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Constitution Européenne

Ne pas rater une si belle occasion de faire coup double contre Chirac et sa constitution

Editorial de "Démocratie & Socialisme" No 123

jeudi 14 avril 2005

 
La meilleure façon de peser en faveur du mouvement social pour les salaires, pour l’emploi, pour défendre notre protection sociale c’est, le 29 mai prochain, d’affirmer un double non à Chirac et à cette constitution anti-sociale !

Chirac, Raffarin n’ont peur que d’une chose, c’est d’être désavoué encore une fois le 29 mai 2005 comme ils l’ont été dans la rue en 2003 et dans les urnes en 2004.

Qu’est-ce qui, aujourd’hui, les pousse à faire mine de reculer, à faire mine de concéder quelques vagues hausses de salaire, qu’est-ce qui les pousse à demander la “remise à plat” de la directive Bolkestein (qu’ils avaient initié en mars 2004 sans sourciller) sinon la menace du “non” ? Qu’est-ce qui pousse, dans tous les débats, les “oouiiistes” à parler “social” comme jamais ils ne l’ont fait, sinon les sondages qui ont donné 51 puis 52 % puis 55 % au “non” ?

63 % des salariés du public, selon le sondage Ipsos du 21 mars, 79,9 % des ouvriers, 71,5 % des employés, 84,5 % des agriculteurs, seraient pour le “non” : en dépit du véritable “bourrage de crâne” médiatique, de l’orgie de mensonges qui sont proférés, une majorité de Français semble vouloir ne pas se laisser faire. Pourtant, on leur ment : il y en a qui osent jurer leurs “grands dieux” que la directive Bolkestein n’a rien à voir avec la constitution alors qu’il suffit de la LIRE pour trouver dans le texte même de la constitution les principes qui fondent Bolkestein, les articles qui “excluent” explicitement l’harmonisation sociale et fiscale... les articles qui “interdisent toute entrave à la liberté d’établissement” (donc au principe du pays d’origine) etc. Il y a cette autre directive “opt out” qui allonge le temps de travail maxima hebdo de 48 h à 65 h... et qui, ainsi, supprime une de rares harmonisations importantes qui existaient dans l’Europe des 15 depuis la directive 93-104. Il y a “la concurrence libre et non faussée” citée 68 fois dans le texte...

Le vote utile antilibéral, le 29 mai, c’est de battre la constitution-Bolkestein-Opt-out...

C’est aussi la meilleure voie pour faciliter la réunification de la gauche ensuite. Car c’est le non qui est déjà majoritaire à gauche, à 59 % parmi les électeurs socialistes, pareillement dans toute la gauche et parmi plus de 80 % de syndiqués, c’est le "non" qui a plus envie que les “ouiistes” d’une vraie gauche de changement en même temps que d’une Europe sociale, c’est le "non" qui a le pouvoir de sauver l’Europe de cette constitution libérale, c’est un “non” de résistance, de renouvellement, d’espoir.

Si c’est le "oui" qui l’emporte, on craint toutes les chances d’avoir une gauche blairisée, schroderisée, en même temps qu’une victoire des sociaux libéraux dans le Pse... et en France. Toutes celles et tous ceux qui veulent une gauche plus à gauche, ne doivent pas redonner un blanc-seing aux défenseurs du “oui” de gauche, et... à Chirac en même temps : car c’est, en pratique, de cette façon-là que le vote prendra sens. Si ce sont les “ouiistes” qui l’emportent dans le pays, alors qu’ils sont minoritaires dans la gauche et dans le salariat, ce sont eux qui tiendront la plume pour le “projet 2007”, dans une configuration où Chirac remplumé, sera plus à l’aise pour terminer son quiquennat, et finir ses basses oeuvres anti sociales.

Si c’est le “‘oui” qui gagne, M. Seilliere quittera victorieusement le Medef pour devenir le dirigeant de l’Unice, son équivalent européen et, avec MM. Barroso, Blair il s’occupera d’imposer Bolkestein et l’opt out. Tandis que si c’est le “non”, dans le Ps, il y aura changement, réflexion, recomposition, et il sera plus facile d’unifier toute la gauche, il sera plus facile de créer une dynamique de combat dés 2005 jusqu’en 2007 (si Chirac ne veut toujours pas démissionner ou dissoudre l’Assemblée comme il aurait dû le faire aprés le 28 mars 2004).

Vous voulez assurer le changement et la victoire contre Chirac ? Ne lui donnez pas pendant deux ans le profit d’un "oui"... On a vu ce que ça donnait de voter Chirac en 2002, le pire des présidents que nous ayons eu... Chirac a dit : “ce n’est pas un vote politique”, puis “voter non, c’est une connerie”, puis “il faut remettre à plat Bolkestein”, il est prêt à tout dire, tant qu’on le tient sous la menace, seul le “non” est efficace. Chirac gémit déjà que si c’est le "non" la France sera affaiblie, c’est faux, c’est lui qui sera affaibli et en sursis, et tant mieux !

Et c’est vraiment la gauche, dans ce cas-là, qui préparera l’alternative ! N’hésitez pas, ne vous laissez pas intimider par les pseudo-chantages au chaos, à la crise, à l’isolement, à la division, sauvez le Ps, et en même temps sauvez toute la gauche, ouvrez une nouvelle donne unitaire sur de nouvelles bases, saisissez l’occasion, sauvez nos droits sociaux, rejetez cette constitution libérale, faites voter, allez voter, il y a rarement une telle occasion de faire coup double !

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