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En dépit des hésitations du congrès de la LCR :
Unité de toute la gauche !

vendredi 27 janvier 2006 par Gérard Filoche

 
Le congrès de la Lcr, comme une poule mouillée, a eu peur de venir et de participer le 8 février à la réunion de la gauche mais n’a pas réussi à se mettre d’accord sur “quoi faire à la place”.

Le congrès a débattu entre deux faux choix : refuser toute unité de la gauche et présenter Besancenot quoi qu’il arrive et dés maintenant, ou attendre et envisager une unité partielle forcément foireuse avec un candidat Lcr-Pcf, excluant le Ps... sans être clair par ailleurs sur le désistement au second tour.

Finalement, comme une unité partielle de la gauche serait inéluctablement foireuse, le congrès de la Lcr a repoussé toute décision. Il n’y a pourtant qu’un seul choix politiquement , réalistement, possible : une candidature unique de toute la gauche dés le premier tour.

Tous les autres choix sont des avatars. Cinq ou six candidats de gauche c’est un choix à faire perdre la gauche et à laisser un deuxième tour droite-droite !

Un candidat d’unité partielle de la “gauche de la gauche”, c’est un choix dont le résultat sera de faciliter un candidat du Ps social-libéral et ensuite il n’y aura plus qu’à choisir au deuxième tour qu’entre celui-ci et la droite(sans avoir influencé ni sa désignation, ni son programme, ça se posera en termes de ralliement).

La seule solution volontariste, c’est de prendre le “risque gagnant” : engager le débat avec toute la gauche pour un candidat unique sur un programme commun dés le premier tour, c’est le seul choix gagnant à coup sûr, il faut aller au 8 février et susciter d’autres 8 février, il faut discuter de tout, y compris d’une plate-forme de gouvernement, publiquement, et non susciter des a priori ni des exclusives.

Qu’y a t il à craindre ? Que ce soit un candidat socialiste ? Mais ce sera forcément un candidat socialiste dans tous les cas au second tour !

Veut-on ou non battre la droite ?

Si on doit appeler à voter au deuxième tour pour le candidat le mieux placé pour battre la droite. Autant s’y prendre à l’avance et avoir le courage, d’engager le débat dés avant le premier tour pour discuter du programme commun pour ensuite désigner le candidat commun -même socialiste - sur la base de ce programme commun.

Ca donne plus de chances d’avoir un candidat socialiste du “non”, par exemple, que d’avoir un candidat socialiste du “oui”...

Pourquoi, ne pas augmenter les chances d’avoir un candidat du “non” en proposant un débat de toute la gauche unie, puisqu’au sein de la gauche, c’est le non qui a été majoritaire ?

Et cela garantit une orientation contre l’Europe libérale et facilite l’élaboration du programme commun alternatif. Mais le débat du congrès de la Lcr a été bridé, la question de la priorité à l’unité de la gauche contre la droite est discutée dans cette organisation depuis trente-cinq ans, sans jamais avoir été tranchée ! Elle est sur le fil du rasoir, sur le bord du bon choix, sans jamais le faire de façon collective, consciente, consistante.

Il y a encore une chance, puisque une “convention nationale”, selon le congrès de la Lcr de janvier, reviendra sur le sujet en juin 2006...

Cela donne du temps à tout le reste de la gauche, pour agir de façon volontaire, consciente, pour convaincre la Lcr de cette nécessaire unité... et aussi tous les autres à gauche, qui s’y refusent et n’en comprennent pas encore l’enjeu.

Gérard Filoche


Quelques réactions et réponses

Alors là ! tu me déçois fortement.

Ou est la démocratie si on ne laisse pas le choix aux électeurs ?

Tu nous fait le coup de ceux qui prônaient le OUI gagnant.

Manque de chance pour eux cela a été le contraire.

Si je suis ton raisonnement seul le PS est en position de gagner.

Pour ma part et comme beaucoup d’autre camarade le PS plus jamais. Il a même politique que la droite, il n’y a aucune différence.

G.B.

NB Je ne suis plus au PCF et je ne suis pas à la LCR. Tout simplement Rebelle

Réponse

Mais je ne méprise pas les électeurs, je pense que très intelligemment, ils vont redouter qu’il n’y ait pas de candidat de gauche au deuxième tour et ils vont voter massivement Ps pour battre la droite ! Je parie à juste titre que le “non” serait gagnant, je te parie que les rapports de force à gauche mettront un candidat du Ps en tête le mieux placé pour battre la droite... Et que ce sera le souci majeur de millions de gens, les mêmes qui ont voté “non”...

C’est là que ton analyse bute sur les faits têtus : le Ps est de gauche, il l’est historiquement, génétiquement, il a une fonction, un rôle, des liens avec le mouvement social en tant que composante de la gauche... Lénine aurait dit que c’était un “parti ouvrier bourgeois”, ( à propos de Lloyd Georges) sa nature de classe est une chose, sa direction une autre...

La gauche n’est pas telle qu’on (que tu) la rêves, elle est ainsi avec le Ps en son sein... Mieux vaut être réaliste, et partir de cette réalité que de la nier, même si cela ne te fais pas plaisir...

D’ailleurs ce n’est pas si désespérant que cela : car cela signifie que 6, 7, 8 millions d’électeurs salariés qui votent Ps, qui se servent du Ps comme instrument contre la droite, ont des motivations de gauche... Notre camp est donc plus fort avec eux que sans eux...

Si tu exclues ces électeurs là de la gauche, tu es moins fort, la droite est plus puissante, si tu inclues le Ps dans la droite, tu désespères les lecteurs concernés... Voire, tu les insultes ! Tu te désespères toi même en te privant de voir la situation réelle...

C’est absurde de prétendre que la politique de Jospin entre 1997 et 2000 était la même que celle de la droite depuis 2002, absurde et méséducatif, cela apprends aux jeunes a ne pas voir les différences, a ne rien lire, a ne rien voir, tout est gris, pas de nuances, or les nuances comptent en politique.

Le gouvernement Jospin était d’ailleurs, parmi les différents gouvernements de gauche depuis 1981, l’un des “meilleurs” de façon relative avec le premier gouvernement Mauroy.

En 2000, avec 2 millions de postes emplois créés, chômage en baisse de 3 %, dont 643 000 en 2000 même, les Cdd reculaient, l’interim reculaient, la durée moyenne des Cdi s’allongeait (de 10 ans et 5 mois à 11 ans et 4 mois) la masse salariale augmentait, avec les 35 h, la durée du travail baissait (mal et insuffisamment) les caisses de Sécu étaient excédentaires, les caisses Unedic étaient excédentaires, sans parler de l’Apa, de la Cmu, et autres Pacs...

Avec la gauche, on n’a pas tout ce qu’on veut, avec la droite on a tout ce qu’on veut pas.

En cinq ans, depuis, la droite Chirac-Medef a détruit plus qu’en 60 ans les éléments limités qui restaient en place du Pacte républicain de l’après-guerre mondiale, retraite, sécu, code du travail, Ce, etc. Ils ont tout attaqué, et à moins d’être aveugle ou de vouloir l’être, il y a des différences réelles, pratiques, concrètes, perceptibles par des millions de gens, entre gauche et droite, pas suffisantes à nos yeux, mais déjà assez pour capter et fixer 6, 7, 8 millions d’électeurs : eux voient cette différence !

Et tu te prives du travail de rassemblement qui, seul, permet a ces électeurs, à partir de leur certitude, d’évoluer.

Si la LCR avait le courage, l’intelligence d’ouvrir la discussion, cela aiderait la gauche a pencher à gauche, si elle la ferme, cela renforce les chances que l’appareil du PS désigne un candidat social-libéral du “oui” en son sein, et en dépit des attentes de son électorat qui a majoritairement voté “non” le 29 mai.

Bien a toi, Gérard


Militant du PCF de 72 à 1999, le programme commun, je connais et on voit ou il nous a mené avec Mitterrand. Désolé mais je me souviens aussi que tu es de ceux qui ont appelé a voté Chirac.

De plus, dit moi, quelle différence entre la politique des Chirac-Villepin-Sarkozy et la politique de Jospin ? Pour moi et beaucoup d’autres aucune.

Aucune politique de consensus avec qui que ce soit. Le seul combat politique réel que je connaisse est celui de la lutte.

Le rassemblement, s’il doit se faire il se fera dans les luttes et nul part ailleurs.

Pour ta part, à quand un appel aux luttes contre les politiques néo-libérale des gouvernants de gauche comme de droite.

Chômeur de longue durèe, gueux qui crève de faim depuis de nombreuses annèes par les politiques des D’Estaing, Mitterrand, Jospin ou Chirac, licencié une première fois de la sidérurgie en 82, pour moi il n’y a pas de différence. Comme beaucoup d’électeur et comme mon voisin me le dit souvent "je voterai pour le plus petit pour niquer les gros".

Gilberto

Réponse

Tu ne trouveras nulle part un appel a voter chirac émanant de moi.

Ensuite, les différences entre le gvt Jospin et la politique de la droite depuis cinq ans sont criantes sauf pour celui qui ne veut pas voir. Mais 6, 7, 8 millions d’électeurs de gauche, salariés, voteront socialiste parce qu’ils ont vue les dites différences.

Je n’ai jamais mis en 40 ans de militantisme, la gauche et la droite sur le même plan et je crois que c’est une force de comprendre ainsi la situation réelle des forces politiques et sociales dans notre pays.

Gérard

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