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"Le Zidane du Medef", Sarkozy est entraîné dans la débâcle

Il n’y a pas de recours à droite

jeudi 22 avril 2004

 
Pourquoi une certaine presse épargne t elle Nicolas Sarkozy au point, comme Libé, de mener campagne pour que Chirac le nomme Premier ministre ? Sarkozy s’est fortement impliqué dans la campagne des régionales, il se voulait le recours et le héraut de la droite, il a plongé avec elle.

Sarkozy a multiplié les meetings dans toute la France, à raison de deux par jour, en se présentant comme le « joker » des candidats de droite en difficulté. Il a mis sa photo sur toutes les affiches, et accompagné de Bernadette Chirac, il a prêté main-forte à Renaud Muselier à Marseille ou Gilles de Robien en Picardie. Omniprésent entre les deux tours, M. Sarkozy, qui avait déjà effectué 31 déplacements électoraux avant le premier tour, s’est rendu trois fois en Paca (Toulon, Orange et Nice) où il n’a pas manqué de tendre la main aux électeurs du FN. Les bulletins de vote de Jean-François Copé portaient même en grosses lettres la mention « soutenue par Nicolas Sarkozy ». Mais « l’effet Sarkozy » attendu a fait long feu.

En dépit de la baisse de la délinquance enregistrée par les statistiques, sa politique de lutte contre l’insécurité, conduite au pas de charge et censée faire reculer le Front national, magnifiée jusqu’à l’absurde par la presse et Tf1 a montré sa nature : elle n’est que le versant sécuritaire de la politique antisociale de Chirac et Raffarin.

Tandis que ceux-ci augmentent le chômage, excluent les fins de droit, resserrent les salaires, Sarkozy a le rôle de faire régner l’ordre, de mater les conséquences désastreuses de ces choix antisociaux. Il faut faire respecter le porte-monnaie des riches qui s’enrichissent et faire peur aux pauvres qui s’appauvrissent.

Pour Sarkozy, il valait mieux investir en policiers qu’en animateurs sociaux, en prisons qu’en écoles, en juges qu’en médecins, en rondes de nuit dans les ghettos qu’en logements sociaux, en communautarisme qu’en solidarité. Il fallait moins de soins pour les étrangers mais plus de charters. Il fallait traquer l’immigré plutôt que de l’intégrer. C’est l’homme des radars et des gendarmes plutôt que des travaux et des équipements pour les routes et les transports collectifs. C’est le roi de la caméra vidéo, des contrôles sécuritaires, et de la réduction des droits de la défense, c’est, avec Perben, l’homme de la justice américaine où l’on négocie sa peine à la hauteur de son portefeuille.

C’est aussi cette politique-là qui a été désavouée le 29 mars : car en dépit des mises en scène, des effets médias, du gonflage de muscles, elle n’est que le complément de l’austérité, de la baisse d’impôts, il s’agit de faire taire les pauvres tandis qu’on les affame et de protéger les riches tandis qu’on multiplie les cadeaux en leur direction.

Maintenant à Bercy, Sarkozy va nous jouer la réforme de la perception des impôts, va donner de grandes largesses au patronat, serrer la vis aux fonctionnaires, remettre en cause le statut de la fonction publique. Il est à la tête du déficit creusé par Chirac-Raffarin, 4 % en 2005. Il a charge de l’austérité et de la continuation de la baisse des impôts pour laquelle il s’est maintes fois prononcé. Il va gérer le Pacte de stabilité, et soutenir la constitution Giscard pour son ultralibéralisme.

Des milliards sont distribués aux entreprises, sans contrepartie, sans contrôle, alors qu’elles continuent à licencier et à favoriser leurs actionnaires et la spéculation plutôt que l’investissement et l’emploi : à Bercy, telle va être la nouvelle tâche de Sarkozy.

Sarkozy a mené jusque-là et va continuer à mener une politique indissociable de celle de son gouvernement, il est attaché au programme des chiraquiens et du Medef au point que celui-ci vient de le baptiser "le Zidane de Bercy". À la place de Zinedinne Zidane, on porterait plainte !

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