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8 mars : journée internationale de lutte des femmes

Où en sommes-nous ?

mercredi 5 mars 2014 par Sybille Fasso

 
La loi sur l’égalité femmes-hommes est en bonne voie. Après avoir été adoptée au Sénat en septembre, l’Assemblée Nationale a voté le 28 janvier en première lecture le projet de loi.

« J’espère que nous marquerons par notre passage l’histoire des droits des femmes. Le seul moyen d’y parvenir est de transformer l’égalité en droit, écrite dans les textes, en une égalité en fait » déclare avec raison Najat Vallaud- Belkacem. Cette loi sur l’égalité est une avancée sur un certain nombre de points comme par exemple la garantie contre les impayés de pension alimentaire, mais aussi la protection contre les violences : le principe du maintien de la victime de violences dans le logement du couple, et de l’éviction du conjoint violent, sera posé. En ce qui concerne les partis politiques, il est prévu un renforcement des sanctions financières pour les partis ne respectant pas les objectifs de parité à partir des législatives de 2017. Quant à l’avortement, il devient un véritable droit des femmes, il n’est plus conditionné à la notion de « situation de détresse ». Cette modification ne changera rien dans la pratique, mais sa portée symbolique est forte.

Régression en Espagne

Le droit à l’avortement est toujours difficile à exercer car la France manque de structures pour pratiquer l’IVG. Cela ne fera qu’empirer si le droit à l’avortement est finalement restreint en Espagne, car beaucoup d’Espagnoles viendront dans le sud de la France pour interrompre leur grossesse.

Les parlementaires espagnols s’apprêtent à voter un recul sans précédent du droit à l’IVG. Il s’agit d’une régression catastrophique pour les droits des femmes en Espagne. Elle abolit la loi de 2010 qui légalisait l’avortement sans condition jusqu’à 14 semaines de grossesse. Les conséquences sont désastreuses pour les femmes espagnoles : seules celles qui en auront les moyens pourront payer un avortement, les autres seront condamnées à avorter par leurs propres moyens ou à subir les conséquences délétères d’une grossesse non désirée.

L’Europe, pour sa part, n’a jamais émis de directive sur ce sujet. En décembre, le Parlement Européen a, hélas, rejeté un texte porté par la socialiste portugaise Edite Estrela qui réclamait pour les femmes, un accès généralisé à la contraception et à des services d’avortement sûrs. (Voir l’article dans D&S n° 211).

Les ABCD de l’égalité

On peut se réjouir en revanche de la mise en place dans les écoles du programme les ABCD de l’égalité qui ont pour objectif de lutter contre les stéréotypes de genre à l’école. On sait depuis un certain temps que dès l’école primaire les filles obtiennent de meilleurs résultats scolaires que les garçons. Et pourtant, les stéréotypes enferment encore trop souvent les filles et les garçons dans des représentations figées de leurs possibilités d’études et de métiers. Ainsi à niveau égal en mathématiques, huit garçons sur dix vont en filière scientifique contre seulement six filles sur dix. Il s’agit de faire prendre conscience aux enfants des limites qu’ils se fixent eux-mêmes et des phénomènes d’autocensure trop courants, de leur donner confiance en eux, de leur apprendre à grandir dans le respect des autres.

L’aide à la procréation

Mais un engagement du PS n’est pas tenu après deux reculs du gouvernement : celui de l’accès des femmes homosexuelles à l’aide à la procréation, la PMA. La loi « mariage pour tous » devait l’intégrer. Elle a été ajournée pour « calmer les esprits », autrement dit on a cédé aux très minoritaires lobbies intégristes d’extrême-droite. Pourtant il s’agit d’un droit démocratique pour l’ensemble des femmes. Le refus de la PMA pour les lesbiennes est une discrimination fondée sur leur orientation sexuelle, en contradiction avec notre programme.

Rien de nos droits n’est définitivement acquis. Tous les jours nous devons continuer la bataille pour transformer les textes de loi en avancées concrètes et gagner l’égalité dans tous les domaines.

Les syndicats organisent la réflexion pour préparer l’action. Par exemple à Paris (Bourse du Travail - 85, rue Charlot - 75003 Paris) la CGT, la FSU, et l’Union syndicale Solidaires proposent les « Journées Intersyndicales Femmes » les 20 et 21 mars pour discuter et approfondir différents thèmes. Au programme :
  • Politiques publiques : des obstacles à l’égalité ?
  • Un siècle de travail des femmes
  • Égalité professionnelle : un pas en avant, deux pas en arrière ?
  • Retour sur les questions de genre.
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