Démocratie & Socialisme
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L’aveu de Raffarin !

lundi 11 avril 2005 par Gérard Filoche, Jean-Jacques Chavigné

 
C’est quand même inouï, inespéré, superbe, l’aveu que nous fait Raffarin : surtout ne confondez pas la politique que je mène avec la Constitution européenne ; ma politique est calamiteuse mais la Constitution est merveilleuse.

Je ne tiendrai aucune des promesses que j’avais faites. Je le reconnais humblement. Mais croyez-moi sur parole, la Constitution, elle, tiendra toutes ses promesses. C’est moi qui vous le dit et vous savez combien mes promesses sont fiables !

J’ai échoué dans la lutte contre le chômage. Mais la Constitution, elle, réussira. J’ai échoué dans mon combat pour relancer la croissance. Mais la Constitution, elle, réussira, grâce à la Banque Centrale Européenne, à l’euro fort et au pacte de stabilité.

J’ai mis à mal vos retraites et votre assurance-maladie. Mais la Constitution, elle, garantira votre protection sociale. C’est inscrit, noir sur blanc, dans la Charte des droits fondamentaux.

Je me suis acharné à augmenter votre temps de travail, à faciliter les licenciements, à diminuer les droits des chômeurs, des « intermittents du spectacles » et ceux des Rmistes. Mais la Constitution vous rendra tout cela au centuple. C’est inscrit, noir sur blanc, dans la Charte des droits fondamentaux.

Quand le projet de directive « Bolkestein » a été adopté par la Commission européenne, je n’ai rien dit, je le reconnais humblement. J’ai même fait adopter par ma majorité parlementaire un projet de pavillon de complaisance qui est une fidèle transposition de cette directive dans le domaine de notre marine. Mais la Constitution, elle, vous protégera de la directive « Bolkestein ». Elle protègera même nos marins contre ma politique.

Je le reconnais, je me suis acharné à démanteler vos services publics. J’avais pourtant une excuse : toutes ces directives européennes qui ouvraient à la concurrence le transport ferroviaire, la poste, le gaz, l’électricité... Mais la Constitution, elle, protégera vos services publics : c’est marqué noir sur blanc à l’article III-122.

Je suis resté au Gouvernement malgré le désaveu de millions de salariés descendus dans la rue en 2003. Je suis resté Premier ministre malgré deux énormes raclées électorales en 2004. Mais la Constitution, elle, vous apportera la démocratie.

Ne confondez pas ma politique et la Constitution, c’est le jour et la nuit.

Si je m’humilie aujourd’hui en reconnaissant que ma politique est nulle ce n’est absolument pas parce que j’espère une victoire du Oui qui me permettrait de rester à mon poste pendant encore quelques années. Non, c’est tout simplement parce que la Constitution est merveilleuse et qu’il ne faut pas la confondre avec ma politique.

La preuve, c’est que l’opposition dit la même chose que moi...

Jean-Jacques Chavigné, Gérard Filoche

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Au boulot ! La chronique de Gérard Filoche dans l'Humanité Dimanche