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Après la percée de Jean-Luc Mélenchon : la droite et François Hollande en font leur cible principale

mardi 18 avril 2017 par Jean-Jacques Chavigné

 

Paniqués à l’idée qu’un candidat de gauche puisse être au second tour et finisse par emporter l’élection présidentielle, les candidats de droite (Fillon, Macron) et les médias qui les soutiennent, agitent l’épouvantail d’une « dictature ».

François Hollande, dont le soutien à Emmanuel Macron est un secret de Polichinelle, affirme ne pas renvoyer dos-à-dos Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Pourtant, l’actuel président de la République a considérablement accentué son investissement dans la campagne présidentielle, non quand Marine Le Pen était à 25 % des intentions de vote mais quand Jean-Luc Mélenchon s’est rapproché, puis a atteint la barre des 20 %.

Faute de chars soviétiques, c’est maintenant la « dictature » qui menace !

Pour essayer d’enrayer la montée de « la force tranquille » de François Mitterrand, la droite n’avait pas, en 1981, lésiné sur les moyens : en cas de victoire du « socialo-communiste », la ruine économique et sociale serait au rendez-vous et les Français, affirmait-elle, verraient bientôt les chars russes défiler sur les Champs Élysées.

En 2017, la droite se livre au même genre d’exercice mais comme l’URSS n’existe plus, il lui faut bien trouver d’autres épouvantails que les chars soviétiques.

Emmanuel Macron traumatise une assemblée de patrons de start-up, ébahis, en leur assenant « Le bolivariste est aux portes du pouvoir » !

La « Une » du Figaro glapit « Mélenchon le délirant projet du Chavez français » !

Faudra-t-il, comme Donald Trump, construire un mur pour nous protéger ?

Le directeur adjoint de la rédaction du quotidien de Serge Dassault n’hésite pas à titrer son éditorial « Maximilien Ilitch Mélenchon ». Maximilien comme Robespierre, Ilitch comme Vladimir Oulianov, dit Lénine…

François Fillon agite la peur de l’affreux « communiste » que serait Jean-Luc Mélenchon, appelle le peuple de droite à se réveiller, à oublier les costumes à 6 500 euros et à se ranger derrière son panache redevenu plus blanc que ses cols de chemise ! L’urgence est bien à la dictature, mais à celle des banques et du CAC 40 que la mise en œuvre du programme de Fillon se chargera de verrouiller.

Dans L’Obs, deux fervents soutiens de Macron, économistes néolibéraux de la plus belle eau, Charles Wyplosz et Olivier Blanchard (ancien économiste en chef du FMI), livrent leur vision des « 100 premiers jours » de Mélenchon à l’Élysée : « une augmentation du smic de 20 %, une baisse de l’âge du départ à la retraite à taux plein à 60 ans, une augmentation des salaires des fonctionnaires et des aides sociales… »

Un cauchemar ! Surtout avec « Poutou, secrétaire général adjoint de l’Élysée » (sic)…

Tout cela ne pourra se terminer que par un retrait massif des dépôts bancaires, « soit pour stocker les billets, soit pour les mettre en sécurité à l’étranger » et par une augmentation du « taux d’intérêt sur la dette de la France », qui sonneraient la fin de la récréation.

Les deux compères reprennent, sans la moindre vergogne, l’habituel chantage aux marchés financiers et aux banques, dont les intérêts sont, pour les néolibéraux, autrement plus légitimes que le choix démocratiques de dizaines de millions d’électeurs.

François Hollande, lui non plus, ne ménage pas ses coups

À cela, rien d’étonnant. Si l’actuel président de la République ne clame pas plus fort son soutien à Emmanuel Macron, c’est parce que ce dernier le modère. Il n’a, en effet, aucune envie d’assumer le bilan d’un quinquennat dont il est, pourtant, l’un des principaux artisans. Il ne souhaite pas non plus donner de son mouvement l’image d’une machine à recycler les anciens « éléphants socialistes ».

François Hollande critique le « simplisme » de Jean-Luc Mélenchon qui « ne représente pas la gauche qui permet de gouverner ». Il s’en prend au « spectacle du tribun » et le met directement en cause lorsqu’il affirme que « cette campagne sent mauvais ». Peut-être pense-t-il que la politique qu’il a mené pendant cinq ans sentait la rose ?

François Hollande s’est, aussitôt, attiré une réponse cinglante du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, qui juge « ridicules les propos de François Hollande sur Jean-Luc Mélenchon » et considère qu’« il joint sa voix aux vieilles badernes de la droite… »

Ces attaques convergentes contre Jean-Luc Mélenchon sont détestables !

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