Démocratie & Socialisme
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Faire face ! Oui, mais comment ?

Édito de la Lettre de "Démocratie & Socialisme" - N°230 - 12 mars 2015

vendredi 13 mars 2015

 
Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis ont raison lorsqu’ils disent que le Front National et son programme constituent un danger. Mais pour faire face il faut l’unité sur un contenu. Et pour casser vraiment la poussée du FN, il faut remplacer le carburant libéral par du carburant social dans le moteur gouvernemental.

Les sondages attribuant un score important au Front National au 1er tour des élections départementales sont inquiétants. Les propos de ses candidats illustrent qu’il ne s’agit pas d’un parti comme les autres. Des millions de votes qui se sont portés sur la gauche en 2012 ne s’expriment plus ! Cette abstention massive à gauche – c’est le cas pour le vote socialiste tout autant que pour le vote Front de gauche ou écologiste – explique la progression en pourcentage des listes d’extrême droite.

Il faut voter !

Au-delà de l’enjeu de maintenir des départements à gauche pour qu’ils poursuivent leurs interventions sur le social, le développement des territoires, les collèges… il faut voter pour faire baisser le score du Front national car la banalisation de ces votes élevés a un effet cumulatif : celui de permettre au FN de se présenter comme une alternative.

Il faut traiter à la racine les raisons de l’abstention populaire.

La division à gauche est évidemment un problème. Elle est mortifère. Mais rien ne sert de crier « unité ! unité ! » si l’on n’indique pas sur quelle politique devrait se faire cette unité.

La lutte contre le racisme, contre l’antisémitisme, contre l’homophobie ou contre le sexisme, tout cela est indispensable.

Mais c’est insuffisant car l’abstention et même le discrédit de la politique sont essentiellement dus à l’absence de réponses satisfaisantes sur les terrains économiques et sociaux : ce sont les couches populaires qui se détournent des urnes !

Les valeurs de la République doivent être inlassablement défendues mais elles ne pourront l’être efficacement qu’en prenant au sérieux ce qu’affirmait Jean Jaurès « La vérité de la république, c’est la république sociale ».

Il faut tirer les bonnes leçons !

L’enjeu n’est pas le rassemblement des « républicains » sur des « valeurs essentielles » qu’il faudrait encore définir et qui noierait les réalités essentielles : le chômage de masse et la faiblesse des salaires.

Le fond de l’affaire c’est de prendre des mesures qui parlent à l’urgence des salariés, des retraités, des jeunes… Cela nécessite un changement de cap de la politique suivie. Arrêter d’obéir aux règles fixées par l’union européenne, redonner du pouvoir d’achat, combattre la finance, créer des emplois, redistribuer les richesses. C’est le seul moyen de retisser l’unité à gauche.

Pour éviter de se fracasser sur le mur du Front National, mieux vaut se coltiner un affrontement avec le monde de la Finance, celui des technos de l’Union Européenne, et répondre aux attentes du peuple.

C’est le plus sûr moyen de remobiliser à gauche ! Et cette remobilisation est le meilleur des arguments pour faire reculer le libéralisme économique.

Il faut qualifier la gauche pour le second tour !

Votons socialiste le 22 mars ! Convainquons les sceptiques de voter à gauche ! Mais préparons-nous en même temps à la mobilisation : dans la rue le 9 avril, dans le Parti socialiste pour le congrès, avec l’ensemble de la gauche pour construire l’Unité de la Gauche autour d’un programme social et écologique.

Quel que soit le résultat des départementales, cependant, il faudra tirer les leçons de la division de la gauche et de l’orientation politique suivie par Manuel Valls au gouvernement.

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