que D. Assouline se réjouit de voir à la tête d’un gouvernement d’union sacrée censé sauver le pays ruiné, c’est celle qui a mené le pays à la banqueroute de 2004 à 2009 (ce que vous rappelez très utilement dans votre article), celle qui a pour programme la guerre sociale impitoyable menée de Bruxelle et de Berlin contre les travailleurs grecs : la Nouvelle Démocratie, le parti de Karamanlis de Mitsotakis, puis de Samara. Le porte-parole du PS applique grossièrement à la situation grecque la grille de lecture des ouistes en 2005 : celui qui s’oppose à l’Europe libérale est antieuropéen et nationaliste.

Les propos de David Assouline sont révoltants, mais ils ont le mérite de la franchise. Ils sont une transposition, à l’échelle de la Grèce de la collaboration active dans les institutions européennes entre le PPE (parti de la droite européenne) et le PSE minoritaire, dont le PS et le PASOK sont membres.

Il y a une autre façon, au PS, d’éluder la question gênante du soutien à l’union sacrée autour de ND. Voici ce que dit Henri Weber, dans les mêmes circonstances :

« Le président de la République est porteur d’une alternative en Europe au traité budgétaire. Il est engagé dans une négociation dure avec une majorité de gouvernements conservateurs ou libéraux. S’il veut rassembler une force, il ne peut pas se cantonner à des incantations. François Hollande a choisi ses axes. Et déjà pour ses demandes sur la croissance, ça va pas être facile. »

Selon Weber, on ne peut pas tout faire à la fois, lutter pour négocier avec une majorité européenne conservatrice la croissance en plus de l’austérité, et soutenir des forces de gauche anti-austéritaires, en passe d’être majoritaire dans leur pays. On en déduit que Hollande aurait donné des gages à Merkel pour renforcer sa position dans les négociations. Mon volet croissance contre la Grèce ? Curieuse façon d’établir un rapport de force.

Merci, Jean-Jacques, Gérard, pour cette synthèse précise et efficace.

Une première remarque (d’autres suivront, si j’ai le temps de les rédiger) :

La présentation du programme de Syriza se limite aux cinq mesures concrètes et immédiates qui reviennent sur les politiques (anti)sociales imposées par la troïka. Elles sont décisives, mais il est dommage que vous ne mentionnez pas les grandes lignes du projet de sortie de crise de la dette, parce qu’il est tout à fait identique à celui que vous proposez dans votre livre Dette indigne : moratoire – audit public – restructuration et/ou annulation de la dette, nationalisation des banques… (voir le Manifeste économique de Syriza, publié le 31 mai). http://www.okeanews.fr/syriza-le-manifeste-economique-pour-les-prochaines-elections/

L’expression « renégociation » du memorandum ne me semble pas exacte. C’est la formule du Pasok, voire de la Nouvelle Démocratiede Samaras. Tsipras a parlé d’annulation du memorandum, (voir le manifeste), d’abrogation de ces textes de loi imposées par la troïka, d’où ont découlé toutes les lois de destruction sociales. Deux jours avant les élections, il annonçait : « lundi sera un jour sans memorandum ». Et lundi, il assurait que Syriza amplifierait la lutte pour « mettre fin au memorandum de l’austérité et de la paupérisation ». Il est vrai que Tsipras, il y a dix jours a infléchi son vocabulaire en parlant de négociations pour « remplacer » le memorandum (mais pas l’améliorer !) ; Je pense qu’il s’agissait à ce moment de ne pas laisser croire que Syriza se contenterait de décisions unilatérales, sans envisager de négociation sur la dette, et de donner ses chances, en cas de victoire, à une alliance avec DimAr, la « gauche démocratique ».

Il n’y a pas, pour Syriza de négociation sans sortie du cadre imposé, sans confrontation et établissement d’un rapport de force. C’est donc une perspective radicalement différente de celle que propose Hollande lorsqu’il avance la « renégociaton du traité européen » en proclamant à l’avance son accord avec le principe de l’austérité, pour ensuite « rééquilibrer » le traité par un ajout sur la croissance. La règle d’or européenne et le memorandum grec ont ceci de commun qu’ils sont tous deux inapplicables, voués à l’échec, mais que s’il faut attendre qu’ils deviennent caducs d’eux-mêmes, ils auront eu le temps d’ici là de justifier d’immenses régressions sociales et économiques. Ne faut-il pas les refuser frontalement, au lieu de chercher des biais tactiques générateurs d’illusion ?

…“Le Pasok finira certainement par accepter d’entrer dans la majorité parlementaire de Nouvelle Démocratie et sans doute au gouvernement”… C’est fait

“Peu de dirigeants politiques ont surtout rappelé que le chantage de l’Allemagne, de la Troïka et des conservateurs grecs……” et de M. Hollande

“…Quand il s’agit de tenter de sauver la Finance, la mémoire de certains dirigeants européens s’avère bien courte…” Comme au P.S. D’ailleurs après M. Papandréou on parle de Mme Royal pour assurer la présidence de l’I.S.

comment expliquez vous l’intervention de Hollande quelques jours avant l’élection grèque afin qu’ils ne se trompent pas de vote et le refus de recevoir le leader de la gauche au moins par Martine Aubry. Vous ne l’avez pas soutenu quand il le fallait, Holllande a préféré recevoir le pasok qui est au niveau de la démocratie nouvelle. Je trouve que c’est trop facile. je viens de découvrir ce site qui parait socialiste et je ne comprends pas car votre analyse me parait assez juste sauf par rapport au danger de l’aube dorée (vu ce que je lis sur les blogs grecs). Et maintenant nous allons avoir un président qui va accepter la règle d’or assortie de clauses de croissance(vide) et encore et vous allez écrire un article bien critique dans peu de temps car c’est sûr nous allons aller vers la grande austérité promue par l’europe, le FMI et continuer à obéir à la finance.proposition : participez à la demande faite par ATTAC pour un référendum citoyen, au moins là il y aurait concordance entre les actes (et avant la catastrophe)à moins que vous soyez d’accord avec cela en contradiction avec votre article mais qui est sur un autre pays

POLITIQUES /www.liberation.fr/politiques,11> « Le Parti de gauche fait fausse route » 21 juin 2012 à 16:42 (Mis à jour : 16:51)

Jean-Luc Mélenchon, le 18 mai 2012 à Hénin-Beaumont (Photo : Denis Charlet. AFP) • - /www.liberation.fr/politiques/2012/06/21/le-parti-de-gauche-fait-fausse-route_828124#> • A /www.liberation.fr/politiques/2012/06/21/le-parti-de-gauche-fait-fausse-route_828124#> • + /www.liberation.fr/politiques/2012/06/21/le-parti-de-gauche-fait-fausse-route_828124#> • • /www.liberation.fr/politiques/2012/06/21/le-parti-de-gauche-fait-fausse-route_828124#> • • 0 /www.liberation.fr/monlibe/comments/new_comment/libe.article/828124/> • • /www.liberation.fr/monlibe/favorites/favorite/add/libe/contentmodel/828124> • /www.liberation.fr/mailfriend/40/828124/> • • Tweeter /twitter.com/share?text=%C2%ABLe%20Parti%20de%20gauche%20fait%20fausse%20route%C2%BB&url=http%3A//www.liberation.fr/politiques/2012/06/21/le-parti-de-gauche-fait-fausse-route_828124&related=liberation_info&via=liberation_info> • Envoyer /www.facebook.com/share.php?u=http%3A//libe.fr/s/2012/06/21/-_828124&t=%C2%ABLe%20Parti%20de%20gauche%20fait%20fausse%20route%C2%BB> • Abonnez-vousà partir de 1€ /www.liberation.fr/accounts/offres/> RÉCIT Adhérent de la première heure, l’économiste Jacques Rigaudiat, ex-conseiller de Michel Rocard et Lionel Jospin, démissionne de la formation de Jean-Luc Mélenchon et s’en explique dans une lettre. Par LILIAN ALEMAGNA Ce n’est pas un coup dur, mais ça ne va pas arranger les affaires de Jean-Luc Mélenchon... Jacques Rigaudiat, économiste et ex-conseiller social de Michel Rocard et Lionel Jospin à Matignon quitte le Parti de gauche (PG). Dans une longue lettre datée du 18 juin adressée à ses« camarades du Comité Rosa-Luxembourg » - et publié sur un blog de Mediapart /blogs.mediapart.fr/blog/serge-marq/180612/demission-de-jacques-rigaudiat-du-pg> - ce conseiller à la Cour des comptes, adhérent aux premières heures du PG en 2008, annonce sa « démission » d’une formation qui, selon lui, « fait fausse route ».

« Je ne peux continuer à feindre de cautionner des choix que je ne partage pas et un mode de fonctionnement que je ne veux plus supporter », écrit Rigaudiat. La liste des reproches fait à la formation fondée et coprésidée par Mélenchon est longue. La « stratégie politique » d’abord. « Certes, je ne minimise nullement le très grand succès qu’a constitué la campagne des présidentielles, concède-t-il.Mais une stratégie politique se juge à ses fruits et ils sont, au final, bien amers [...] Notre capital électoral aura donc été aussitôt dilapidé dans la législative. » « La France n’est pas la Grèce » Notamment en cause, le « combat » de Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont : « Sa défaite nous atteint tous. Durablement. Dans le débat politique national, elle éloigne sa voix et ainsi nous affaiblit. » Pour l’économiste, « le PG vit sur le mythe qu’unique "recours à gauche", il sera "inéluctablement" porté au pouvoir "avant dix ans", dès lors que [...] l’on table sur le fait que "les éléments peuvent aussi s’inviter". » Selon lui, Mélenchon fait une erreur d’analyse : « La France n’est pas la Grèce et avant d’inviter chez nous une même catastrophe sociale, peut-être vaudrait-il mieux se demander comment l’éviter ! »

Après la stratégie, la « tactique politique gravement erronée » : « Ancré qu’il est dans la certitude que "le bruit et la fureur" auront raison de toutes les barrières, dans l’illusion complète de pouvoir être "en tête de la gauche", le PG oppose de manière impavide un optimisme inconditionnel et sans faille à toute réalité », défend Rigaudiat.« Privilégier, tout à la fois, électoralement, la présidentielle et, politiquement, la coupure complète de la gauche de transformation d’avec celle de gouvernement », a fait du mal au PG, écrit l’ex-socialiste. « Ombres » Selon lui, le PG et le Front de gauche auraient dû « d’abord s’inscrire dans une dynamique anti-Sarkozy », « rechercher en priorité un front commun de toute la gauche pour le battre » et arriver à un « accord démocratique avec le PS - et l’on sait que les représentants du PG en ont, au final, été les fossoyeurs. » Autre critique : l’analyse « simpliste, qui veut voir dans les révolutions d’Amérique latine les prodromes d’un tsunami démocratique. » Rigaudiat accuse ainsi ses camarades de« tai[re] soigneusement » les « ombres qui assombrissent la démocratie en Amérique du Sud ». Quant aux « modes de fonctionnement du PG », Rigaudiat déplore le fait que « les vrais débats n’ont lieu qu’au sein d’un tout petit groupe qui, seul, prend les décisions. »

« Je suis triste que Jacques ait pris cette décision, a réagit Martine Billard, coprésidente du PG auprès de Libération.fr. Mais il dit vouloir rester dans le Front de gauche, donc nous continuerons à travailler ensemble. » Pour l’ex-députée de Paris, les critiques sont« surprenantes » : « Jacques avait décidé au dernier congrès de ne pas repartir à la direction. Quant à la critique sur la stratégie, il fait une erreur d’appréciation. Nous ne sommes pas dans un enfermement mais dans la possibilité d’une alternative. S’il n’y avait pas d’alternative au PS, les socialistes seraient dans un modèle à l’Italienne d’alliance au centre, sans autre perspective à gauche pour les classes populaires que celle de l’extrême droite. »

Des fondateurs du PG, Rigaudiat est, depuis 2008, la troisième personnalité après l’ex-syndicaliste Claude Debons /www.liberation.fr/politiques/01012355482-fondateur-du-parti-de-gauche-claude-debons-rend-sa-carte> et l’économiste Christophe Ramaux /www.lemonde.fr/politique/article/2011/01/18/l-economiste-christophe-ramaux-claque-la-porte-du-parti-de-gauche_1467294_823448.html> , à claquer la porte.

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