Démocratie & Socialisme
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Le vrai-faux départ de Juppé

Tragédiante, comédiante, mafiosante...

jeudi 5 février 2004 par Gérard Filoche

 

Le scénario a été vite réglé. La seule bavure, c’est sans doute Sarkozy pris à partie, samedi, par des jeunes, au forum des Halles qui dit à l’un d’entre eux, devant les caméras de France 3 : « si tu as pris 18 mois, c’est que tu les méritais ... » Une jeune qui fait une bêtise, oui, 18 mois, c’est normal, mais un « homme d’état » pensez-vous... La méthode Chirac, c’est « ne lâche jamais, ne cède jamais ». Ils ont mis à quelques-uns la France en coupe réglée, en bande organisée comme une mafia, pour monopoliser le pouvoir, pour pomper l’argent, les moyens, les humains, et ils y ont réussi encore mieux que prévu, « y’a pas de raison de s’emmerder » comme dit Chirac, Ils ne vont tout de même pas se faire arrêter par trois malheureux juges à Nanterre. Alors Juppé a mis en scène avec son parrain Jacques Chirac, un scénario basé sur une dose de théâtre, une dose de menace et une dose de contrition.

Une dose de théâtre : L’homme joue le “sincère blessé, mais soutenu par ses amis”, et qui a “finalement a décidé de se battre contre une condamnation trop forte” : si les juges ont affirmé qu’il avait abusé de la confiance du peuple souverain, c’est excessif (imaginez que d’autres en tirent la conclusion contre Chirac, le chef incontesté du système !). Il ne peut laisser passer, donc « il reste ». La menace de 18 mois de prison et de 10 ans d’inéligibilité, c’est bon pour les gogos, tolérance zéro, c’est bon pour la vulgaire délinquance, pas pour M. Juppé !

Une dose de menace : Les juges ont-ils pris une décision dans des conditions troubles ? Mais, si pardi ! Et au lieu de saisir le Conseil supérieur de la magistrature qu’il préside, Jacques Chirac crée d’étranges commissions d’enquête, plombe le climat, nourrit l’incertitude, et menace ces juges qui osent prendre des décisions "provisoires" bien hardies dans des conditions perturbées !

Une dose de contrition : Car il faut conditionner la future décision des juges de la Cour d’appel qui va être choisie, il faut montrer que le coupable Juppé est profil bas, prêt à reconnaître des fautes légères, mais pas à être sanctionné abusivement : comme cela, la justice aura sanctionné librement, en première instance mais nuancé son jugement définitif. Les apparences seront sauves, mais le verdict définitif sera décisif. Passé cette « épreuve » de chef d’état, le Juppé nouveau « pas tout seul » (les applaudissements populaires vont venir de partout) pourra affronter le « peuple souverain » qui lui donnera électoralement sa revanche sur les juges et blanchira du même coup son parrain...

Voilà le scénario transparent mis en place par Chirac, pour, en sauvant Juppé se sauver lui-même et son système... C’est ce système qu’il faut dénoncer et battre, en mars, en juin, le plus vite et le plus fort possible, avant qu’il ne s’en prenne à notre Sécu, à notre droit du travail, comme il s’en est pris à nos retraites...

Gérard Filoche, membre du Bn du Ps...

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Au boulot ! La chronique de Gérard Filoche dans l'Humanité Dimanche