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Les questions économiques au cœur de cette campagne

Les Enjeux des régionales de mars 2004

vendredi 20 février 2004 par Vincent Peillon

 

Les élections régionales de Mars prochain sont, à l’évidence, des élections essentielles. Le gouvernement Raffarin a bien cherché, dans un premier temps, à en nier la portée nationale. Peine perdue. On voit aujourd’hui, surtout avec le retour de Chirac sur la scène intérieure, que cette stratégie est intenable et que le gouvernement doit se résoudre à accepter qu’il s’agisse là de la première occasion pour les françaises et les Français de marquer leur approbation où leur défiance à l’égard des politiques mises en œuvre depuis près de deux ans.

D’abord, bien entendu, ce scrutin sera l’occasion de porter un jugement sur la politique de destruction sociale et d’arrogance conduite par la droite depuis deux ans. Ce doit être l’occasion surtout de lui infliger une première défaite, de lui imposer un rapport de forces. Mais ne nous faisons pas trop d’illusion : la droite est au pouvoir jusqu’en 2007. Après ces élections, elle a du temps devant elle, et elle le sait. Ces élections sont justes un mauvais moment à passer. Évidemment, si nous lui imposons des premières défaites, si nous érodons sa légitimité, elle sera moins libre d’agir à sa guise et sera contrainte à tenir compte de cet état de fait. C’est pourquoi il faut s’engager sans compter dans cette première bataille. Mais ne soyons pas naïfs. Cela ne suffira pas. Il faut organiser derrière, et donc dés maintenant, une capacité de mobilisation collective qui a fait trop défaut ces deux dernières années.

Pour nous, ce premier grand rendez-vous électoral depuis le 21 Avril 2002 comporte au moins deux autres dimensions. La première est précisément de nous renseigner sur l’état réel du pays depuis ce séisme. On peut faire toutes les spéculations que l’on veut sur le niveau de l’abstention, la montée de l’extrême gauche, celle du vote Front National. Difficile aujourd’hui de faire, y compris pour ceux qui sont collés au terrain, des pronostics sérieux.

Silence, colère et ruse se mêlent pour construire une certaine illisibilité. Cet enjeu est pourtant déterminant, car l’analyse qui est la nôtre du 21 Avril, celle d’une crise sociale et civique profonde, doit déterminer aussi les moyens à proposer pour apporter des réponses à cette crise et donc l’orientation politique qui doit être celle du Parti socialiste. C’est un enjeu considérable.

La deuxième dimension est celle qui concerne la capacité de la gauche à amorcer son redressement et à incarner une résistance et une espérance. Depuis le 21 Avril, quel chemin la gauche a-t-elle parcouru ? Le Ps, qui dirige aujourd’hui de grandes régions, est-il en capacité de les conserver ? Est-il, avec ses alliés, en capacité de progresser ? Nous voyons bien que depuis la défaite, la gauche semble flotter et peine à revenir de façon pertinente et pugnace dans le débat politique. C’est vrai de la gauche politique. C’est vrai aussi du mouvement syndical et de la gauche mouvementiste. Mais on sait aussi que la distance est grande entre ce que l’on peut ressentir, les chroniques des commentateurs médiatiques et ce que les Français ressentent ou souhaitent. C’est pourquoi il faut être prudent. Seul ce scrutin nous dira, grandeur nature, le jugement des Français et particulièrement de ceux qui attendent de la gauche une autre politique. Il faudra en tenir compte avec rigueur et honnêteté.

Pour ce qui nous concerne, au Nouveau Parti socialiste, notre volonté est de nous engager sans réserve dans cette campagne par une critique sans concession ni esquive de la politique Chirac-Raffarin et une dénonciation brutale de l’extrême droite. Les questions économiques et sociales doivent être placées au cœur de cette campagne. La droite a un bilan. Elle a beaucoup détruit en dix-huit mois, et elle ne demande qu’à continuer. Elle doit assumer son bilan devant les françaises et les Français.

Vincent Peillon

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