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Les trois leçons du 1er tour de la présidentielles

mardi 25 avril 2017 par Jean-Jacques Chavigné

 

23,9 % pour Emmanuel Macron, 21,4 % pour Marine Le Pen ; 19,9 % pour François Fillon ; 19,6 % pour Jean-Luc Mélenchon et 6,3 % pour Benoit Hamon. Ce sont donc, hélas, la droite et l’extrême droite qui s’affronteront au second tour de l’élection présidentielle.

Pourtant, si seulement la moitié des voix qui se sont portées sur Benoît Hamon l’avait été sur Jean-Luc Mélenchon, la gauche aurait pu être présente au second tour. Le courant d’opinion qui s’était très fortement accéléré en faveur de JLM, était tout ce qu’il y a de réel. Jean-Luc Mélenchon atteint 19,6 % des voix alors que Benoît Hamon n’obtient que 6,3 % des suffrages. Une différence de 13,3 points. Plus de trois fois plus de voix pour Mélenchon que pour Hamon. Il y avait bien un « vote utile » à gauche !

Ce mouvement d’opinion n’était pas seulement visible dans les sondages, il l’était aussi dans les meetings, les manifestations organisées par Mélenchon et Benoît Hamon : 130 000 personnes (chiffre des organisateurs) place de la République, le 18 mars pour Mélenchon ; 20 000 personnes (chiffre des organisateurs), sur la même place, le 19 avril, pour Hamon. 70 000 personnes au meeting de Jean-Luc Mélenchon à Marseille le 9 avril ; 25 000 pour Benoît Hamon au meeting de Bercy le 19 mars…

1re leçon : Le quinquennat de François Hollande a considérablement brouillé les repères entre la gauche et la droite

Un Président qui se prétendait de gauche n’a cessé, à de rares exceptions près (60 000 embauches dans l’Éducation nationale et la loi sur le mariage pour les couples d’homosexuel.le.s), de trahir ses « 60 engagements » et de mener une politique de droite, néolibérale, dont le « couronnement » fut la loi El Khomri.

Quel dégoût d’entendre les Hollande, Valls et autre Cazeneuve s’indigner, avec toute leur inépuisable solennité, que le Front national soit au second tour de la présidentielle ! C’est leur politique de précarisation du travail, de redistribution des richesses à l’envers, de reprise des thèses de l’extrême-droite sur la possibilité de déchoir les binationaux de leur nationalité française, qui a propulsé le Front national à la place qu’il occupe aujourd’hui. Avec un gouvernement de gauche qui aurait fait une politique de gauche, le Front national serait passé à la trappe.

2e leçon : Les dirigeants de la gauche : Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont été incapables de réaliser un accord unitaire

Un accord unitaire aurait permis d’établir un programme commun de gouvernement, de décider qui occuperait les fonctions de Président et qui occuperait celle de Premier ministre, de décider d’un partage des circonscriptions pour permettre à la gauche d’être majoritaire à l’Assemblée nationale.

Le total des voix d’Hamon et de JLM (25,9 %) indique clairement, sans même tenir compte de la dynamique unitaire qui aurait été aussitôt enclenchée, qu’avec un tel accord, la gauche aurait été présente au second tour et pouvait gagner la présidentielle.

Quand il s’est retrouvé largement en tête dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon n’a pas été capable de proposer le moindre compromis à Benoît Hamon. Il a, au contraire, affirmé qu’il n’avait pas besoin qu’il se désiste en sa faveur.

La percée de Mélenchon dans les sondages lui a valu les attaques de plus en plus venimeuses des candidats de droite (Macron, Fillon) et des médias aux mains des grands groupes. Hollande s’est pincé le nez en déclarant que la campagne présidentielle « sentait mauvais », visant à la fois Mélenchon et Le Pen.

Au même moment, Benoît Hamon refusait d’envisager de se désister et, au contraire, concentrait son tir contre la politique européenne de Jean-Luc Mélenchon. Il annonçait qu’il appellerait à voter pour Mélenchon s’il était au second tour, alors que le problème, justement, était que de dernier puisse parvenir au second tour, comme la suite l’a malheureusement démontré.

3e leçon : Des millions d’électeurs de gauche ont cherché à faire l’unité, à leur façon

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon n’avait pas accepté de conclure un accord unitaire qui aurait, pourtant, était la meilleure méthode pour faire gagner la gauche.

Les électeurs de gauche n’ont pas, pour autant, accepté l’absence d’un candidat unique de la gauche au 1er tour.

Ils ne voulaient pas subir pendant cinq ans les attaques de la droite ou de l’extrême-droite.

Ils comprenaient parfaitement que les institutions de la Ve République ne permettaient qu’à deux candidats d’être au second tour de la présidentielle. Or, ils voulaient que la gauche y soit présente et puisse emporter l’élection.

Ils ont donc décidé d’utiliser la seule arme qui était à leur disposition, leur bulletin de vote, pour imposer la seule forme d’unité de la gauche qui était à leur portée, en décidant de voter massivement pour l’un des deux candidats de gauche, celui qui leur est apparu comme le plus apte à l’emporter, Jean-Luc Mélenchon.

Prés de 3 millions d’électeurs de Benoît Hamon ont déplacé leurs votes vers Jean-Luc Mélenchon en deux mois et cherché à imposer ainsi, à leur façon, un candidat unique de la gauche. Ils ont échoué de très peu : 650 000 voix ou 1,8 point.

Le désir d’unité manifesté lors du 1er tour de l’élection présidentielle doit, surtout, être apprécié à sa juste valeur et servir de point d’appui pour réaliser, dans des conditions difficiles, l’unité de la gauche aux élections législatives.

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