Démocratie & Socialisme
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Un tableau qui en dit long

lundi 27 mai 2013 par Jean-Jacques Chavigné

 
PIB 2012 (Milliards d’euros) Variation / 2011 Dette 2012 / PIB Variation / 2011 Déficit 2012 / PIB Variation / 2011 Taux de chômage/ Population active
France 2030 + 0 % 90,2 % 90, 2 % / 85,8 % -4,8 % -4,8 %/ -5,3 % 11 %
Espagne 1050 -1,4 % 84,2 % 84,2 % / 69,3 % -10,6 % -10,6 % / -9,4 % 27,2 %
Grèce 194 -6,4 % 156,9 % 156,9 % / 170 % -10 % -10 % / -9,5 % 27,6 %
Italie 1566 -2,4 % 127 % 127 % / 120,8 % -3 % -3 % /
 3,8 %
11,5%
Allemagne 2544 +0,7 % 81,9 % 81,9 % / 80,4 % +0,2 % +0,2 % / -0,8 % 5,5 %

Selon Eurostat

La Grèce devait être le laboratoire des politiques de l’Union européenne. Les politiques de la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI) devaient assurer son redressement financier, économique et social. La réalité démontre tragiquement le contraire.

En France, contrairement à toutes les affirmations sur le « sérieux budgétaire », la dette publique a augmenté de 90 milliards d’euro en 2012.
La croissance a été nulle cette même année et l’économie française est maintenant officiellement en récession avec deux trimestres successifs de croissance négative (- 0,2 %). Le nombre de demandeurs d’emplois dépasse son niveau de 1997 et chaque point de croissance en dessous de 1,5 % entraîne le chômage de dizaines de milliers de personnes. L’Unedic annonce 178 000 demandeurs d’emplois en 2013, malgré les « emplois d’avenir » et les « contrats de génération ». En Italie la récession est déjà installée avec une croissance négative de - 2,4 % en 2012. Le chômage atteint 11,5 % de la population active. Le « Mouvement 5 étoiles » a obtenu 25 % des voix aux dernières élections législatives et le pays est aujourd’hui dirigé par une coalition instable du Parti démocrate et du parti de Silvio Berlusconi. Les marchés financiers sont à l’affût, prêts à augmenter leurs taux d’intérêt dès la moindre crise politique.

En Espagne, les remèdes de la Troïka et de Manuel Rajoy ont amené le peuple espagnol dans la même impasse dramatique que la Grèce. L’Allemagne elle-même subit le poids de la récession avec une croissance limitée à 0,7 % en 2012. Au premier trimestre 2013, cette croissance n’est plus que de 0,1 %. Angela Merkel recueille les fruits de sa politique : la récession se généralise en Europe car le TSCG a généralisé l’austérité.

L’Allemagne ne trouve donc plus de clients pour exporter sa production en Europe mais aussi en Chine qui achète moins de machines-outils à l’Allemagne parce qu’elle peut moins vendre de produits de consommation à l’Union européenne.
Le faible taux de chômage de l’Allemagne trouve son explication dans deux facteurs qui ne sont pas vraiment positifs.
Le premier de ces facteurs est le non renouvellement des générations. Pour assurer le renouvellement des générations, le taux de fécondité doit être égal à 2,1 %, or il n’est que de l’ordre de 1,3 % à 1,4 % en Allemagne depuis plusieurs décennies. Très peu de jeunes allemands arrivent donc chaque année sur le marché du travail.
Le deuxième facteur d’explication et l’augmentation des « emplois atypiques » à 400 euros par mois (ou moins). Ces emplois sont maintenant 7,9 millions.

Le chômage augmente à pas de géant dans tous les pays qui ont à subir les « remèdes » de la Troïka
Le taux de chômage dépasse 27 % de la population active en Grèce et en Espagne, il atteint 17,5 % au Portugal et 15 % en Irlande.
Aucun peuple européen n’est à l’abri des plans de destruction sociale de la Troïka, des « conditionnalités » imposées par le Mécanisme européen de stabilité à tout pays qui demande l’appui de la BCE pour mettre fin à la spéculation des marchés financiers sur les taux d’intérêt de sa dette publique.

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