Démocratie & Socialisme
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On peut, on doit faire gagner Laurent Fabius les 16 et 23 novembre

Editorial de D&S 138

dimanche 22 octobre 2006

 
En quoi, comme le proclame Le Monde du 5 octobre, sous la plume de Michel Noblecourt, le « match serait-il inégal » entre les trois aspirants candidats à la candidature à la présidentielle au sein du Ps ? En une seule chose, c’est que les grands groupes privés industriels, financiers, médiatiques de MM. Bouygues, Lagardère, Dassault, Rotschild, ainsi que le service « public » (France inter... ) ont pris position pour Ségolène Royal.

Pourquoi l’ont-ils fait ? Pour une seule raison, c’est que Laurent Fabius a pris position pour le « non » le 29 mai 2005. Sinon, auparavant, tant qu’ils pouvaient le croire orientés vers le social-libéralisme, ils avaient plutôt tendance à le soutenir. Mais, comme Laurent Fabius l’a déclaré le 30 septembre à Cuincy, "J’ai changé et je l’assume complètement". "Les choses ont changé, d’abord parce qu’on a gouverné et que j’ai gouverné", et le "monde n’est plus le même". "Tout cela fait qu’honnêtement, je dis aujourd’hui que si le pays doit être redressé, ce doit être par la gauche, que si la gauche veut gagner, ce ne peut être que sur des positions clairement de gauche", a t il martelé devant l’université de rentrée du courant « Forces militantes pour la démocratie et le socialisme » de Marc Dolez et Gérard Filoche.

L’enjeu est là : nous faire dicter notre candidate par les grands médias de Bouygues, Lagardère, Dassault, Rotschild, ou choisir le candidat qui correspond au vote majoritaire de la gauche du 29 mai ? Défendre ou brader la carte scolaire ? Aggraver ou stopper la régionalisation-Raffarin ? Régionaliser l’immigration ? Accepter l’ordre moral et sécuritaire (un pion dans les classes en plus des profs ? encadrement militaire des jeunes en difficulté) ? Admirer Tony Blair ou refuser sa « troisième voie » ? Imposer le syndicalisme obligatoire ? Mettre en cause les 35h ? Brader les régimes spéciaux de retraite ? Insulter le peuple de gauche qui a voté « non » ? Défendre ou pas « l’esprit des institutions de la V° République » comme le propose Ségolène Royal sur France inter ? Un « new labour » avec des adhérents à 20 euros (lire p.21) ?

Il faut écouter, au premier degré, les uns et les autres. Ce n’est pas une question d’arrière-pensée d’hier ou d’avant-hier : c’est un choix, un vote politique actuel. Ségolène Royal n’a rien de « nouveau » à gauche, elle gouverne, aussi, à sa façon, depuis 25 ans et finalement elle a le soutien de tout le vieil appareil. La prétendue question de la « nouveauté « ou de la « sincérité » vaut pour les trois candidats. C’est une question d’intelligence sur le fond politique de ce qui est en jeu actuellement, derrière le choix de personnes en cause. Le choix est : lutter sur le fond politique ou succomber aux pressions people-médiatiques ? Y a-t-il fatalité, est-ce joué, faut-il se résigner ? Non. Rien n’est joué, pas plus que pour le « oui » et le « non » six semaines avant le 29 mai. C’est le même combat, le même type de choix. Or dans le parti, il y a eu 42% pour le non le 1er décembre 2004, 47% d’opposants dans les votes des sections socialistes le 9 novembre 2005, lors du Congrès du Mans. La majorité du courant « Rénover Maintenant » semble derrière son secrétaire général Michaël Moglia qui appelle à voter en faveur de Laurent Fabius. Il en est de même, pour au moins 80% des militants de Nps réunis à St Nazaire et Benoit Hamon vient d’appeler à voter Laurent Fabius.

Et nous, Fm D&S sommes engagés avec force dans ce combat. Nous vous appelons à le mener avec nous.

Six semaines ! Chaque jour, chaque argument, chaque voix compte !

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